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Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Mar 20 Nov - 21:34
Y a pas à dire, ma vie est un joyeux bordel en moment. J'ai quasiment pas un moment à m'accorder. La mort brutale et violente de mon mentor Jaylen Korr a laissé l'Ordre des Jedi corelliens orphelin de son Maître des Jedi Verts. C'est le capharnaüm, et avant toute reprise de communication avec Tython il nous faut remettre de l'ordre dans tout cela, de la cohésion. Enfin je dis "nous"... je ne parle pas d'un nous de majesté ou d'un nous collectif... beaucoup de trucs me retombent sur les épaules, depuis mon élévation à sa succession. Je n'ai pas vu la dernière semaine passer, tellement on a enchaîné réunions sur réunions. J'ai commencé à éplucher les archives de Jaylen et à interroger mes pairs pour m'informer des sujets qui auraient pu m'échapper, histoire que je sois un minimum préparée quand le devoir me rappellerait tôt ou tard sur Tython, pour représenter mon Ordre auprès du Haut Conseil de Tython.

Après on est pas des gamins irresponsables non plus, quoique puissent en penser nos cousins de Tython. L'ordre a fini par se remettre doucement en place, ça a juste été un peu palpitant ! J'ai encore plein de trucs à faire, je ne pensais pas que le job accaparait autant de temps et je n'ai, en raison des évènements, pas eu de réelle passation, si bien que j'apprends sur le tas appuyée par l'expérience de mes confrères et consœurs du Conseil Vert. Ma vieille amie et collègue twi-leck Ko'ra m'a été d'une grande aide au départ pour que je puisse trouver mon rythme et m'organiser entre les différentes obligations indues à mon rang, même si le contact avec les sphères politiques ne m'emballe pas trop, aussi corelliennes qu'elles puissent être. Limite voir avec la CorSec était plus sympa. Mais bon, va bien falloir que je m'y habitue vu ce qui m'attends !

Enfin pas pour tout de suite. Je me suis aménagée tant bien que mal un petit répit en fin de journée. Ces derniers jours ayant été fort remplis, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour ma famille et je me suis souvenue à la dernière minute - ou presque - que j'avais convenu avec mon petit-frère Hal de lui garder quelques heures afin d'échanger des nouvelles. Le petit jeune, comme j'aime l'appeler - il est de loin notre benjamin avec ses 21 ans, vu que j'en ai 37 et Corran 40 - commence à se forger une réputation naissante en tant que Chasseur de primes confirmé, bien qu'encore un peu vert. Il commence à faire des missions en autonomie dans la même guilde corellienne que maman, mais de son côté. C'était un peu un imprévu, mais un heureux imprévu : Hal arrive toujours à me faire revenir de meilleure humeur que je ne suis arrivée.

Mais quand même, le bougre commence à se faire long là, et la Force seule sait à quel point je n'aime pas attendre quand je n'ai pas de raison pragmatique pour le justifier. Cela fait une bonne heure et demie que je poireaute au Havre de Minock, une cantina assez sympa connue par les habitués et à laquelle j'ai coutume de le trouver. Je commence un peu à m'impatienter, je ne tiens pas à trop boire en l'attendant. Boire, c'est bien certes, c'est corellien, mais avec modération. Qu'est-ce qu'il fout, par les Sith ?

L'ambiance est assez bonne pour le moment. Le coin est assez sympa et fréquenté, après faut pas que les touristes viennent là au risque de se voir dépouiller de leurs biens et de leurs crédits surtout, par les détrousseurs professionnels ou par le jeu, comme le Sabacc. J'aime bien le Sabacc, je m'y débrouille pas trop mal. Jaylen et mon père avaient eu à cœur de m'en enseigner au moins de solides bases, mais je sais également que les jeux tendent à souvent être pipés, avec la complicité de l'arbitre. Hal sera déçu de ne pas avoir Dalek m'accompagner, les deux s'entendent à merveille, mais je ne doute pas qu'il aura une autre occasion de le voir en mon absence, dans le dos de ce cher Corran.


- Encore 30 minutes et j'y vais. C'est vraiment pas cool de faire attendre des dames, Hal.


Je n'ai pas revêtu ma tenue officielle de Jedi Vert pour l'occasion, je préfère la discrétion et la tenue civile quand je me rends en ville hors du cadre des missions. Je me contente ainsi d'un haut vert kaki, avec une veste bleue sombre de pilote comprenant une doublure brune amenuisant légèrement l'intensité des tirs de blaster, un pantalon de tissu beige, des bottes de voyage noires et des gants sombres. Mon sabre-laser est habilement dissimulé dans la doublure de ma veste, tandis que mes deux blasters sont accrochés en évidence à ma ceinture, histoire de garder ma relative discrétion tout en dissuadant les emmerdeurs de m'approcher de trop près. Je peux avoir la main un peu lourde.

Je regarde un œil attentif sur la porte d'entrée, intriguée par l'agitation un peu plus loin qu'il me semble entendre depuis le bar où je suis assise, un verre de Brandy corellien à moitié entamé en main. Tiens donc, qu'est-ce qui vient animer la cantina aujourd'hui ?

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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Mer 21 Nov - 4:12
Dan Vito. Inspecteur du CORSEC. À ses yeux, je suis pratiquement l’ennemi public numéro un. Il est obsédé par mon arrestation depuis le premier jour où nous nous sommes vus. En tant que Mandalorienne, l’honneur est tout pour moi. Ce qui inclut par extension le respect des traditions et bien sûr, de la loi. On ne demande pas à un Mandalorien d’enlever son casque sans une bonne raison. Et je dis bien une BONNE raison. Tout en majuscule. Pas plus que de le priver de ses armes, ce qui est encore plus impensable. Je connais mes droits. Je sais ce que les forces de l’ordre peuvent et ne peuvent pas faire ainsi que les diverses agences locales ou galactiques. Je sais reconnaitre un abuseur quand j’en vois un. Un homme qui pense que son badge lui donne tous les droits. Un homme sans envergure se drapant dans des mensonges.

Il est compétent. Je suppose. Je pense qu’il a ce qu’il faut pour devenir un membre vraiment efficace pour son organisation. Le problème c’est qu’il s’accroche à une vision très romanesque de son travail qui ne cadre pas avec la dureté de la réalité. Mais vous n’êtes pas ici pour m’entendre parler d’un personnage somme toute très mineure dans mon histoire. Vous êtes ici parce que vous voulez savoir comment je vais encore déjouer sa tentative plus ou moins désespérée pour me mettre en prison. Voici quelques faits pour vous. Les Mandaloriens ne sont pas des criminels. Ne sont pas des assassins. Ne sont pas des chasseurs de primes. Nous sommes un peuple de guerriers et contrairement aux mercenaires, nous avons de l’honneur. Pour ma part, un grand sens de l’appréciation de l’art. C’est pour ça que cette histoire commence, pour moi, dans une galerie d’art.

Je suis en train d’admirer une superbe toile qui représente le paysage idyllique des plages d’or quand j’entends derrière moi une exclamation hystérique. C’est elle! Elle est ici! Je le savais! ARRÊTEZ CETTE MANDALORIENNE! Dan Vito vient d’arriver sur les lieux, le visage rouge et congestionné, accompagné de plusieurs agents des forces de l’ordre en armure légère ou en uniforme. Les gardes de la galerie d’art ne savent pas trop comment réagir mais ils choisissent vite un camp : celui des autorités locales et le duo s’avance vers moi en me demandant de me rendre sans faire d’histoire. Même pas cinq secondes plus tard, ils gisent inconscients au sol et le combat est maintenant hors de la galerie d’art. Je m’en voudrais de détruire une des pièces se trouvant dans le bâtiment. Pas question de tuer ou de blesser gravement. Ces gens ne sont pas mes ennemis. Non.

Ils font juste leur travail. Ils suivent les ordres qu’on leur donne. Il faut du courage pour se dresser devant une Mandalorienne en arme et en armure. Je les ai naturellement avertis que je me défendrais si on m’attaquait mais qui, dans cette galaxie, écoute encore la voix de la raison? Et on ne parlera même pas des droïdes, des HXZ-1 Immobilizer amenés en renfort dans l’espoir que la machine saurait triompher ou la chair échoue. Mauvaise pioche. Ils sont ma première cible car ce sont effectivement les plus dangereux. Ceci dit, quand vous êtes Mandalorienne, vous savez comment affronter ce genre de cerbère mécanique. Par le temps que Dan Vito revienne de sa stupeur, le combat est rendu une rue plus loin et il hurle pour plus de renforts. Ne se rend-il pas compte de la panique qu’il est en train de causer pour sa vendetta personnelle? Et là, on arrive au plus beau.

Prenez le scénario le plus absurdement exagéré sur les scènes de bagarre de cantina et vous allez le trouver encore grossièrement terre à terre par rapport à l’entrée que je viens de faire. Je n’ai pas cherché, je le précise, à sembler sortir d’une scène de film d’action. Je suis juste venu prendre un verre à cause d’une énième mission accomplie avec succès. Ne me demandez pas pourquoi mais en ce moment on dirait que mes pas me ramènent toujours sur cette planète. Je ne cherche pas à comprendre. Je suis les opportunités qui se présentent pour faire prospérer mon clan. N’est-ce pas là le devoir de tout bon chef? Si vous répondez non… Alors vous n’êtes pas un bon chef, tout simplement. Mais nous en étions à cette entrée remarquée, n’est-ce pas? Des invectives, des jurons et des bruits de lutte précèdent un long hurlement et un corps qui défonce une porte. Pas le mien, non.

Juste le type que je viens de projeter avec une prise à faire rougir d’envie ceux d’entre vous qui se revendiquent être des experts en arts martiaux. Et je ne suis pas sadique. L’homme en question porte au minimum une armure légère, ce qui lui évite lésions et blessures sévères. Mais disons que ça ne passe pas inaperçu surtout quand une femme en armure déboule en tirant vers l’extérieur avec une arme qui ressemble étrangement à celle qui est absente du holster du type qui git inconscient dans le portique… Mode non létale, sur paralysant, je précise. Le but ce n’est pas de tuer les forces de l’ordre. C’est de les empêcher de revenir à la charge. J’en « abat » trois avant que les renforts ne débarquent avec des boucliers et des armures plus lourdes. Peu importe. C’est juste un défi plus intéressant, je serais folle de m’en plaindre. Complètement folle à lier même.

On va donc changer de stratégie. Enchainement de coups et me voilà armée avec la matraque électrique de mon premier assaillant qui s’est rendu compte, trop tard, que de croire que son bouclier est la protection absolue est une grave erreur. Un autre pousse un hululement de douleur quand il se prend une décharge électrique dans les parties et bien vite, le chaos est total, les clients courent vers la sortie, se bousculent et deviennent autant d’obstacle pour les combattants. J’entends au milieu de cette agitation les invectives hystériques de ce cher inspecteur qui injurie ses subordonnés pour leur grossière incompétence. C’est que la bataille a quand même commencée deux rues plus loin, quand on y pense et j’en ai mis au tapis des adversaires. Quelques droïdes aussi. J’essaie de briser le moins de matériel possible mais quand même… Je ne fais pas de miracles!

Je ne tue pas si je n’ai pas besoin de le faire et je ne donne pas plus de coups que nécessaire. Sauf que là, ça devient vraiment ridicule. Des gens innocents risquent d’être blessés et il pourrait y avoir des morts parce que l’ordre de me capturer vient de changer par ordre de m’abattre. Je plonge derrière le bar alors que les premières rafales commencent à siffler. Je réponds avec quelques tirs bien sentis, toujours en mode non létal. Les systèmes de mon casque aidant, j’entends quelqu’un qui sanglote et je me rends compte qu’un civil a été touché par un tir perdu des forces de l’ordre. Je risque ma vie, je fais une sortie éclair, je le ramène derrière le comptoir pour veiller à ses blessures quand j’entends « cessez le feu, elle a un otage »! Non mais ça commence à bien faire! Je n’ai pas pris d’otage, j’essaie de sauver la vie de ce jeune homme, bon sang!


« ÇA SUFFIT! Je n’ai pas pris d’otage! Ce jeune homme est blessé et il a besoin de soins! Dan Vito, inspecteur de la CORSEC, cette vendetta irrationnelle va causer des morts! Ne m’oblige pas à me résoudre à la force létale! Pour la dernière fois, tu n’as aucune preuve contre moi et je t’ai dit et redis que si on m’attaque, je me défendrai. Si tu veux à ce point m’arrêter, viens le faire toi-même! »

« Pourriture de Mandalorienne! Tes mensonges peuvent tromper les naïfs et les gogos mais je vois clair dans ton jeu! Rends-toi immédiatement ou je fais donner l’assaut! J’ai des renforts qui sont en route et je mobiliserai l’armée, les Jedis même s’il le faut! Tu t’es moquée de moi pour la dernière fois, Viveka Eldar! Libère l’otage sur le champ espèce de lâche! Se cacher derrière les innocents! Tu me dégoûtes! »

« Grave erreur, inspecteur. Personne ne traite un Mandalorien de lâche sans en subir les conséquences. »

Il veut la guerre? Il va l’avoir. Sauf si bien sûr quelqu’un veut rajouter son grain de sel à cet échange, bien sûr…


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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Mer 21 Nov - 22:04
Je jette un regard curieux sur l'animation qui prend place en face de l'entrée de la cantina. Après, faut pas exagérer non plus, c'est pas l'évènement du siècle. Les bagarres dans les cantinas, c'est une chose presque quotidienne dans les métropoles, même si je plains les gérants de ces établissements. J'imagine même pas les frais d'assurance à avancer et les maigres compensations obtenues comparativement, au vu des rapaces qui contrôlent ces sociétés. Faut aimer la vie dangereuse, je suppose.


- On dirait que tu es bon pour changer une fois de plus cette porte, Petro !


Je ne peux pas m'empêcher de sourire avec amusement, le ton léger avant de reprendre une gorgée de mon verre de brandy corellien. Pas mauvaise, cette cuvée, faudra que je me la note dans un coin de la tête. Ignorant les invectives, jurons et bruits de lutte - je suis habituée en tant que corellienne de souche et ancienne inspectrice de la CorSec - je ne retourne mon attention qu'à l'écoute d'un long hurlement. Qu'est-ce qu'ils goupillent, ces joyeuses larrons ? Bon, le type qui a été projeté porte une armure légère au design familier, typique des agents de la CorSec. Quant à l'autre belligérant... oh, jolie armure. Si je ne m'abuse, c'est du lourd et vu la morphologie, probablement mandalorien.

Je choisis de ne pas intervenir pour le moment, préférant observer à distance. Je ne tiens pas à faire de l'ingérence, pas dans mon style.

C'est qu'ils viennent en bande en plus les gens de la CorSec. Mm... la mandalorienne - car vu son armure, ça doit être une femme - ne m'inspire pourtant aucune inquiétude dans la Force. Trois autres par terre maintenant, mais je constate qu'elle a dû utiliser le mode paralysant des blasters polyvalents de la CorSec. Á priori donc, ce n'est pas un motif suffisant pour que je m'immisce dans la bataille pour le moment. On essaye d'abord de laisser les gens s'arranger entre eux, et on intervient quand ça déborde. Cela évite bien des emmerdes à bien des égards, notamment sur le fait d'intervenir au mauvais moment. Un des premiers trucs que j'avais appris, du temps de mon service à la CorSec.

La mando'ad s'en tire vraiment pas mal, j'admets. Elle est en infériorité numérique par rapport aux gardes, et s'en sort admirablement bien tout en restant relativement sur la défensive. J'ai vu des mandos combattre, là elle n'est clairement pas à son maximum létal. Par contre, ils ont envoyés des bleus ou quoi de la CorSec ? Se faire avoir aussi facilement, franchement... comme un rocher immobile face aux vagues dévastatrices et à la houle de tempête, je demeure assise tranquillement sur ma chaise, ignorant superbement la marée de clients paniqués et terminant sereinement mon verre. Mais il est où, l'inspecteur qui est censé superviser les agents de la CorSec ? Une voix hystérique finit par répondre à mon interrogation muette, fronçant des sourcils alors qu'il commence à y avoir des blessés innocents. Ca commence à aller trop loin, cette histoire. Je ne vais pas rester les bras croisés à ce rythme, et ce n'est pas le regard suppliant de Petro qui me découragerait.

Je m'apprêtais à aller chercher le blessé mais la mando me surprend en anticipant mon geste et en le ramenant vers la sécurité du bar. Ca confirme mon avis, elle ne cherchait pas les emmerdes, je n'ai pour l'heure pas de raison de la faire coffrer. J'arrive à sa hauteur en cherchant mes patchs de bacta dans ma ceinture utilitaire quand une nouvelle voix se fait entendre en beuglant sans grand raffinement.


- ÇA SUFFIT! Je n’ai pas pris d’otage! Ce jeune homme est blessé et il a besoin de soins! Dan Vito, inspecteur de la CORSEC, cette vendetta irrationnelle va causer des morts! Ne m’oblige pas à me résoudre à la force létale! Pour la dernière fois, tu n’as aucune preuve contre moi et je t’ai dit et redis que si on m’attaque, je me défendrai. Si tu veux à ce point m’arrêter, viens le faire toi-même !

- Pourriture de Mandalorienne! Tes mensonges peuvent tromper les naïfs et les gogos mais je vois clair dans ton jeu! Rends-toi immédiatement ou je fais donner l’assaut! J’ai des renforts qui sont en route et je mobiliserai l’armée, les Jedis même s’il le faut! Tu t’es moquée de moi pour la dernière fois, Viveka Eldar! Libère l’otage sur le champ espèce de lâche! Se cacher derrière les innocents! Tu me dégoûtes !

- Grave erreur, inspecteur. Personne ne traite un Mandalorien de lâche sans en subir les conséquences.


Dan Vito... ce nom me dit quelque chose. Qui m'avait parlé de lui, déjà ? Déjà, stabiliser le blessé. Je mets les patchs de bacta, avant de mettre la main sur mon comlink et de prévenir les secours. Je lève les yeux au ciel face au discours dudit inspecteur, avant de hausser un sourcil quand il mentionne les Jedi. Ah, là pour le coup ça me concerne, même si j'étais supposée être en "permission". Bon là ça va trop loin. Faut que je calme l'échauffé qui oublie ses prérogatives premières, à savoir veiller sur la sécurité des civils corelliens dans son excédent de zèle. Puis une mando en rogne ça peut faire du dommage collatéral, alors autant calmer le jeu maintenant.


- Tout doux inspecteur, mando'ad. Baissez vos armes maintenant, nul besoin que ça ne finisse en bain de sang. Pensez aux civils qui n'ont rien demandé et à Petro qui devra tout nettoyer ensuite. Respirez un bon coup, et dites moi où est le problème.


Je m'avance lentement entre eux deux, légèrement en retrait pour pouvoir intervenir s'ils repartent de plus belle, calmement mais fermement. Il faut que je calme le jeu le temps que la cantina soit évacuée et que les secours viennent s'occuper des blessés, dont quelques clients tentent de prendre soins avec les premiers secours. Avant que l'inspecteur fulminant puisse contester mon ordre, je lui coupe la parole :


- Que je ne vous entende pas dire que ce ne sont pas mes oignons, inspecteur. Vous parliez de faire rappliquer les Jedi tout à l'heure et bien soyez heureux, vous en avez une en chair et en os ici-même ! Allana Fern, Maître des Jedi Verts. Alors vous tournez votre langue sept fois dans votre bouche, vous pétez un bon coup si besoin mais par les Sith, reprenez votre sang-froid ! Quant à vous, mando'ad, puis-je compter sur vous pour retenir votre main le temps que nous tirions cela au clair et que les blessés soient évacués ?

C'est une question quelque peu rhétorique, car s'ils n'obtempèrent pas, alors j'emploierai la manière forte. J'ai beau ne pas porter d'armure, je reste une Jedi expérimentée et je ne suis pas à sous-estimer pour autant. Je peux être très létale, mais tentons de faire évacuer la pression de la cocotte minute avant d'en venir aux négociations musclées. Faut au moins leur en laisser la possibilité.

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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Jeu 22 Nov - 1:33
« Ah c’est pas trop tôt! Arrêtez cette Mandalorienne sur le champ! Elle a résisté à son arrestation et s’est rendue coupable de nombreuses infractions aux lois de cette planète et de la République! Cette fois-ci tu ne t’en sortiras pas, CRIMINELLE, tu ne fais pas le poids face à un maitre Jedi! Tu vas payer pour l’ensemble de ton œuvre et j’aurai enfin la satisfaction de te voir à ta place derrière les barreaux! »

« Je n’ai résisté à aucune arrestation. La lecture des droits d’un suspect est la base même des interventions des forces de l’ordre de cette planète. Ce que tu n’as pas fait. Tu m’as aussi accusé sans preuve et je t’ai dit que si on m’attaquait, je me défendrais. Un Mandalorien ne se rend jamais. Il vit et meurt par les armes. Pour son honneur. Pour son clan. Et mon honneur tu as insulté, Inspecteur Dan Vito. »

Comme il fallait s’y attendre, en bon Correlien à sang chaud, l’inspecteur explose de colère, faisant preuve une fois de plus d’un zèle frôlant le fanatisme. Je ne prétends pas être un modèle de calme en ce moment. Ma main droite repose sur le holster de mon arme et ça me démange de commencer par un bon coup de crosse au visage suivi de quelques tirs bien sentis. Si Nova avait été avec moi, ce type serait déjà mort. En fait, les dégâts auraient été significativement plus importants, aussi, car s’il y a bien une chose que mon bras droit sait faire, c’est tout casser autour d’elle. Et puis bon. Je me dis : si la Jedi veut s’en mêler, soit. Si les choses dégénèrent, elle sera une adversaire bien plus intéressante que ces types que je viens d’affronter. Sans doute sont-ils impressionnants face à un ennemi ordinaire. Le truc c’est qu’un Mandalorien est tout sauf ordinaire.

Les secours arrivent et hésitent à agir, se demandant si les choses vont dégénérer. Si quelqu’un doit mourir, c’est cet inspecteur qui n’a pas le courage de faire lui-même le nécessaire pour triompher de son adversaire, c’est-à-dire, moi. Plutôt que de m’affronter, il envoie ses subordonnés et ses alliés. Où est son honneur, sa fierté guerrière? Il est Correlien en plus, un peuple au sang chaud et à l’esprit combattif. Quand le feu des combats s’est-il éteint en lui pour ne laisser qu’un homme préférant se draper dans la confortable illusion d’être un gentil parmi les méchants? Son obsession a causé de nombreux blessés. Civils comme membres des forces de l’ordre. Jusqu’où était-il prêt à se rendre pour me voir emprisonnée? Je l’ignore. Mais ce n’est pas ce qui me préoccupe. C’est l’affront qu’il m’a fait qui continue de me déranger et pas qu’un peu.


« Jedi. Toi qui sais répondre à l’appel des combats, sans doute comprends-tu aussi toute l’importance qu’est l’honneur pour un guerrier. Tu t’adresses à moi en employant le langage de mon peuple, ce qui présuppose une connaissance de nos coutumes. Dan Vito doit répondre de son affront et la tradition demande un combat à mort. Ainsi depuis toujours se sauvegarde l’honneur d’un Mandalorien. »

L’inspecteur proteste, fulmine et conteste en bloc tout ce que je viens de dire. Les Mandaloriens sont des mercenaires, des chasseurs de primes, des assassins et des criminels, s’exclame-t-il, le rouge aux joues et pratiquement l’écume aux lèvres. Avez-vous déjà oublié les terribles ravages qu’ils ont causés, de tout temps, dans l’histoire galactique, rugit-il presque. Allons donc. Nous, Mandaloriens, ne sommes pas les monstres que vous prétendez que nous sommes. Notre culture est différente, notre façon de faire et de voir les choses aussi. Nous voyons d’un mauvais œil les intrus et n’hésitons pas à défendre notre territoire. Mais en dehors de cela, nous restons des êtres de chair et de sang comme vous. En armes et en armure mais… Bon. C’est culturel, vous n’allez quand même pas m’en tenir rigueur, j’espère. Ce serait irrationnel.

Visiblement nous ne pouvons aller que vers une impasse. Je ne connais pas la position de la Jedi sur la question mais je sais que Dan Vito va refuser tout compromis, toute concession, toute reconnaissance de torts de sa part. M’écartant pour laisser passer les secouristes, je démontre bien tant par mes gestes que ma posture que je ne suis pas là pour causer des problèmes. Par contre, les flammes de mon regard elles dardent l’inspecteur de la CORSEC qui a eu l’imprudence et l’inconscience d’insulter une Mandalorienne. Lui arrive-t-il seulement de réfléchir aux conséquences de ses actes? Naturellement, autant d’agents des forces de l’ordre au tapis ne fait qu’en faire venir davantage et comme ils ne sont pas au courant de toute l’affaire, semblent prêts à commettre l’irréparable. Que faire dans une telle situation, me demandez-vous?

Boire un verre, tout simplement. Dans tout ce désordre, je repère une belle bouteille au liquide ambré. Un produit local, rien à voir avec ces grandes marques qui clament être un pur whisky correllien. Je m’en sers un verre sous le regard incertain du patron avant d’enlever mon casque, libérant ma chevelure de feu et exposant mon visage au regard des personnes présentes. C’est que bon, un Mandalorien sans son casque, ce n’est pas exactement commun comme occurrence. En même temps, boire de l’alcool à la paille? Certainement pas. Je sens les armes des forces de l’ordre braquées sur moi mais ça ne m’indispose en rien. Je leur montre que je n’ai pas peur et que c’est moi qui maitrise la situation. J’ai déjà mis une raclée à leurs collègues. Je peux le refaire une deuxième fois si la situation le demande et ce sans une once d’hésitation, soyez-en certains.


« Mais… Nous savons toutes les deux que ce ne sera pas aussi simple, n’est-ce pas? Je connais bien les Jedis. Mon clan en a affronté au cours de son histoire. J’en ai également affronté. Ce serait bien la première fois que l’un des tiens autorise qu’on prenne une vie. Toujours à tenter de chercher les compromis. Ça n’a pas empêché la galaxie de sombrer à nouveau dans la guerre. Mais ne mêlons pas la politique à ça.

Sur mon honneur, Allana Fern, si tu me laisses honorer les traditions de mon peuple et obtenir réparation, je partirai sans causer plus d’ennuis. Mais je ne peux pas te laisser soustraire Dan Vito au châtiment qui l’attend. Il a commis l’irréparable et un tel affront se paie d’une vie. Regardes autour de toi et dis-moi : est-ce là l’œuvre de quelqu’un qui voulait tuer ou détruire? Observe les hommes qui gisent par terre. Leurs blessures.

Aucune n’est mortelle. Toutes ont été faites dans le but de ne pas causer de blessures graves. Si j’avais voulu faire des morts, aucun d’entre eux ne serait encore en état de respirer. Je suis si celle que votre système de justice républicain qualifierait de victime. Est-ce si étrange de demander justice? Jusqu’à présent je me suis montrée raisonnable mais ma bonne volonté a ses limites, comme toute chose en ce monde d’ailleurs. »


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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Jeu 29 Nov - 19:49
Bon, ça commence vraiment à tourner au vinaigre cette histoire. Bordel de Hutt, pourquoi les gens ne peuvent pas se montrer raisonnables deux minutes ? Et là, je ne peux même pas dire que c'est l'alcool qui leur monte à la tête. Si je n'interviens pas de manière plus musclée, ça va finir en bain de sang, et je ne tiens pas nécessairement à avoir de la paperasse supplémentaire. Voyant que le sang commence à chauffer chez eux, je porte ma main droite à ma taille et mon sabre-laser se retrouve bientôt entre mes doigts. En quelques secondes, ses lames viridianes sifflent dans l'existence, leur lueur bleu-vert éclaircissant nos alentours. Je vois du coin de l'œil certains spectateurs et spectatrices de l'accrochage frissonner et reculer instinctivement. Je ne fais pas mine de bouger mais toise calmement les personnes présentes, les protagonistes notamment, alors que je réplique d'une voix plus calme et plus ferme :


- Je vous préviens. Le premier qui joue au cow-boy de l'espace, je lui renvoie ses tirs directement dans la gueule ou dans les dents de votre chef. Et croyez-moi, vous ne voulez pas tester qui d'entre nous est le plus doué à ce petit jeu. Saltan valoramosa n telval mord. Et vous autres docs, par Corell, qu'est-ce vous attendez pour faire votre boulot ?


Sont bien gentils les secours, mais c'est pas en restant plantés là qu'ils vont pouvoir nous aider. Je n'ai pas besoin de figurants mais d'experts, par tous les Sith ! Revenons à nos deux phénomènes du jour. Je les écoute attentivement tout en restant alerte et sur mes gardes, me retenant de passer une main lasse sur mon visage face aux enfantillages de l'Inspecteur. Par la Force... je ne veux même pas savoir combien de protocoles et de procédures il en train d'ignorer superbement. Il n'empêche, j'aimerai bien en savoir plus sur ses affirmations, qui là sont riches en force mais pauvres en arguments et en preuves. En revanche, la mandalorienne semble bien au fait du fonctionnement des lois sur Corellia, et semble plus calme et composée que mon distant collègue de la CorSec. Et croyez-moi, ça ne me fait pas plaisir de faire ce constat. Cela ne veut pas dire cependant qu'elle peut faire comme bon lui semble non plus, en écartant la juridiction de Corellia. Au moins, la mandalorienne est coopérative en laissant passer les cours, c'est un bon pas pour elle... par contre, le comparse reste ancré sur ses positions, comme une mule.


- Jedi. Toi qui sais répondre à l’appel des combats, sans doute comprends-tu aussi toute l’importance qu’est l’honneur pour un guerrier. Tu t’adresses à moi en employant le langage de mon peuple, ce qui présuppose une connaissance de nos coutumes. Dan Vito doit répondre de son affront et la tradition demande un combat à mort. Ainsi depuis toujours se sauvegarde l’honneur d’un Mandalorien.


Je ne prétends pas être une experte en termes de culture mandalorienne, mais j'ai quelques connaissances dans la contrebande et la chasse de primes qui sont eux-même mando'ade ou en connaissent, si bien que j'en connais les très grandes lignes. Je conçois parfaitement ce qu'elle me dit et très franchement, aurais-je été moins Jedi je l'aurais laissée se faire justice elle-même. Mais je ne suis plus Eri'ana, c'est derrière moi ça. Et l'autre qui souffle comme un taureau en rut... Elle prend le temps de boire un verre, je pense que si nous parvenons à apaiser cet incident, le patron ne devait pas lui en tenir rigueur... enfin, pas trop. Je crois. J'espère pour elle, sinon elle devra se trouver un autre repère.


- Mais… Nous savons toutes les deux que ce ne sera pas aussi simple, n’est-ce pas? Je connais bien les Jedis. Mon clan en a affronté au cours de son histoire. J’en ai également affronté. Ce serait bien la première fois que l’un des tiens autorise qu’on prenne une vie. Toujours à tenter de chercher les compromis. Ça n’a pas empêché la galaxie de sombrer à nouveau dans la guerre. Mais ne mêlons pas la politique à ça. Sur mon honneur, Allana Fern, si tu me laisses honorer les traditions de mon peuple et obtenir réparation, je partirai sans causer plus d’ennuis. Mais je ne peux pas te laisser soustraire Dan Vito au châtiment qui l’attend. Il a commis l’irréparable et un tel affront se paie d’une vie. Regardes autour de toi et dis-moi : est-ce là l’œuvre de quelqu’un qui voulait tuer ou détruire? Observe les hommes qui gisent par terre. Leurs blessures. Aucune n’est mortelle. Toutes ont été faites dans le but de ne pas causer de blessures graves. Si j’avais voulu faire des morts, aucun d’entre eux ne serait encore en état de respirer. Je suis si celle que votre système de justice républicain qualifierait de victime. Est-ce si étrange de demander justice? Jusqu’à présent je me suis montrée raisonnable mais ma bonne volonté a ses limites, comme toute chose en ce monde d’ailleurs.

Ca me ferait vraiment chier de devoir arrêter quelqu'un comme ça, même si je le ferai en dernier recours car l'ordre et la sécurité de Corellia priment si son bon comportement venait à cesser. Je conçois ses arguments, mais je pense que l'Inspecteur fera ici la sourde oreille. Mon regard céruléen grisé se porte alors vers l'agent de la CorSec, sentant sa frustration, sa colère et son insatiable envie de coincer la mandalorienne émaner de lui comme un brûlant incendie. Je ne vais pas réussir à raisonner ce bougre-là, je ne suis pas une politicarde experte et je doute qu'il accepte d'être raisonné. Bon, j'ai encore au moins deux ou trois options avant que cela ne parte en sucette.

Essayons le plan B !

C'est pas le genre de technique dont je raffole, mais elle a prouvé quelques fois son utilité. Laissons-lui une chance de se retirer avant qu'il ne risque de perdre au mieux toute dignité, au pire sa propre vie. Je suis d'humeur charitable... enfin pas pour lui, pour les infortunés témoins mêlés à ce qui n'est ni plus ni moins qu'une vendetta personnelle. Ma main libre bouge légèrement, d'un geste presque imperceptible alors que mon regard se pose sur le sien et que je ne réponde à l'inspecteur, d'une voix calme, ferme empreinte de Persuasion de Force.


- Votre mission est accomplie. Ceci est une affaire Jedi désormais. Rentrez au Quartier Général de la Corsec et faites votre rapport.


Profitant du bref instant de stupéfaction de l'Inspecteur, je me tourne ensuite vers la Mandalorienne tout en gardant un œil sur les alentours. On va tenter quelque chose, en puisant dans ce que je sais de la culture des guerriers mandaloriens.


- C'est tentant de régler ça une bonne fois pour toutes, et je comprends l'affront qu'il vous a fait. Mérite-t-il cependant l'honneur de mourir par votre main ? Pensez que finir ainsi serait une mort rapide qui le placerait en martyr. Vous aurez aussi tous ses collègues à dos, avec tout ce que cela peut entraîner comme désagréments. Plutôt que de lui accorder cet honneur, ne voulez-vous pas le renvoyer à son chef la queue entre les jambes ? Croyez-moi, son agonie serait plus longue et son humiliation certaine.
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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Ven 30 Nov - 4:19
Je regarde la situation d’un œil méfiant. Je me montre raisonnable. Je me montre lucide. Maitresse de moi. Mais lui refuse de lâcher le morceau et l’honneur demande une action. Action qui se traduit généralement par la mort de celui qui a commis l’offense… Mais nous savons tous que ce n’est pas ce qui va arriver. Je serais extrêmement surprise qu’on me donne la permission de le faire… Si tant est bien sûr que je décide de demander une permission. Rien ne m’empêche de poser le geste qui sera fatal à l’inspecteur et ce malgré la personne qui se tient en face de moi. Cependant, nos lois et les lois des gens du coin ne sont pas les mêmes. Ainsi, si j’agis comme il se doit d’être fait, on va tenter de m’arrêter ou de m’abattre. Un bon guerrier sait choisir ses batailles, qu’elles soient de nature physique ou mentales. C’est important, le choix.

Mais comme je le suspecte, la tradition va devoir être interprétée un peu différemment de son sens strict. Ce n’est pas porter atteinte à ce que je suis mais les plus puristes d’entre nous fronceraient très certainement les sourcils en demandant pourquoi je ne pose pas un geste là, maintenant, tout de suite. Parce que, comme je le répète constamment. Il faut considérer les choses avec stratégie. Un honneur lavé à court terme est bien moins intéressant que de laisser la justice faire son œuvre et punir plus durablement celui qui vous offense. Ses collègues vous regarderont avec respect et les avantages potentiels sont non négligeables. Si on me demande ce que je préfère, la mise à mort m’aurait davantage convenu. Cependant, en tant que chef de clan, je sais regarder plus loin que ma propre vision. Voyons ce qu’on peut bien gagner de cette situation. Nova hurlerait à la mort.

Donc… Attendons pour voir. Je suis curieuse. J’ai évidemment remarqué le mouvement de main de la jeune femme. Ce qui veut dire qu’elle a utilisé ses pouvoirs pour convaincre l’inspecteur de partir. Un jeu dangereux, par contre. Je ne suis pas la seule à l’avoir remarqué. Un des excités de la gâchette l’a évidemment remarqué et il accuse cette Fern d’être de connivence avec moi. C’est franchement insultant. Je n’ai besoin de personne pour veiller sur moi. De personne pour prendre ma défense. C’est plutôt la vie de l’inspecteur qu’elle a tenté de sauver. Je suppose que le geste a une certaine noblesse. Je vois ça comme protéger les faibles. Ceci dit, par contre, ce que j’apprécie encore moins, c’est le fait qu’il pointe une arme dans le dos de la jeune femme. Pas au contact, bien sûr mais hors de portée de son arme qui elle est faite pour le corps à corps.

En l’espace d’un instant, j’ai activé mon propulseur dorsal, j’ai percuté de plein fouet ce lâche et il a sous la gorge une lame bien affutée, une jolie extension montée dans mes gantelets. Ses collègues sont trop stupéfaits pour réagir ce qui me permet de me faire entendre très clairement grâce aux systèmes de mon casque que le prochain qui se comporte en lâche va le payer très chèrement. Deux en l’espèce de quelques minutes… Ça commence à bien faire. Je ne m’attends naturellement à aucune reconnaissance de la part de la Jedi. Ils en sont bien incapables on dirait. Ils vont toujours dire que la violence ne mène à rien, qu’ils avaient la situation bien en main, etc., etc. Il n’en demeure pas moins que j’ai agi parce qu’il se fallait de le faire. Peu m’importe si je n’ai pas l’approbation des gens présents. Ce qui fait de moi une guerrière prime sur leurs lois.

Ses collègues se ruent au secours de cet idiot qui crie au rancor alors qu’il n’y a pas de raison de le faire. Avant qu’ils puissent se saisir de moi, je me relève et les toise de toute ma hauteur, certainement augmentée par mon armure. Ça a le don de les calmer et de doucher leurs ardeurs. Ignorant tout ce beau monde, je me dirige vers une table encore debout et j’y prends place, faisant signe à la Jedi de m’y rejoindre. On va pouvoir causer elle et moi. Les autres peuvent s’en aller, ils ne sont pas les bienvenus en ma compagnie. D’une voix autoritaire, j’ordonne au barman de nous servir. Autant montrer qui a de l’autorité ici. Qui commande. La loi du plus fort est une loi qui est somme toute universelle. N’importe quel idiot peut la comprendre. Nous, Mandaloriens, ne la respectons pas forcément mais ici, je n’ai pas vraiment le choix, pas vrai?

Le barman, soit parce qu’il est malin ou par instinct de conservation, ne tarde pas à amener de quoi boire convenablement. Aux frais de la maison, me dit-il. Je lui rétorque que je n’aime pas qu’on me fasse la charité et que j’ai de quoi payer comme n’importe quel client. Jamais je ne comprendrai les gens. Ils vous donnent des choses? Personne ne donne rien pour rien. Il y a toujours une arnaque quelque part. Un agenda caché. Sans leur chef pour leur dire quoi faire et sans doute ne voulant pas risquer de se faire mettre une deuxième raclée, les forces de l’ordre se retire et bientôt, un calme relatif s’installe à nouveau. C’est à ce moment que je décide de retirer mon casque pour pouvoir boire, ma chevelure de feu venant tomber en cascade sur mes épaules. Malgré une attitude décontractée, ma main n’est jamais loin de mon arme. Prudence oblige.


« Bien pensé, Jedi. Utiliser juste ce qu’il faut de malice et de logique pour contourner ce que l’honneur au sens strict demande et remplir quand même les conditions qu’une vengeance mandalorienne demande. Je tâcherai d’en tirer une leçon pour le futur. Ceci dit, pourquoi tu as cherché à protéger quelqu’un de plus faible que toi, c’est un concept qui m’échappera toujours. Ce n’est pas ce qui va nous empêcher de boire à la même table. Levons nos verres à l’honneur, à la famille et à nos clans. »

Certains disent que les Mandaloriens font tout avec cérémonie, en un sens, que nous ne savons pas rire et que nous sommes souvent… Pénibles bien que personne avec une once de logique n’aurait l’imprudence de venir me le dire en face. C’est absolument faux. Nous vivons et mourrons selon une idéologie qui vous est somme toute incompréhensible, oui. Mais nous savons nous amuser comme tout le monde. Si vous pensez le contraire, vous n’avez clairement jamais vu une cantina sur Mandalore. Enfin bon, tout ceci nous ramène à une guerrière en armure assise en face d’une Jedi qui n’a pas l’air d’une Jedi au milieu d’une cantina plus ou moins amochée… Autour d’un verre. Surréaliste? Peut-être. Mais c’est bien ce qui se passe en ce moment. Autant saisir l’occasion et voir ce qui va se passer après. Un peu d’imprévu, au fond.

« C’est intéressant. Tu ne ressembles pas aux Jedis auxquels mon clan a été confronté. Ou un de nos clans alliés. Il y a un feu en toi, une énergie qu’on ne perçoit pas chez eux. Un besoin de liberté mais en même temps un grand sens du devoir. Je me demande… Comment expliquer une si intéressante anomalie? Tu me parles sans me faire la morale et tu cherches le compromis en accord avec mes coutumes… »


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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Ven 7 Déc - 22:41
J'ai essayé au moins de résoudre les choses diplomatiquement, mais il fallait forcément que ça parte en cacahouètes, nous autres corelliens avons le sang chaud et une satanée fierté. Au moins la mandalorienne n'a pas bronché quand j'ai eu recours à la Persuasion de Force sur l'inspecteur. Enfin, un obstacle et une gêne en moins. Je dis pas, d'ordinaire j'aurais été plus encline à prendre la défense d'un compatriote, mais là il était franchement beaucoup trop en tort pour que mon patriotisme le défende. Au moins je lui ai sauvé la peau, même si je sais que l'ingrat ne l'admettra probablement jamais et que je ne m'en serais pas fait un copain.

La Force devient tout de suite plus menaçante, et je remarque dans mon dos, du coin de l'œil, en quelques secondes un contrebandier excité de la gâchette qui ose m'avoir dans le collimateur. Oh le saligaud, il va voir de quel bois je me chauffe ! Je pivote aussitôt, mais le temps de faire la rotation la mandalorienne me prend de vitesse et bondit sur mon potentiel assaillant comme un tuk'ata qui fond sur sa proie. J'ai le temps d'esquiver son tir potentiel si je reste attentive à la Force, ou mieux, jouer des lames de mon arme pour le lui renvoyer droit dans l'épaule ou la main afin de le désarmer sans trop le blesser grièvement. Je me retiens de laisser échapper un sifflement appréciateur par rapport à sa célérité et sa dextérité, elle m'a devancée la bougresse. Ce n'est pas un mince exploit que d'être plus rapide que l'Éclair Vert !

Propulseur dorsal, armure intégrale lourde en beskar, lame dissimulée dans ses gantelets... c'est bien une mando'ad rodée, cette chère jeune femme. Bon, elle n'avait pas besoin de menacer toute la salle, je ne suis pas une donzelle en détresse non plus, mais si ça peut refroidir les ardeurs et amoindrir la casse, ce n'est pas moi qui va dire non ! Hal m'en voudrait que son repère préféré finisse en ruines et vestiges, et ça me ferait chier que mon petit frère me fasse la gueule. Je la regarde droit dans les yeux et laisse un sourire s'étirer sur mes lèvres, avant d'incliner brièvement ma tête en signe de remerciement. C'était pas obligé qu'elle intervienne, mais l'intention reste appréciée.

Autant finir de calmer le jeu, pendant qu'on y est. Je jette un regard ferme et déterminé à notre entourage s'égosillant, avant de les inviter d'un ton à la fois détendu mais ferme de se détendre et de baisser leurs armes, de refroidir leurs ardeurs, on s'est assez amusés pour aujourd'hui. Mon ton est léger, mais ma posture et mon regard démontrent du sérieux de mon invitation au retour au calme, j'ai quand même une certaine réputation à mon actif, notamment qu'il ne faut pas me faire chier surtout quand j'ai un sabre-laser double lame en main. Ca prend le temps, mais avec la dissuasion dont se drape la guerrière de Mandalore, on finit par disperser la foule et le calme revient plus ou moins pleinement. Ca prendra de longues minutes pour que le brouhaha détendu habituel ne puisse revenir, mais ça finira par reprendre ses droits.

Je saisis au vol l'invitation et lui emboîte le pas dès que je suis assurée que le calme est revenu et que les agitateurs ne sont plus présents sur les lieux ou sont hors d'état de nuire, désactivant les lames bleues-vertes de mon arme Jedi avant de la ranger dans la doublure facile d'accès de ma veste. Au pire j'aurai mes blasters, j'ai un assez bon œil pour viser bien que je ne sois pas une tireuse d'élite, évidemment. Cela étant dit, je suis corellienne donx je me dois, quand même, de savoir me servir au moins bien d'une paire de blasters. C'est dans notre sang, notre culture. Ma mère chasseuse de primes serait vraiment pas fière de moi, dans le cas contraire ! Et je parle pas de mon père commissaire de la CorSec.

Enfin, on revient donc à ma suggestion initiale en plus petit comité : en discuter, posément, autour d'un bon verre de brandy.

L'atmosphère se détend tout de suite après le départ des envoyés de la CorSec, que j'encourage avec un sourire cordial à quitter les lieux en les assurant silencieusement que je m'occuperai de la mandalorienne personnellement. Je fais signe au barman de ne pas en prendre ombrage, nous avons tous eu les nerfs un peu chauffés par cette altercation, mais sans doute a-t-il du se faire une raison car il n'insiste pas. Je me détends aussi davantage, nous servant à chacune une pinte du bon brandy corellien que j'avais pu goûter tout à l'heure après avoir demandé du regard à notre invitée du jour si elle en souhaitait un verre également.

Je constate bien qu'elle garde sa main proche d'un blaster, mais retire son casque. C'était donc bien une femme, avec une longue chevelure rousse. Je suis assez décontractée également, choisissant d'adopter une attitude assurée mais non hostile. Croyez bien cependant que si elle venait à avoir l'idée saugrenue de me prendre en traître ou de me chercher des noises que je saurais faire honneur au sobriquet que l'on me prête depuis plus d'une décennie : l'Éclair Vert, qui frappe sans prévenir et de manière implacable face à l'ennemi.


- Bien pensé, Jedi. Utiliser juste ce qu’il faut de malice et de logique pour contourner ce que l’honneur au sens strict demande et remplir quand même les conditions qu’une vengeance mandalorienne demande. Je tâcherai d’en tirer une leçon pour le futur. Ceci dit, pourquoi tu as cherché à protéger quelqu’un de plus faible que toi, c’est un concept qui m’échappera toujours. Ce n’est pas ce qui va nous empêcher de boire à la même table. Levons nos verres à l’honneur, à la famille et à nos clans.

- Plaisir d'éviter une bavure de notre propre police, ce serait dommage que cela ternisse la réputation de la CorSec. Je vous assure, ils sont pas tous comme cela. Je ne le connais pas personnellement, mais son boss oui. Chic type, au demeurant. Ils vérifieront comme d'habitude les déclarations de l'inspecteur et des témoins, mais vu ce que j'en ai compris, vous devriez pas être trop emmerdée normalement. J'apporterai ma pierre à l'édifice, si besoin est. Vous semblez être de bonne foi, et êtes dans votre bon droit.


Avec un sourire tranquille je lève et trinque ma pinte de Brandy contre la sienne. Je n'ai pas de grands à priori avec les mandaloriens, comme je vous disais ce n'est pas la première que je croise au cours de mon ancienne carrière auprès des enquêteurs de la CorSec ou, de manière bien moins avouable, au cours de mes deux ans "d'errance" en tant que contrebandière et chasseuse de primes qui ont précédé ma brève période du côté des disciples obscurs pour une infiltration sous un prête-nom créé par les sectaires eux-mêmes, mais ça c'est une autre histoire et, de toute manière, de l'histoire ancienne qui commence à dater un peu maintenant. Je n'ai pas honte de ce passage de ma vie fort tumultueuse.


- C’est intéressant. Tu ne ressembles pas aux Jedis auxquels mon clan a été confronté. Ou un de nos clans alliés. Il y a un feu en toi, une énergie qu’on ne perçoit pas chez eux. Un besoin de liberté mais en même temps un grand sens du devoir. Je me demande… Comment expliquer une si intéressante anomalie? Tu me parles sans me faire la morale et tu cherches le compromis en accord avec mes coutumes…

- Les moralisateurs vont souvent droit dans le mur, les yeux fermés. Le pire, c'est qu'après ils ont le culot de se demander pourquoi leur speeder a percuté l'obstacle de plein fouet. C'est pas trop mon style, et je serais foutrement mal placée pour jouer la donneuse de leçons. Je suis corellienne déjà, et ma mère est chasseuse de primes. Je suppose que ça joue en partie. Pour le reste... j'ai beaucoup baroudé sur les chemins, roulé ma bosse. Les voyages forment la jeunesse et ouvrent l'esprit, n'est-ce pas ?

Ah, très perceptive et perspicace comme interlocutrice. Je ne me dépars pas de mon sourire cordial et confiant en moi, l'observant avec la même attention alors que je réfléchis à ma réponse avant de reprendre la parole. Je n'ai pas honte de mes origines ni de mon parcours, cela fait partie de moi. Cette franchise mieux préservée chez les contrebandiers et chasseurs de primes, plus abrupte, plus tranchante, plus râpeuse me manque parfois dans mes nouvelles fonctions. Et quand on ne se trouve pas à couteaux tirés, l'un face à l'autre, j'apprécie généralement la compagnie mandalorienne. Quand je croise le fer avec l'un d'entre eux, ça finit toujours en combat excitant et riche en enseignements.

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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Sam 8 Déc - 4:56

En général je n’aime pas les gens de son espèce. Ou devrais-je plutôt de son ordre, ce serait plus exact. Mais elle? Je ne sais pas. À l’instinct, il y a quelque chose de différent. Probablement sa planète d’origine et le métier de sa mère ainsi qu’une vie que je devine mouvementée. Toutes les cicatrices ne sont pas visibles physiquement. Un vrai guerrier sait voir ces choses. Ce que je suis. Mais en même temps, ce n’est pas à moi de poser des questions en ce sens. Que je sache, je ne suis pas enquêtrice. Je vide mon verre d’un trait, habitude prise lors de soirée où les défis et l’esprit de camaraderie sont au rendez-vous. Qui a la meilleure descente? Disons que je ne donne pas ma place. Certains disent qu’il faut déguster l’alcool. Oui. Mais pas en toute circonstance. Ça aussi c’est une vérité qu’on apprend au contact de ses frères d’armes.

L’atmosphère est de nouveau plus conviviale et les regards moins hostiles. Ma main reste à portée de mon arme, par contre. Je ne m’attends pas à un coup en traitre de la part de la femme assise en face de moi. Des autres, manifestement, on n’est jamais trop prudent. Le sang chaud est dans la génétique des gens du coin. Et c’est bien ça. Je n’ai pas grand respect pour ceux qui ne sont pas capables de dire ce qu’ils pensent ou de passer aux actes. Ah mes yeux, les paroles n’ont que peu de valeur s’il n’y a pas de gestes pour les concrétiser. Vous me direz qu’on ne se fait pas beaucoup d’amis avec une telle mentalité. C’est parfaitement vrai. Mais on se fait des frères et des sœurs d’armes, ceci dit. Voilà ce qui est réellement important pour moi. À chacun sa philosophie de vie. À chacun sa façon de vivre. Est-ce que je vous dis quoi faire, moi? Non. Alors ne faites pas de même.

Je me sers un nouveau verre. Pourquoi s’en faire avec l’alcool? C’est juste un liquide qui réchauffe les cœurs et les esprits quand on sait comment le cuver. Je n’ai jamais compris, et je ne comprendrai jamais ceux qui s’en privent. Oui, il peut pousser vers le vice et des actes déshonorant mais en même temps, c’est comme si on disait que les armes poussent au meurtre. C’est absolument vide de sens. Enfin bon. Je l’observe de nouveau de pied en cape. Elle n’a vraiment pas l’air d’une Jedi. En d’autres circonstances, je l’aurais prise pour une « spacer », ces pilotes propriétaires de leur vaisseau qui font aussi bien taxi galactique que pilote de course, mercenaires ou parfois contrebandiers. Ils vivent leurs vies selon leurs propres principes. Il faut croire en quelque chose. Un idéal. Moi, je crois en ma famille, en mon clan. C’est grâce à eux que je deviens plus forte. Oh oui.

En tant que Mandalorienne, je dois avouer qu’on peut tracer un certain nombre de parallèle entre eux et nous mais il ne faudrait pas trop exagérer non plus. Quoi, le fait que je sois capable de réflexions philosophiques vous étonne? Puis-je vous rappeler ma passion pour l’art? D’ailleurs, sans doute le remarquera-t-elle car je ne cherche pas forcément à être discrète mais je suis en train de graver finement quelque chose sur mon verre. Oh je suppose que si le patron me voyait faire, il passerait un commentaire mais en même temps, est-ce une bonne idée de venir chercher des ennuis à la Mandalorienne en armure? Casque en moins, je veux bien mais tout de même. C’est une sorte de mini tradition qui remonte à après « l’acquisition » de mon premier membre cybernétique. Vous pensez que c’est facile de réapprendre à utiliser un membre qui n’existe plus?

Enfin, techniquement et de surcroit un bras? La réponse est non. Ce n’est pas facile du tout. Et ça peut vous pousser même les esprits les plus robustes vers de sombres pensées. Mais je voulais me prouver à moi-même que j’étais capable de reprendre tout ce que j’avais perdu dont mon talent pour la gravure fine et depuis, chaque fois que je bois un verre, je grave une petite maxime philosophique de mon cru dans ce dernier. En Mando’a mais ce n’est pas de ma faute si vous ne savez pas le lire, ça. Je le repose avant de reporter toute mon attention sur la Jedi. On dit qu’il ne faut pas trop poser de questions mais je suis du genre à dire qu’on n’en pose pas assez, bien au contraire. Comment voulez-vous connaitre autrui en vous taisant? C’est simple : vous ne pouvez pas. Et moi, j’ai bien envie de connaitre cette Correlienne haute en couleur. Clairement!


« Alors, Allana Fern, est-ce que tu vas encore longtemps jouer un jeu qui n’a pas sa raison d’être ou est-ce que nous allons parler pour de vrai. Le vouvoiement, c’est pour les politiciens. Je ne peux pas faire confiance à quelqu’un qui me vouvoie. Je pensais que les Jedis avaient un bon sens de la diplomatie et savaient s’adapter à leurs interlocuteurs. Serait-ce un mythe? Les oh si parfaits Jedis qui ne seraient pas si parfaits?

Et si on va par-là, est-ce que ça veut dire que non seulement tu ne rendrais pas honneur aux Jedis mais en plus aux Correliens? Si tu ne sais pas faire preuve de diplomatie, qui me dit que tu sais bien tenir l’alcool. Je suis bonne joueuse. Je demande au barman de t’apporter un lait frappé pendant que j’enchaine les verres, pour te donner une chance. Ou alors tu penses que tu peux tenir contre moi dans ce genre d’épreuve? »


Les exclamations ne tardent pas à fuser et un vieux pilier de bar me dit que personne, pas même un Mandalorien, n’a une meilleure descente que les Correliens. L’affirmation est reprise par plusieurs clients du bar. Je rétorque que c’est peut-être vrai avec leurs produits de qualité inférieure mais que moi, je propose de tester cette affirmation avec quelque chose de radical. Du Dark Matter Spiced Rum. Silence de mort, tout d’un coup. Leçon d’histoire. Le Dark Matter Spiced Rum a originalement été inventé au sein de l’Apex dit-on parce que leur boss se plaignait que même les alcools les plus forts ne lui faisaient pas d’effet. Comme avec beaucoup de choses de cette faction de criminels, la recette a été distribuée dans plusieurs établissements servant de la boisson et tout barman valant sa réputation en a une bouteille ou deux dans son commerce.

J’en ai déjà bu. C’est moins dégueulasse qu’une gorgée de carburant mais ça vous donne un coup de chaleur comme si vous étiez sur Tatooine et un coup de poing comme si vous boxiez avec un Wampa. C’est du vraiment costaud. Même pour moi. Et je viens effectivement de défier une Jedi correllienne dans un concours de boisson qui pourrait nous tuer toutes les deux. Moi? Je suis Mandalorienne. Je n’ai pas peur de relever le défi et pour prouver mon point, une fois que le barman a amené les verres à shooters et la bouteille, je m’en verse un que je bois d’un trait sans grimacer. Rester stoïque, c’est important. Le rouge me monte instantanément aux joues, c’est automatique. Je pose mon verre à l’envers et je dis « un », pour marquer le coup d’envoi. On va voir si elle va oser ou pas. Osera, osera pas… On verra bien. Sinon bien… Quelqu’un se proposera bien pour défendre l’honneur de Correlia!


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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Dim 9 Déc - 21:38
Si on omet la dévastation qui nous entoure, ce joli chaos et fatras de tables, chaises et autres débris entremêlés, je pourrais presque affirmer que rien ne s'était passé. L'ambiance commence à reprendre son entrain, la musique commence à revenir et les gens à échanger de nouveau. Néanmoins, la journée se termine sur une bonne note : au lieu de semer le chaos autour de moi, j'ai pu désamorcer une catastrophe ! Je peux enfin laisser reposer un peu mes nouvelles responsabilités de Maître des Jedi Verts, les oublier quelques heures et me donner l'illusion de n'être encore qu'une Maître Jedi Vert, qu'une corellienne parmi d'autres venue prendre du bon temps.

Pendant plusieurs minutes nous savourons toutes deux notre verre respectif, avant d'en entamer un second, dans un silence contemplatif.


- Alors, Allana Fern, est-ce que tu vas encore longtemps jouer un jeu qui n’a pas sa raison d’être ou est-ce que nous allons parler pour de vrai. Le vouvoiement, c’est pour les politiciens. Je ne peux pas faire confiance à quelqu’un qui me vouvoie. Je pensais que les Jedis avaient un bon sens de la diplomatie et savaient s’adapter à leurs interlocuteurs. Serait-ce un mythe? Les oh si parfaits Jedis qui ne seraient pas si parfaits ?


Au moins, elle a un franc parler que je ne peux pas renier. Je pose mon regard bleu-gris dans le sien, intriguée plus qu'autre chose. Est-ce que je joue vraiment un jeu qui n'a pas raison d'être, ou qui ne me ressemble pas ? Depuis quand est-ce que je suis devenue aussi formelle ? Cela ne me ressemble pas en effet. J'espère que ce n'est pas contagieux, je n'ai pas envie de me métamorphoser en Maître Jedi coincée du derrière. Tout comme c'est pas du tout de mon genre de me poser autant de questions, par tous les Sith !


- Et si on va par-là, est-ce que ça veut dire que non seulement tu ne rendrais pas honneur aux Jedis mais en plus aux Correliens? Si tu ne sais pas faire preuve de diplomatie, qui me dit que tu sais bien tenir l’alcool. Je suis bonne joueuse. Je demande au barman de t’apporter un lait frappé pendant que j’enchaine les verres, pour te donner une chance. Ou alors tu penses que tu peux tenir contre moi dans ce genre d’épreuve ?


Décidément, je l'aime bien elle. Provocatrice, passionnée, un tempérament affirmé, ça va faire une bonne compagnie pour me changer les idées. Dès que l'on remet en question la capacité à encaisser l'alcool des corelliens et corelliennes, ça génère toujours des passions. Je ne peux qu'approuver d'un vif signe de tête l'affirmation d'un compatriote, que notre peuple a sans aucun doute la meilleure descente de la galaxie. C'est une question d'honneur et de fierté nationale !

Plutôt que de me fâcher de ses propos, comme d'autres l'auraient fait, j'éclate tout à coup d'un rire franc et clair.


- Tu ne manques pas d'audace, j'aime ça ! Es-tu sûre de vouloir me défier à ce jeu là ?


Du Dark Matter Spiced Rum... ça me dit quelque chose ce rhum là. De mémoire, c'est un truc vachement corsé, au même que le Tihaar voire même encore plus explosif. C'était assez répandu chez les contrebandiers, les chasseurs de primes et les criminels, j'y ai déjà goûté dans mes plus jeunes années. C'est du costaud, elle ne plaisante pas. Il serait déshonorant de ma part de refuser un tel défi, au nom des Fern. Le cercle de combat est déjà prêt. Les armes sont déjà préparées, les duellistes se font déjà face et les spectateurs ont pris place. La table où nous sommes installées est bientôt entourée par les différents curieux, les verres à shooters posés et la bouteille de l'alcool fort placée entre nous deux. Je l'observe avec attention, tout en finissant d'une traite ce qu'il me restait de mon verre de Brandy Corellien. Elle reste plutôt stoïque, mais je constate bien que ses joues s'embrasent. Elle pose son verre à l'envers et commence le compte des points.

Retroussons nos manches pour les choses sérieuses, maintenant.

Sans la quitter du regard un instant, je saisis mon verre avec confiance, le remplit du Dark Matter et marque une pause tout à fait théâtrale pour la dévisager, l'amusement pétillant dans mes yeux bleus-gris. Puis, plus rapidement que mon ombre, je bois le contenu du verre à shooter d'une traite. Ouh par la Force, ça arrache ! Cependant, je puise dans tout le sang froid dont je suis capable pour ne pas trahir le moindre inconfort dans la chaleur et l'impression de coup de poing qui se fait ressentir, inspirant quelques secondes avant de l'observer avec assurance.


- Un. Á ton tour chère mando'ad, si tu l'oses !


Un terme qui pourrait me définir est passionnée. Je m'implique grandement dans quelque chose qui m'importe, qui me fascine, qui m'intrigue ou qui m'interpelle. C'est ce qui me rendait en partie aussi redoutée dans mes enquêtes criminelles, ou lorsque j'agissais sur le front. Je ne fais jamais les choses à moitié, que ce soit en confrontant un ennemi au combat, en traquant un criminel ou en défendant mon opinion. Les défis de boisson ne dérogent pas à la règle. J'en fais rarement, mais quand j'en fais, je m'implique et je joue le jeu jusqu'au bout. Je connais mes limites.

J'ai besoin de me changer les idées, et je défendrai l'honneur des Fern et de Corellia, dussé-je poursuivre ce défi jusqu'au bout de la nuit !
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Al’verde
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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

le Lun 10 Déc - 1:28
Ah je l’aime bien celle-là! Elle n’hésite pas à relever un défi quand on lui en lance un. Myrianova va très certainement râler que j’ai profité de l’occasion pour boire sans retenue sans elle mais en même temps je n’avais pas prévu que mon amour de l’art serait entré en conflit avec le zèle fanatique de l’inspecteur de la Corsec. Il faut savoir tirer profit de toutes les situations, je ne vous apprends rien en disant ça. Le premier verre est bu des deux côtés de la table. On passe au second. Je tiens le coup. Je suis une Mandalorienne et par-dessus tout la cheffe de mon clan. Ce serait vraiment trop la honte si je n’étais pas capable de tenir l’alcool. Le premier est toujours le plus dur à faire passer. Tous les autres suivent en général sans trop de problème… Si vous survivez à la brûlure que cause ce liquide. Pas une brûlure au sens propre du terme.

Mais si vous avez déjà bu ce type d’alcool, vous savez de quoi je parle. C’est un combat mental. Un défi à ma mesure même, je dirais. Jedi contre Mandalorienne dans un concours de boisson. Les pouvoirs « surnaturels » de l’une contre l’entrainement rigoureux et inflexible de l’autre. Accessoirement une bonne descente de par ses origines correlliennes. Cela dit, si vous pensez que je vais me dégonfler… Viveka Eldar ne recule jamais ni ne bat en retraite. Au début, la foule est relativement petite. Mais plus les verres s’accumulent, plus elle grossit et les paris vont bon train, avec les spéculations les plus folles. Mais je ne me laisserai pas déconcentrer. Je ne suis pas une amatrice. Loin de là. J’ai mentionné Myrianova? Elle est tellement costaude de constitution qu’elle pourrait boire de l’hyper carburant en guise d’alcool. J’exagère mais à peine, en fait.

Je réussi à la battre une fois sur deux, je dirais, dans ce genre de concours. Et battre Myrianova à ce jeu c’est comme dire : j’ai réussi à mettre hors d’état de nuire un destroyer stellaire avec un simple chasseur. C’est techniquement faisable mais il faut un sacré talent pour y parvenir. Bon. Nous en sommes à une demi-douzaine de verre chacune et malgré notre ténacité respective, la sueur commence à nous couler du front. L’esprit reste inébranlable mais le corps lui, réagit malgré tout. Je la regarde dans les yeux. À chaque gorgée. Je ne le montre pas mais j’ai l’impression de brûler de l’intérieur. Et ce doit être pareil pour elle. Ce genre d’alcool n’a jamais été pensé pour être but en grande quantité. Mais en même temps, que serait la vie sans prise de risques? Bien peu de chose. Un Mandalorien, un vrai, repousse toujours ses limites. C’est essentiel.


« Fais-moi savoir s’il te faut un verre d’eau… »

Provocation? Oui. Stratégie? Oui. C’est une affaire de concentration. Si l’une de nous deux la perd, c’en est fini de ce concours et la victoire ira automatiquement à l’autre. Jamais je ne pourrai me pointer devant mon clan si je perds contre une Jedi. C’est une affaire de principe. Et je sais aussi que le chrono tourne, que le temps joue contre moi. Je ne sais pas si mon adversaire le sait mais ce type d’alcool est interdit dans plusieurs systèmes pour une bonne raison. À forte dose, vous allez finir par cracher du sang car il peut finir par s’attaquer aux tissus plus tendres de votre organisme. Sans parler du fait que vous allez souffrir le martyr côté estomac. Une bonne Mandalorienne sait comment contrer ces effets, un bon barman sait concocter le « remède ».

Je finis de cracher un peu de salive et de sang. Ah ça, ça fait jaser. Ils commencent à parier davantage contre moi. Tant mieux. Pensez que je suis en train de perdre. Moi? Je veux voir jusqu’où mon adversaire du moment est prête à aller pour gagner. Moi, jusqu’au coma si nécessaire. Je. Ne. Perdrai. Pas. C’est hors de question. Et ça, au sein du clan, c’est bien connu. Ça m’est arrivé une fois contre Myrianova. Évidemment, ma plus fidèle guerrière ne vous dira jamais qu’elle a paniqué et pas qu’un peu. Elle ne s’attendait certainement pas à ce que je sois aussi déterminée pour quelque chose de si… Trivial. Mais comme je l’ai dit précédemment, en tant que chef du clan Eldar, je n’ai pas le choix. Je dois être la meilleure. Comment pourriez-vous accepter de suivre un leader autrement? La prise de risque est une partie intégrante de qui je me dois d’être, au fond.

Ce n’est pas parce qu’on dirige qu’on a forcément la vie facile. Je suis autant au service de mon clan qu’ils sont à mon service. Pourquoi penser à tout ça en plein concours de boisson? Parce que c’est ce qui m’aide à tenir le coup. Bien que je ne le montre pas, ça ne veut pas dire que je ne souffre pas pour autant. Je me demande ce qu’il en est pour elle mais la curiosité devra attendre. Allez Viveka. Un autre verre. Pour l’honneur. Pour le clan. Je peux le faire. Je dois le faire. Et puis pensez au récit que ça va faire : Viveka Eldar, la Mandalorienne qui a remporté un duel de boisson contre une Correllienne doublée d’une Jedi. Les autres clans vont être jaloux, c’est une certitude. Peu peuvent se vanter d’avoir affronté un tel adversaire et d’avoir survécu pour en parler! La victoire sera mienne. Je tends la main vers la bouteille et… Elle est vide!? Mais que…

Je me retourne vers le barman et ordonne qu’il nous amène une autre bouteille. Mademoiselle, je n’avais qu’une bouteille de cet alcool, me fait-il savoir. Inacceptable. Ce duel n’est pas terminé. Mon adversaire n’a pas encore bu son dernier verre donc techniquement je peux encore gagner si elle abandonne. Je suis prise d’une violente quinte de toux et je crache à nouveau, principalement du sang cette fois. Mais je suis une Mandalorienne. Un peu de sang ne me fait pas peur. La douleur non plus. Je suppose que je devrais m’en inquiéter mais je dois conserver les apparences. Je ne peux pas passer pour quelqu’un de faible. Si elle termine son verre, ce sera match nul. Je déteste les matchs nuls. Personne n’est content quand il n’y a pas de gagnant. Les spectateurs. Les parieurs. Et souvent, les adversaires eux-mêmes. Le truc c’est que… Comment dire…

Je ne la vois pas abandonner. Au sens où je ne me l’imagine pas renoncer et me concéder la victoire. Déjà pour commencer, une Jedi ordinaire aurait refusé le défi. Ensuite, je ne sais pas si c’est son style de Jedi de vouloir empêcher les autres de faire quelque chose de stupide, dans le genre « hey la Mandalorienne, il serait peut-être temps d’arrêter les frais, tu craches du sang ». Enfin, ce ne serait pas trop dans l’esprit d’une correllienne de faire ça. Attendons de voir, ce n’est pas comme si j’avais d’autre choix. Toute la cantina est comme figée sur place, attendant de voir le dénouement de ce combat de titan. Bon, j’exagère mais ça fait un meilleur récit à raconter, en même temps. Il n’y a pas de mal à ça. Allez Viveka. Une dernière pique pour montrer que tu tiens encore le coup. Ça fait partie des feintes à utiliser lors d’un combat, après tout. Stratégie avant tout.


« Allez. Je me sens bonne joueuse. Donne-moi ce dernier verre et je t’épargne les désagréments d’une trop forte consommation de cet alcool si particulier. Je ne te ferai pas l’offense de te conseiller d’abandonner. Ce ne serait pas très sport, encore moins Mandalorien. Par contre, dans un esprit de respect mutuel de guerrière à guerrière, je peux te proposer de porter ton fardeau à ta place. Alors… Que choisis-tu? »


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Maître des Jedi Verts
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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

Hier à 21:44
Je ne refuse jamais un défi, s'il me semble honorable et digne d'être relevé. Il y a un temps pour arborer la façade "sérieuse" de Jedi, il y en a un autre pour endosser pleinement mon identité de corellienne. Et ma fierté de fille de Corellia refuse que je décline ce challenge, qui conteste notre suprématie nationale sur les combats autour de la boisson. Plus simplement aussi, j'ai un grand besoin de me changer les idées, de prouver ma valeur autrement que par les armes, plutôt pacifiquement d'ailleurs. Je suis consciente que je vais probablement morfler demain et les deux-trois jours qui suivront, mais ma bonne descente naturelle autant que l'appui passif de la Force qui me traverse devraient m'aider à me relever après un bon repos et quelques heures de gueule de bois.

Le premier verre est toujours le plus difficile. C'est celui qui prépare le terrain, à la manière d'une grenade qui dévaste la première le champ de bataille, qui dévaste les premières lignes des escouades. Elle te déchire la bouche, te brûle la gorge et l'œsophage, avant d'attaquer ton estomac. Ce breuvage est assurément explosif et incendiaire, mais il est hors de question que j'abandonne maintenant. Peu importe ce que cela me coûtera, je suis hors du service pour le moment. La Jedi Vert a fait son boulot, à la corellienne de jouir d'une détente bien méritée. Et par la Force, il serait criminel de refuser ce duel alors que je me trouve confrontée à une adversaire visiblement bien rodée à la discipline !

C'est une bonne épreuve de résilience mentale, quand on y réfléchit à deux fois. L'alcool n'a pas son pareil pour trahir l'homme ou la femme qui le boit, en brisant ses inhibitions les plus profondes, en déliant sa langue au delà de toute raison, en le plongeant dans un état d'hébétude et de béatitude dans le meilleur des cas, ou en le faisant sombrer dans la susceptibilité, la colère, la déraison et l'instabilité.

Je dois déjà commencer à partir un peu, si je commence à sortir des réflexions de ce genre. Ca commence bien, comme qui dirait.

Merveilleux ! C'est précisément ce dont j'ai besoin pour le moment, au dernier soir où je peux être moi-même et ne pas trop me préoccuper de mes nouvelles fonctions. En aiguisant mon esprit combattif, je dilue un temps mon chagrin et je noie mon impuissance face au trépas de Jaylen, que je n'ai pas pu empêcher d'advenir. En me focalisant sur une tâche à la fois aussi simple et aussi complexe, je me distancie des responsabilités qui m'écrasent déjà les épaules et que je compte bien porter et supporter jusque aussi longtemps que Force voudra.


- Fais-moi savoir s’il te faut un verre d’eau.


Six verres déjà, le temps file à la vitesse de la lumière et les clameurs croissent à chaque minute, de même que la sueur commence à perler de nos fronts. Elle a autant de mal que moi, mais aussi la mandalorienne résiste autant que moi ! C'est admirable, j'ai rarement des opposants de sa tempe dans les jeux d'alcool. Pour une non sensible à la Force, franchement, elle fait preuve d'une résilience formidable. Bien que je m'efforce de le dissimuler - car comme pour le Dejarik ou le Sabbac, la dissimulation et le bluff font partie intégrante de la stratégie des joueurs éprouvés - je sens la liqueur infernale m'incendier le gosier à chaque nouvelle gorgée vidant d'une traite chaque verre. J'esquisse un grand sourire carnassier et laisse échapper un léger rire, qui accentue encore plus l'irritation croissante causée par le délicieux poison.

Quelle saveur la vie aurait-elle si jamais, on ne prenait le moindre risque ? Elle perdrait de son lustre et de son piquant, sans nul doute !


-  Fort aimable, mais sans façon. Te retiens pas cela dit, si tu en as besoin d'un.


Je ne compte pas m'incliner de sitôt. Après tout, je joue à domicile, je ne risque pas grand chose ici et je connais mes limites. Je peux encore prolonger un peu la partie, je veux le croire sincèrement, et au pire si je me sens vraiment mal je me souviens des numéros de connaissances pour venir me chercher, si je suis dans un état aussi piètre que je ne serais pas en mesure de marcher sur mes deux jambes. Mais pour le moment, je tiens bien le coup. Je peux encore encaisser quelques coups, honorablement, sans autre chose que ma force de volonté et les connaissances dont je dispose autour de ce breuvage interdit en bien des lieux, de ses effets et des moyens de lutter contre ceux-ci.


« Allana ? Allana. Tu m’entends ? »


Cette petite voix qui retentit ainsi dans mon esprit menace de me distraire. Ah ça, il ne tombe vraiment pas à pic pour le coup. Je décide de l'ignorer et de concentrer tant mon regard que mon attention sur la mando'ad, luttant contre la douleur et les vapes alcoolisées. Le problème, c'est que mon interlocuteur mental en question n'en démord pas - je crains qu'il ait trop bien appris mes leçons, sur ce point en tout cas - et insiste d'une voix calme mais déterminée, m'obligeant à engager la discussion mentale avec lui par notre Lien de Force.


« Je sais que tu m’entends. C’est pas pour être indiscret mais… tu serais pas en train de bourrer la gueule avec ton frère, par hasard ? »

« Nope… enfin, pas avec mon frère. »

« Ah. Mais tu es bien en train de boire ? »

« Oui et alors ? Un problème avec ça ? »

« Non, aucun. Cela m’a juste un peu… étonné. Et perturbé un peu, à distance. »


Je m'agace un peu, surtout que je suis moins patiente et j'ai moins de tact quand je suis enivrée. Des fois, bien que j'admette que c'est d'ordinaire pratique de pouvoir se contacter d'un bout à l'autre de la galaxie, tant que la Force est perceptible, je regrette d'avoir enseigné à Dalek l'art de l'Appel de Force, que nous maitrisons tous deux désormais fort bien depuis plus de quinze ans que nous le pratiquons. J'essaye d'effectuer le difficile numéro d'équilibriste entre mon duel physique de boisson avec la guerrière mandalorienne et la joute verbale amicale que je mène avec mon ancien élève, ce qui n'est pas du tout une mince affaire et me distrait, me faisant ressentir la douleur sourde, qui s'accroit peu à peu.


«  De ce que je ressens, tu as l’air assez… enivrée déjà. Tu ne penses pas qu’il serait judicieux de lever un peu le pied ? »

« Je suis tout à fait capable… de me gérer moi-même.  »

« Je sais que tu en es capable, mais je m’inquiète pour toi. Et puis, s’il venait à t’arriver quelque chose, non seulement je m’en voudrais mais en plus il faudrait que je fasse un malheur sur place. Le fait que tu puisses être blessée réveille chez moi une envie, des pulsions de destruction. Tu sais, tous ces dégâts matériels et humains si regrettables. »

« Sauf que je ne suis pas blessée. »


Le bougre ne m'aide vraiment pas. L'impertinent ose aller jusqu'à la menace sous-entendue. Ah le vilain ! Il essaye de jouer sur l'une de mes rares cordes sensibles en cherchant à attiser mon sentiment de culpabilité par avance. Il me pratique depuis suffisamment longtemps pour savoir à quel point je déteste la paperasse, notamment les justificatifs administratifs autour de la destruction matérielle et humaine.

Une quinte de toux m'échappe brièvement, que j'interrompt avec fermeté tout en plaquant la main contre mes lèvres, le temps qu'elle passe. Quand c'est le cas, je remarque que quelques gouttes de sang sont diluées avec la salive, et maintenant que j'y pense, le léger inconfort d'estomac que je ressentais jusque là commence à se muer en une douleur des entrailles beaucoup moins sympathique. Cependant, je n'aime pas perdre, encore moins quand j'estime que j'ai encore de la ressource... et surtout, que je ne veux pas être réduite à marcher sur ma fierté et à écouter la voix de la raison, qui prenant un ton trop proche de Dalek me murmure d'appeler l'un de mes frères pour rentrer.

Après, j'ai pas franchement envie de me rendre totalement misérable non plus, j'ai suffisamment de fierté pour cela.

Avec agacement, afin de mettre un terme à notre discussion, je réplique avec lassitude à Dalek s'il compte m'emmerder comme ça encore longtemps, ce dernier rétorquant en quelques fractions de secondes qu'il le fera pour aussi longtemps que je voudrais de lui. Secouant brièvement ma tête, Il était incapable, de ses dires, de me laisser en paix en l'état présent.


- Allez. Je me sens bonne joueuse. Donne-moi ce dernier verre et je t’épargne les désagréments d’une trop forte consommation de cet alcool si particulier. Je ne te ferai pas l’offense de te conseiller d’abandonner. Ce ne serait pas très sport, encore moins Mandalorien. Par contre, dans un esprit de respect mutuel de guerrière à guerrière, je peux te proposer de porter ton fardeau à ta place. Alors… Que choisis-tu ?


Clairement, avec Dalek qui me déconcentre - volontairement, sans nul doute -  et l'effet de la boisson qui s'accroît, je ne suis pas en très bonne posture non plus. Oh, je pourrais relever le défi et boire le dernier verre, mais dans quel état serais-je après ? Contrairement à certains, je n'ai pas la liberté de me nuire au point de sombrer dans un coma éthylique ou de mourir, en raison du Don de Force que je me traîne depuis des années, foutu talent inné. Cependant, je peux essayer de me ménager une sortie honorable. Après tout, un sage combattant sait admettre sa défaite quand elle s'annonce, et se replier en une prudente retraite avant de risquer un échec cuisant et déshonorant.


- Voyons de quel bois tu es faite. Je vais être généreuse et te laisser l'initiative de ce dernier verre. Le prendras-tu pour entériner ta victoire, ou me laisseras-tu la main pour ce dernier round ? Quelle est ta réponse, fière guerrière ?


Je suis curieuse de voir ce qu'elle va choisir. Va-t-elle saisir mon bluff, derrière l'assurance que j'exprime et mordre à l'hameçon, ou bien être prudente et me laisser ce dernier verre ? Quoiqu'il en soit, même si je vais sans doute être réduite à devoir recourir à l'aide de Hal ou de Corran pour rentrer - même si ça me ferait particulièrement chier que le second me voit ainsi, il va me charrier sans fin - je veux voir jusqu'où va sa force de volonté, et jusqu'où elle est prête à miser pour remporter la partie... au risque de se plonger dans un piètre état.

Je ne peux même pas la blâmer dans tous les cas. Sans l'intervention de Dalek, j'aurais pris ce dernier verre sans hésitation.
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Al’verde
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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

Aujourd'hui à 0:11
Jusqu’où l’honneur se rend avant de devenir obstination, fanatisme ou orgueil mal placé? Je me suis souvent posé la question, surtout ces dernières années. La guerre n’est certainement rien de nouveau pour nous, Mandaloriens. Mais jusqu’où est-ce que moi, je me place, quand vient le temps de défendre les miens? Y a-t-il une limite? J’ai perdu un œil pour assurer la pérennité de mon clan. Je me suis battu jusqu’à l’inconscience pour terminer certains contrats qui se sont avérés bien plus complexes et difficiles que ce qui nous avait été présenté. J’ai pourchassé aux confins de la galaxie des gens qui ont fait du mal aux miens ou à notre honneur. Et là, dans ce concours de boisson, qu’est-ce que je défends, au juste? L’honneur de mon clan, des Mandaloriens en général, refusant de courber l’échine face à une Corellienne.

Une Correllienne aidée de la Force de surcroit ou est-ce que c’est davantage personnel, le besoin de me prouver… Quelque chose? Quoi? Je ne sais pas. Ou peut-être que je le sais mais que je ne veux pas le dire à voix haute. Que je ne veux pas y faire face. Quant à repousser ses limites, se mettre en danger pour prouver un point… Quand est-ce que la bravoure devient folie? Était-ce un défi dirigé vers la Jedi ou vers moi, concernant ce dernier verre? À ce qu’il parait, l’alcool fait oublier et il y a bien des choses que j’aimerais oublier. Lâcheté ou nature « humaine »? Mais l’alcoolisme ne m’a jamais intéressé donc je bois surtout parce que c’est une façon de se divertir entre membre du clan. Rien vraiment de plus. Ou pour célébrer, souvent avec Myrianova. Chose certaine, sa réplique est fort habile et me place dans une position relativement délicate. Je peux boire ce dernier verre. Pas de problème de ce côté. Je peux le faire. Je le sais.

Mais dans quel état je vais finir? Je suis déjà en train de cracher du sang. Ça ne me fait pas peur, bien sûr mais en général c’est un signe plutôt clair d’arrêter les frais. Alors, Viveka Eldar, chef du clan Eldar, que vas-tu faire? La laisser boire le verre et donner l’impression de revenir sur ta bravade? Jamais. Je ne dis pas que c’est intelligent. Que c’est fait pour l’honneur de mon peuple. Que cela s’explique rationnellement. Quelque part en moi, dans ces morceaux brisés et jamais recollés, je le prendrais comme un affront de moi vers moi. Je ne me pardonne déjà pas suffisamment de choses alors… Je vais le boire et advienne que pourra. C’est clair que Nova me tue si je trouve le tour de crever ou de finir dans le coma. Tous les regards sont tournés vers moi. J’esquisse un sourire malicieux à la Jedi, je lui fais un clin d’œil… Et je bois le verre d’un trait.

Long silence. Le verre est encore dans ma main. L’assemblée retient son souffle. Je le pose sur la table dans la même position que tous ceux que j’ai déjà terminés. Je retiens une violente quinte de toux. Je garde ma façade intacte… Et la salle explose. Une partie applaudit, l’autre est en colère. Une Mandalorienne qui réussit à triompher d’une Correllienne dans un concours de boisson? Inconcevable! Et d’une Jedi de surcroit? Parce que certains ont bien assisté à la démonstration de tout à l’heure. Moi? Si ma « rivale de boisson » est capable de ressentir la douleur ou les émotions, là, je souffre le martyr. En général l’expression la goutte d’eau qui fait déborder le verre s’applique à une action ou un geste qui vous fait exploser de colère. Là, c’est plus « le verre de trop qui risque de t’achever, obstinée de Mandalorienne ». Mais encore là… Il faut garder les apparences.

Alors que fait-on quand on souffre horriblement, qu’une partie du public vous donne envie de juste les flinguer et que l’autre est beaucoup trop collante à votre goût? Voilà une EXCELLENTE question car je ne sais pas quoi faire. Personnellement, j’aurais juste envie de me lever, remettre mon casque, sortir un truc plein de répartie, quitter les lieux et me faire une injection de n’importe quel concoction capable de rétablir tout ce bordel. Je doute très fortement qu’un verre d’eau aide à quoi que ce soit. Rendu là, c’est plus de la chimie qu’il vous faut : neutraliser X avec Y. Mais… Je ne peux pas faire ça et cracher du sang partout ne serait pas très… Mandalorien. Alors on va lutter contre les effets secondaires de cet alcool et mon propre corps… Et espérer que ce ne soit pas très long. Je veux dire ce moment de célébrité. Allez Viveka. Tu peux le faire. Tu dois le faire.

Naturellement, je ne peux pas juste… Rester là sans rien dire. Il faut que je sorte une répartie, un petit discours de la victoire, n’importe quoi pour « finir en beauté ». Plus facile à dire qu’à faire, je puis vous l’assurer. Si Myrianova était là, qu’est-ce qu’elle me dirait? Probablement que j’ai fait une connerie pas possible, ce qui est vrai et qu’elle devrait me botter le cul, ce qui serait probablement sage mais encore là, je ne me laisserais pas faire. En tout cas, malgré tout ce bordel, il y a un truc de positif. Je pense m’être fait une « amie ». Enfin, le terme est assez large mais vous voyez ce que je veux dire. Elle a du cran cette Jedi. Pas mal de cran. De là à dire qu’elle aurait fait une bonne Mandalorienne, difficile à dire. Peut-être. Peut-être. Dans une autre vie. Dans celle-ci, je doute que ça se produise. Encore là, la vie est tellement pleine de surprise que…

Viveka! Il faut que tu parles, allez! Plus facile à dire qu’à faire. La tout, le sang que j’aurais besoin de cracher, le feu qui me dévore les entrailles… C’est dur des fois d’être la gagnante d’un concours de boisson. Je lève une main pour intimer le silence. Ça c’est universel. Tout le monde se tait. Les contents comme les mécontents. Je remets mon casque sur ma tête et je me lève. Ah… Ça les intéresse, soudainement. Essayons de gagner du temps. Je ne me sens vraiment pas bien. Le casque va aider grandement. Un visage caché dissimule bien des choses dont la souffrance. C’est ce qui nous rend aussi redoutable. Si vous ne pouvez lire en votre adversaire, comment savoir si vous êtes en train de prendre l’avantage ou non? Tout est dans la « présentation ». Si vous avez l’air fort et intimidant, ils croiront que c’est ce que vous êtes. Point à la ligne.


« Tu t’es bien battue, Allana Fern, fille de Correllia et Jedi. J’ai rarement affronté une adversaire aussi redoutable qui ne soit pas Mandalorienne. Ta sagesse aura triomphé de l’impulsion qui vient à ceux qui à tout prix défendent l’honneur de leur clans et des leurs en général. Barman, une tournée pour tout le monde. Et une salle privée pour moi. Je désire célébrer ma victoire en toute tranquillité. »

Je ne me sens vraiment pas bien. Mais alors là pas du tout. En façade, tout semble en ordre. Sous mon casque, je transpire. Je paie pour la tournée et ayant gagné le respect du barman, il m’indique la direction d’une salle privée. Bien que je m’y rende en marchant droit. Je sais qu’une minute de plus, gros maximum et j’aurais commencé à chanceler. J’espère que la Jedi va me suivre parce que sérieusement, je ne sais même pas si je serai en mesure de faire moi-même mon injection de stimulant. Même avec le clan je ne repousse jamais autant mes limites. Alors pourquoi contre elle? Qu’est-ce que j’avais à prouver au juste? Rien que la galaxie ne sache pas déjà. Que nous sommes les meilleurs, tout simplement. Alors pourquoi cette décision irrationnelle? Je sais pourquoi, au fond de moi. Un certain nombre de souvenirs douloureux me le rappellent. Je ne sais pas si c’est l’alcool mais je sens comme un énorme besoin de parler…


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Re: Le zèle c'est comme la boisson, à consommer avec modération (PV Viveka Eldar)

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