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Silenda
Silenda
Commandant de l'Imperial Intelligence
Commandant des Renseignements Chiss
Commandant de l'Imperial Intelligence  Commandant des Renseignements Chiss

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le Mar 2 Avr - 0:10
Merson. Un monde couvert de jungles luxuriantes. Ancien bastion pirate et site d’au moins un conflit majeur à une époque depuis longtemps révolue. Pour plusieurs, un monde sans intérêt. Pour Silenda, un monde des plus intéressants car il se trouve au croisement de trois puissances galactiques. Stratégiquement inintéressant d’un point de vue militaire mais ce serait pure inconscience que de négliger cette planète pour autant. Pour commencer, du fait qu’elle était fort peu connue, quand on venait ici, on avait la paix. Point de mégalopoles à perte de vue, d’industries lourdes et le bruit incessant des milieux urbains. Par contre, côté touristique… Non seulement tout ce qui était hôtellerie était hors pair mais c’était une bien petite chose comparativement aux restaurants. Silenda avait visité des dizaines de mondes. Rarement elle avait aussi bien mangé.

L’espionne appréciait la quiétude des lieux. La tranquillité. L’absence de menaces imminentes, de complots, de situations de vie ou de mort… Mais une telle bénédiction se partage, ce serait égoïste d’en profiter toute seule. Elle avait contacté ses deux plus grandes rivales. La première, au sein du Consortium Éternel, avait refusé en des termes qu’elle ne répèterait pas ici. Le fanatisme de cette femme l’empêchait d’apprécier une saine rivalité entre celles qui tiraient réellement les ficelles dans cette galaxie. La seconde, au sein de la République Galactique, avait accepté de répondre à son appel. Tant mieux. Des deux personnes qu’elle avait invitées, c’était envers elle qu’elle avait un véritable respect. Celle qui venait pimenter son travail de Commandant de l’Imperial Intelligence. Ruusaan Anade. Une femme sur qui elle avait fait énormément de recherches et qui suscitait son intérêt.

Cette rencontre l’excitait. Dans tous les sens du terme. Il n’y avait pas eu de précédent, auparavant. Que deux espionnes de factions rivales se rencontrent de façon mondaine, en pleine guerre? Si le Moff de l’Imperial Intelligence l’apprenait, si le Directeur des Renseignements Chiss était mis au courant? Ce n’en était que plus grisant. Plus exaltant. Silenda n’avait qu’une seule vie et trop souvent, dans son métier, elle prend fin abruptement. Alors dans sa liste de choses à faire, pouvoir regarder face à face sa plus grande rivale (un peu de dramatisation ne fait jamais de tort) et pouvoir simplement discuter avec elle? Cela promettait d’être extrêmement intéressant. Jamais son homologue républicaine ne voudrait jouer cartes sur table. Ce qui en un sens était logique. Les espions doivent garder des secrets, doivent bluffer pour rester en vie. Les espions, donc.

Mais Silenda se considérait comme bien plus qu’une simple espionne et son infiltration de l’Imperial Intelligence était un témoignage de sa redoutable efficacité. Elle dirait la vérité tant que ce serait raisonnablement possible pour le simple plaisir de voir les engrenages dans la tête de sa rivale s’activer, tentant de trouver un mensonge qui n’existait pas. Son invitation était on ne peut plus sincère et après une vie de mensonge, de demi-vérités, de manipulations et de non-dit, comme à chaque fois, pouvoir être la femme derrière le rôle de Commandant de l’Imperial Intelligence promettait d’être rafraichissant. Si sûre du succès de cet événement, elle n’avait prévenu aucun de ses subordonnés et n’avait amené avec elle aucun renfort. Ce serait elle contre quoi que ce soit son homologue puisse lui opposer, si conflit il venait à y avoir. Mais selon son opinion, cela n’arriverait pas.

Comme dans toute chose, elle approchait le problème avec une part égale de rationalité et d’amusement. Si Ruusaan avait accepté son invitation, ce n’était certainement pas que par courtoisie. À tous les coups, elle chercherait à faire avancer son propre agenda. Après tout leurs factions respectives étaient en guerre. Un rameau d’olivier, fusse-t-il tendu avec les meilleures des intentions, ne pouvait mettre fin à un conflit plus grand et Silenda savait que dans les secondes suivant la fin de cette « pause », elle se remettrait immédiatement au travail pour contrecarrer les opérations de sa rivale. Ainsi était sa mission, son travail et son mandat. Et elle se ferait un plaisir non feint que de reprendre les « hostilités ». C’était si difficile de trouver des adversaires dignes de ce nom… Et Ruusaan en était une excellente. D’où le caractère encore plus que sincère de cette invitation inusitée.

Pour cette occasion, elle avait décidé d’être elle-même. Pas de déguisement holographique. Peau bleus, yeux rouges, son apparence naturelle telle que la nature l’avait conçue. Elle avait tout d’abord songé à porter son uniforme usuel mais elle décida de revenir sur son idée. Ce serait peut-être trop honnête. Trop direct. Et trop évocateur des drames et horreurs du conflit en cours. Alors elle avait décidé de s’habiller d’une façon qui la représenterait pour qui elle était. Car il y avait une personne derrière l’espionne. Bien que ce soit difficile à croire, une personne avec des rêves, des joies, des peines et une existence en dehors du travail. Trop d’espions se perdaient entièrement à cause de leur travail. Silenda luttait contre cet anonymat et cette toile de mensonge qui menaçait de l’engloutir si elle avait le malheur de s’y perdre. Ce serait bien plus honnête et un vrai signe d’ouverture, selon elle.

Cependant, être habillée de façon plus décontractée, comme une « civile » ne voulait pas dire qu’elle sortait sans ses « outils de travail ». L’absence d’escorte était une preuve de bonne foi. Cependant elle n’était pas suicidaire non plus. Elle viendrait armée et avec ses gadgets, certains apparents, d’autres dissimulés. Habillée dans un style oriental (par rapport au positionnement galactique et en référence à certaines cultures sur certains des nombreux mondes formant les trois grandes puissances), de dire qu’elle exsudait un exotisme certain reviendrait à dire que le feu est chaud. Si on ne la connaissait pas, l’on pourrait être tenté de dire qu’elle était habillée pour séduire. C’était peut-être aussi le cas. On ne sait jamais ce que la vie mettra sur votre chemin, à quelles situations vous devrez faire face. Mieux valait donc être prêt à tout que de se méfier de rien. Une sage philosophie pour survivre.

Confortablement installée dans un fauteuil sur une terrasse privée (elle avait réservé les lieux pour cette rencontre spécifique) elle avait adopté une posture décontractée mais certainement pas paresseuse. Sur une petite table, une collation déjà entamée y trônait ainsi qu’une bouteille d’alcool non débouchée et deux verres. Elle comptait célébrer ce qui serait pour elle un instant historique. Croquant dans un raisin, elle fut avertie par un dispositif furtif de l’arrivée de son invité. Elle en avait presque des papillons dans l’estomac. Depuis le temps qu’elle rêvait de cette rencontre… Probablement qu’elle serait déçue, que rien ne se passerait comme elle l’avait imaginé… Mais Silenda n’était pas et ne serait jamais une couarde n’allant pas au bout de ses idées. Avant même que la porte automatique donnant sur la terrasse s’ouvre, elle s’était déjà levée pour aller à la rencontre de sa rivale.


« Ruusaan! Si tu savais depuis combien de temps j’attends ce moment. L’opération Artic Wind? Du pur génie. Vraiment. Je savais que tu étais une adversaire délicieusement redoutable mais utiliser les mouvements migratoires naturels de la faune locale pour assurer le transport tout en menant une tactique de diversion avec un convoi armé… Le Moff de l’Imperial Intelligence était furieux! Mais ce fut de bonne guerre. Ne mens pas. Tu as eu ma contre-attaque, l’opération Meteor Control droit dans les dents! Mais entre, entre, tu es mon invité! »


Dernière édition par Silenda le Mar 11 Fév - 2:38, édité 1 fois


"Ne me pose pas de question et je ne te dirai pas de mensonge."
Ruusaan Skirata
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Verd'ika
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[Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé) Empty Re: [Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé)

le Ven 10 Jan - 23:40

[Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé) Ruusaa11

La demande avait de l'audace, il fallait bien le reconnaître. Ruusaan n'avait pas su qu'en penser de prime abord ? S'agissait-il d'un piège culotté, d'une fausse information éhontée ou tout simplement d'une intrépidité remarquable ? La missive avait reposé de longues heures sur son bureau alors qu'elle s'était affairée à d'autres tâches, ne sachant pas comment y répondre. Néanmoins, la mandalorienne, si ce n'est de cœur au moins d'esprit, devait s'admettre intriguée par ce carton d'invitation à la simplicité déconcertante.

Aucun message crypté, non, le texte était d'une limpidité fascinante et inquiétante à la fois. Il était étonnant en ce qu'il ne comportait aucune signification cachée, aucun piège divers et surtout qu'il était doté d'une signature. Son émissaire ne s'était pas drapé d'ombres.

Une haute gradée de l'Intelligentsia impériale, l'une de ses plus habiles adversaires dans le renseignement et le contre-espionnage.

Silenda. Elles s'étaient confrontées à plusieurs reprises sans jamais se croiser, à l'instar de deux joueurs d'échecs déplaçant leurs pièces.

Merson. Un monde insignifiant, et pourtant si signifiant. Une simple planète de tourisme, un monde tranquille, loin des grandes civilisations et pourtant à la croisée de leurs chemins. Un espace oublié par beaucoup, qui pourtant avait bien connu le fléau des grands conflits galactiques. La planète était aussi connue pour l'excellence de ses tables, tant pour la boisson, le service que les plats que l'on pouvait s'y voir offrir. Ruusaan aurait presque pu trouver ce choix poétique, pour peu.

Assurément, sa correspondante inattendue faisait preuve d'un certain esprit.

Cela pourrait être une tentation du diable, une plaine de poudre à explosif prête à détonner à la moindre étincelle venue.

Son adversaire ne pouvait pas ignorer les risques qu'elle encourrait avec sa proposition, ainsi que ses deux homologues. Ruusaan elle-même n'en était pas exemple. La clone était bien consciente que si elle gardait à l’œil ses agents et ses officiers, il en allait de même pour les seconds, surtout au sein de ses collaborateurs les plus proches. Elle n'était pas certaine non plus que la Chancellerie Républicaine voit d'un bon œil cette rencontre insolite, de même que les autres grands pontes de la Militia républicaine assez haut gradée pour être au fait de certaines actions de ses services. Pourtant... oui, la demande l'intriguait.

Plus elle essayait de la laisser lettre morte, plus sa curiosité la ramenait vers la missive.

Repoussant le dossier qu'elle venait de conclure, la Directrice des Renseignements Républicains attrapa d'un geste vif et du bout des doigts la missive. Ce serait une action à la fois risquée et une occasion unique de faire face à ses meilleures ennemies. Si elle était tout à fait honnête, elle pouvait déceler des raisons pragmatiques à répondre à ce message. En prenant le risque de s'exposer ainsi, elle prenait aussi l'avantage de pouvoir observer en face à face son opposante et d'en apprendre plus sur elle, ainsi en pleine lumière plutôt que drapée dans les ténèbres.

Ils étaient en pleine guerre froide, qui commençait pourtant à grimper et qui un jour arriverait sans doute à ébullition. Cette mystérieuse Silenda l'invitait à une partie de cartes fort intéressante, en direct, alors qu'aucune d'entre elles ne jouerait vraiment cartes sur table. Douce ironie, pourtant ô combien révélatrice de la solitude et de la méfiance des espions, qui jonglaient entre vérités et tromperies. Pourtant, peu importe comment elle analysait ce message, elle n'y lisait aucune duperie, aucune intention de nuire, juste une requête.

Ruusaan n'avait jamais eu peur d'aller sur le front, même en première ligne. Elle ne s'effraierait pas pour un simple dîner mystérieux.

Et après tout, pourquoi pas ? Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas eu d'adversaires de sa taille à affronter sur ce genre de terrain.

Son choix fait, l'officier attrapa son communicateur personnel et écrivit rapidement un message sécurisé à l'attention d'un homme en particulier. Si elle comptait bien rejoindre ce dîner pour voir ce que lui voulait cette impériale, elle n'était pas assez idiote pour venir les mains vides. Ses armures ne seraient certes pas adaptées à l'étiquette de cette bataille pacifique, plus intellectuelle que physique, mais elle restait et resterait toujours une espionne et une ancienne commando clone. Il était hors de question qu'elle ne soit pas préparée.

*Contact sur Merson. Si je ne suis pas revenue à la date et à l'heure indiquées dans ce message, appliquer la procédure zêta-alpha 13. Si urgence, joignable sur le canal crypté de rang V. Blackbird. *

Blackbird... l'Oiseau Noir. Voilà un certain temps qu'elle n'y avait pas recouru, d'autant plus depuis sa récente élévation au poste de Directrice des renseignements de la République. Bien entendu, cet alias n'était pas connu par leurs opposants autrement que pour se référer à un agent républicain qui lui ressemblait grandement et qui n'était qu'un officier bien moins gradé. Elle y avait parfois eu recours pour des missions où faire profil bas et faire croire à l'ennemi qu'elle n'était qu'un pion parmi d'autres s'était révélé précieux pour coordonner sur place.

La procédure qu'elle avait évoqué prévoyait des moyens d'urgence pour une extradition en situation délicate et, selon l'évaluation de la situation, soit une intervention musclée soit un retrait stratégique. Elle n'avait aucune raison de penser que les choses puissent tourner mal, mais Ruusaan ne voulait pas laisser l'Agence dans la panade s'il venait à lui arriver un pépin. Elle était trop paranoïaque pour ça.


[***]


Lorsqu'elle posa le pied sur leur lieu de rendez-vous, Ruusaan avait choisi avec soin sa tenue. Sur la sempiternelle combinaison avec couche isolante d'une teinte identique à sa peau, qu'elle portait pour ne pas trop rendre vulnérable le corps cybernétique qui la constituait à près de soixante-dix pour cent, elle avait revêtu un simple haut blanc accompagnée d'une veste bleue façon jean aux manches trois-quarts. Ses jambes artificielles étaient recouvertes par un pantalon noir en tissu doté de nombreuses poches latérales, ainsi que par de hautes bottes de voyage.

Pour tout ornement, elle portait une fine chaîne en argent avec un petit pendentif en forme de soleil comportant deux côtés distincts.

Ses cheveux blonds étaient coiffés au naturel, c'est à dire en simple queue-de-cheval haute avec quelques mèches encadrant son visage.

Ainsi apprêtée en civile, elle semblait totalement inoffensive et inerme. Elle n'était cependant pas idiote pour autant, et avait pris avec elle l'un de ses deux blaster qu'elle avait soigneusement dissimulé dans la doublure de sa veste. Pour le reste... elle compterait sur ses pieds, sur ses poings et sur sa tête. L'implant de négation qu'elle portait sur elle était de toute façon dissuasif, si l'agent impérial avait été une sensitive. Elle n'aurait pas accès aux fonctions les plus avancées de son implant neural et de ses implants oculaires, mais ses jambes artificielles et son bras cybernétique pourraient suffire à se défendre. Bien entendu, la Directrice portait une balise microscopique dans l'une de ses poches, un communicateur de pointe en cas de nécessité et quelques gadgets discrets propres aux espions pour ne pas être trop démuni.

Enfin, une petite escorte d’intervention serait prête à agir si jamais les choses tournaient mal, sur leurs gardes depuis le transport.

Oh, Jaster n'aurait absolument pas approuvé la petite prise de risque qu'elle prenait. Il n'avait cependant pas son mot à dire. Ruusaan imaginait sans aucun mal qu'il aurait refusé à corps et à cris qu'elle s'y rende ainsi exposée et seule, estimant que ses agents ne suffiraient pas.

C'était la bonne adresse. Les yeux aux aguets pour guetter toute entourloupe et tout piège éventuel, la piste semblait cependant dépourvue de tout élément d'intérêt. Demandant discrètement au droïde serveur qui patientait à l'entrée de l'établissement de rendez-vous, elle suivit les indications qu'il lui avait données. Celle qu'elle cherchait, celle qui l'avait invitée jusqu'ici l'attendait sur la terrasse privée qu'elle avait réservée. En dépit de son pragmatisme et de son sérieux, la clone devait admettre que la perspective de cette rencontre l'intriguait de plus en plus.

La terrasse était assez belle et spacieuse. Son mobilier avait été réarrangé visiblement il y a peu pour dégager un espace appréciable pour une table idéalement placée, où avaient été posés une bouteille, deux verres et une assiette de ce qui devait être, à vue d’œil, des en-cas. L'espace était dégagé et très peu fréquenté. Il n'y avait pas de droïde, ni de caméras d'ailleurs, ni d'être vivant à l'exception d'une seule personne.

Ruusaan n'eut pas le temps de s'y attarder puisqu'un individu s'était portée à sa rencontre. Une chiss sans nul doute, avec son apparence humanoïde, sa peau bleue et ses yeux rougeoyants, d'apparence féminine. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut - et elle ne le faisait jamais à sa connaissance - la personne correspondait à quatre-vingt pour cent aux éléments dont ils disposaient sur Silenda.


« Ruusaan ! Si tu savais depuis combien de temps j’attends ce moment. L’opération Artic Wind ? Du pur génie. Vraiment. Je savais que tu étais une adversaire délicieusement redoutable mais utiliser les mouvements migratoires naturels de la faune locale pour assurer le transport tout en menant une tactique de diversion avec un convoi armé… Le Moff de l’Imperial Intelligence était furieux ! Mais ce fut de bonne guerre. Ne mens pas. Tu as eu ma contre-attaque, l’opération Meteor Control droit dans les dents ! Mais entre, entre, tu es mon invité ! »


Il était assez amusant de constater que l'autre agent avait adopté une attitude similaire quant au choix de sa garde-robe, civile elle aussi. Mais là où la chiss avait retenu l'élégance, Ruusaan avait préféré le confort et l'aspect pratique. Leurs tenues parlaient et pourtant ne disaient rien. L'entrain dont faisait preuve l'impériale n'était pas feint, tangible tant dans sa voix, dans son expression, dans ses yeux que dans sa posture. Elle était très bien informée, probablement au moins presque voire quasiment autant qu'elle. C'était très intéressant, assurément.

Gardant une expression cordiale et le sourire aux lèvres, ses yeux bleus presque naturels alors indéchiffrables, Anade lui tendit une main.


- Silenda. Le plaisir est réciproque, bien rares sont les occasions d'échanger autre chose que des passes d'armes. Tu n'es pas en reste non-plus, ce qui n'est pas pour me déplaire.  Je te remercie tant pour l'invitation que pour le compliment. Excellent choix de planète et d'établissement, je dois dire. Attends-tu quelqu'un d'autre pour ce repas convivial ?


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"Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu"

Couleur Rp : cornflowerblue - Présentation - Fiche de suivi -Thème musical
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[Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé) Empty Re: [Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé)

le Dim 12 Jan - 0:50
« Oh non, hélas, j’avais invite Arcanis à nous rejoindre, brutale et redoutable adversaire du Consortium Éternel qu’elle est mais son fanatisme l’empêche d’apprécier une telle opportunité de faire quelque chose de social. Enfin. Si elle veut rester dans son coin, seule, à ruminer ses complots, grand bien lui en fasse. Oh mais je suis une hôtesse terrible. Veux-tu quelque chose à manger? À boire, peut-être? »

Nombreux auraient arqué un sourcil à cette proposition. La nourriture et la boisson sont des classiques quand il s’agit d’empoisonner sa cible. En même temps, à moins d’être la championne incontestée de la paranoïa, Ruusaan doit bien se douter qu’une adversaire si redoutable ne s’abaisserait pas à un piège aussi simple. Et si c’était un test? Derrière le visage plaisant et sincère de Silenda se cache un esprit redoutable et calculateur. Elle a accepté de venir ici de bonne foi, prétend-elle. Il est logique que l’espionne impériale veule une preuve de la chose. Les rumeurs comme quoi Silenda voit son travail comme un grand jeu élaboré ne sont peut-être pas si fausses que cela, finalement. Cela expliquerait certainement pourquoi elle est capable d’inviter une rivale sans la voir comme une cible à abattre. Ruusaan fait partie des adversaires, des autres joueurs, donc. Ce qui veut dire…

Que comme dans le sport, il y a une sorte de code qui s’établit, une bonne mesure de respect. Oh certes. Si un jour elle doit ordonner la capture et l’interrogatoire de son homologue républicaine, qu’on ne se trompe pas, elle signera l’ordre sans hésiter. Ordonner son assassinat… Elle aurait considérablement plus de réticence. Qui est, vraiment, cette Chiss qui ne cadre tellement pas avec l’image qu’on se fait des représentants de son espèce? Le propre d’un bon espion c’est que personne ne soit capable de différencier les rumeurs des faits et c’est la grande force de Silenda. En même temps, l’esprit d’observation de Ruusaan devrait lui permettre de remarque que son homologue semble attendre des questions… Et elle pourrait même répondre honnêtement à certaines d’entre elle. Défis et jeux semblent faire partie, consciemment ou non, de la façon de faire de Silenda.

L’espionne se dirige vers la table où alcool et collation se trouve et soit elle est complètement folle, soit elle est extrêmement confiante de ses capacités ou soit elle croit vraiment en le caractère exceptionnel de cette rencontre car si Ruusaan avait voulu la poignarder dans le dos, elle aurait eu l’embarras du choix pour regarder où elle veut frapper. Qu’est-ce qui pouvait pousser une adversaire pourtant au quotidien si redoutable à agir de façon aussi… Irresponsable? Était-ce même le mot? C’était assurément déstabilisant. La républicaine aurait-elle été capable d’en faire autant, de prendre un tel risque? Elle seule le sait. Et ce n’est pas le genre de chose que l’on demande à la légère non plus, en un sens. La simple présence de Silenda génère plus de questions que de l’affronter de loin, à des années lumières l’une de l’autre. Et pour un esprit curieux, ce doit être une vraie torture.

Trop de choses à demander, des questions par-dessus des questions! Est-ce là une des stratégies de Silenda pour garder son aura de mystère? Donner suffisamment d’éléments concrets pour que l’on en doute pas la validité et ensuite profiter de la confusion pour arriver à ses fins? Cela ne cadrerait pas avec l’esprit de cette rencontre non plus… Serait-ce si inconcevable de penser qu’il s’agit d’une véritable occasion de simplement connaitre son homologue dans le camp d’en face? Tout semble possible en cette époque troublée de toute façon. Tendant un verre à Rusaan, Silenda propose de porter un toast à une saine rivalité. Encore une fois, on ne décèle que de la sincérité dans ses paroles. C’est le contraire de ce que devrait être une espionne, normalement… La républicaine n’est pas au bout de ses surprises et elle est arrivée depuis moins de quinze minutes. Étonnant.


« Tout va bien, Ruusaan? Tu sembles un peu… Absente, tout d’un coup. Laisse moi deviner. Tu te demandes à quel jeu je joue. Et s’il n’y avait pas de jeu? Est-ce que tu sais depuis combien de temps je prépare cette rencontre? Depuis combien de temps j’étudies les scénarios possibles pour rendre le tout réalisable? Je suppose que tu as avisé certains des tiens en cas de problèmes. Je ne sais pas comment vous fonctionnez mais je dois dire que c’est d’autant plus complexe de garder des secrets du côté impérial.

Oui, nous sommes techniquement ennemies de par nos affiliations. Nous sommes assurément rivales et nous avons croisé le fer à de nombreuses reprises, métaphoriquement parlant. Est-ce que cela m’empêche de respecter ta vive intelligence ou de vouloir connaitre une si redoutable adversaire? Non. Sans curiosité, notre métier n’est rien car on ne se poserait pas les bonnes questions. Ce qui n’est certainement pas mon genre. »


La chiss retourne s’asseoir, son regard rougeoyant posé dans celui plus « normal » de la républicaine. Quand on pense aux Chiss, on pense à Thrawn. Or, clairement, on est à l’opposé sur certains points du mythique Grand Amiral. Tous deux sont des professionnels jusqu’au bout des ongles mais là où Thrawn était un être froid et calculateur, plutôt solitaire et beaucoup plus proche du Chiss typique, Silenda est curieuse, elle interagit avec les gens autour d’elle, elle est souriante… Elle rappelle beaucoup plus une humaine, malgré la peau et les yeux qui trahissent clairement sa nature alien. Peut-être qu’elle aurait fait un bon élément dans la République, si les circonstances avaient été différentes. Difficile à dire, même les dons de voyance ne sont pas parfaits. Cela dit… Elle n’a rien d’un monstre ou de ce que la propagande républicaine dépeint de ses ennemis.

Une apparence plaisante, une attitude chaleureuse, voilà d’autres outils dans l’arsenal d’un espion ou d’une espionne mais encore une fois, duplicité et malice ne sont pas au rendez-vous. Comment, pourquoi, impossible de le dire. Mais les faits sont là. Quel que soit le jeu auquel joue Silenda, si elle joue à un jeu, ce dernier est extrêmement complexe. Comme quoi la vérité peut causer, parfois, plus de problèmes encore que le mensonge car on ne sait plus comment aborder la réalité en face de soi. La Chiss prend une pose que certains auraient considéré comme lascive. Réflexes du métier ou tentative de séduction? Encore une fois, difficile de le dire mais on ne saurait cracher sur l’exotisme de Silenda, par contre. Elle est loin d’être laide, malgré le fait qu’elle ait certaines caractéristiques la désignant comme alien. Définitivement, un cas des plus intéressants à étudier, la Silenda..


« Si tu veux me poser des questions, tu peux. Tu sais, si je ne peux pas répondre, je te dirai que c’est classifié et ce sera à toi de creuser la question en retournant au boulot. Un geste d’ouverture ne commence-t-il pas par une mesure de transparence, après tout. Arcanis serait tellement hors de son élément si elle était ici avec nous… J’aurais vraiment voulu cette rencontre à trois. Quoi? L’APEX et les Mandaloriens sont doués… Mais pas autant que les trois grandes factions galactiques. »


"Ne me pose pas de question et je ne te dirai pas de mensonge."
Ruusaan Skirata
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le Mar 28 Jan - 14:33

[Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé) Ruusaa11

C’était probablement de la folie, ou en tout cas une prise de risque calculée aux yeux de Ruusaan. Depuis qu’elle était passée à la tête de l’agence des Renseignements Républicains quelques temps plus tôt, plus rares étaient venues les occasions de se rendre sur le terrain à moins d’une crise sans précédent ou d’une opération particulièrement délicate, requérant un doigté des plus subtils. L’opération Artic Wind avait été l’une de ces missions où elle avait dû s’impliquer pour coordonner. Elle avait couvert ses arrières en cas de nécessité, aussi n’était pas inquiète outre mesure.


« Oh non, hélas, j’avais invite Arcanis à nous rejoindre, brutale et redoutable adversaire du Consortium Éternel qu’elle est mais son fanatisme l’empêche d’apprécier une telle opportunité de faire quelque chose de social. Enfin. Si elle veut rester dans son coin, seule, à ruminer ses complots, grand bien lui en fasse. Oh mais je suis une hôtesse terrible. Veux-tu quelque chose à manger? À boire, peut-être? »

– Je vois. C’est regrettable mais cela ne m’étonne pas. Rares sont ceux et celles enclins à se mouiller pour changer de l’ordinaire. Mm une grande assiette à partager serait sympa, on peut essayer le local cela sera plus convivial. Niveau boisson, s’il y a un alcool léger je suis intéressée. Je suppose que tu as eu le temps de parcourir la carte, que nous suggères-tu ?


Un alcool fort ne serait bon ni pour son attention, ni pour ses réflexes, ni pour sa capacité de réflexion. En outre, son actuel état de santé ne lui offrait pas trop de marge de manœuvre en termes de légers débordements. Fort heureusement, la chose était assez précoce pour ne pas être encore visible, et Ruusaan était connue pour son grand sérieux et son professionnalisme au travail. Son refus de prendre un alcool trop corsé ne devrait normalement pas étonner trop son homologue et rivale.

Elle n’était pas trop stressée pour l’instant, sinon sur ses gardes comme au naturel. Plusieurs de ses commandeurs auraient probablement tiqué en la sachant aussi volontairement exposée, mais s’ils la connaissaient bien, ils devraient se douter qu’elle n’était pas non plus venue les mains vides. Même inerme, elle restait une arme vivante, comme nombre de cyborgs présents dans les grandes armées.

La Directrice des renseignements républicains observait pour le moment, tant la situation que la discussion et les réactions de son hôtesse, toujours intriguée quant aux raisons de cette invitation.

Elle la suivit de bon grès jusqu’à la table des collations, plutôt généreuse d’ailleurs, et se décida sur un vin blanc assez léger du local. Par habitude tant d’espionne que des rares réunions en haut lieu auxquelles elle avait été conviée, Ruusaan prit le temps d’examiner la coupe de vin qu’elle tenait. Le verre était translucide avant qu’elle ne se serve, et la boisson n’avait en rien perdu de sa couleur de miel. La consistance n’avait pas non plus été altérée, aucune bulle suspecte ne venait troubler la boisson et elle ne distinguait aucun élément suspect. Humant brièvement le verre comme si elle l’appréciait en connaisseuse, elle sût rapidement qu’il n’y avait rien de trouble dans son odeur. Il était assez rassurant d’ailleurs qu’elles partagent les verres et la même bouteille, pour l’heure.


« Tout va bien, Ruusaan? Tu sembles un peu… Absente, tout d’un coup. Laisse-moi deviner. Tu te demandes à quel jeu je joue. Et s’il n’y avait pas de jeu? Est-ce que tu sais depuis combien de temps je prépare cette rencontre? Depuis combien de temps j’étudies les scénarios possibles pour rendre le tout réalisable ? »


Ce n’était une déduction bien complexe à faire, au vu des circonstances. Après avoir trinqué sa coupe de vin contre celle de la chiss, Ruusaan l’écoutait avec attention, ses yeux bleus ne la quittant jamais vraiment. L’impériale avait choisi une approche franche, sans drap ni manières d’espionnes. C’était un peu déconcertant pour Ruusaan, mais cela aiguisait encore plus son intrigue et son intérêt. Oh, il devait bien y avoir une raison pour avoir organisé, au mépris sans doute de la hiérarchie impériale, une rencontre aussi improbable et inattendue. Était-ce par objectif professionnel ou personnel ?

La frontière entre les deux sphères n’était pas aussi évidente à distinguer, dans le cas présent.


« Je suppose que tu as avisé certains des tiens en cas de problèmes. Je ne sais pas comment vous fonctionnez mais je dois dire que c’est d’autant plus complexe de garder des secrets du côté impérial. »


Évidemment ! Elle ne serait pas digne d’occuper son poste sinon. Les responsabilités étaient encore plus grandes que du temps où elle servait comme officier clone dans l’armée. Haussant un sourcil pour répondre silencieusement mais explicitement à sa question indirecte, Ruusaan prit le temps de prendre une petite gorgée de la boisson une fois qu’elle fut sûre que sa comparse en eût pris aussi.


– Je l’imagine bien. Votre machinerie hiérarchique est assez complexe à certains niveaux, surtout pour valider des projets aussi peu orthodoxes que celui-là. C’est la tendance de notre milieu, qui paradoxalement offre aussi une certaine liberté en termes de créativité pour parvenir à ses fins. Beaucoup de règles, de procédures, mais aussi d’originalité.

Théoriquement, elle avait une petite idée du modus operandi des structures étatiques impériales et hapiennes sur le plan de validation, mais évidemment sans en connaître le fin détail, et réciproquement. Cela faisait partie du secret professionnel, ce pourquoi elle n’allait pas en détail.  


« Oui, nous sommes techniquement ennemies de par nos affiliations. Nous sommes assurément rivales et nous avons croisé le fer à de nombreuses reprises, métaphoriquement parlant. Est-ce que cela m’empêche de respecter ta vive intelligence ou de vouloir connaitre une si redoutable adversaire? Non. Sans curiosité, notre métier n’est rien car on ne se poserait pas les bonnes questions. Ce qui n’est certainement pas mon genre. »


Il était courant de se représenter les serviteurs de l’Empire comme des êtres profondément façonnés sur le plan psychologique en termes de doctrine, comme un écho mélancolique de sa gloire passée. Silenda ici faisait tâche sur ce préjugé. Elle donnait l’air d’être souriante, avenante et surtout curieuse. Si les Chiss étaient réputés pour être des personnes froides, solitaires et très calculatrices… deux des trois critères ne rentraient pas dans la description de l’agent qui lui faisait face. Son apparence était trompeuse… elle était visiblement très vive d’esprit, Anade comptait être vigilante.


– Les missions où tu étais impliquée ont toujours été intéressantes. Sans flatterie, tu mettais toujours du piquant même dans des opérations assez ordinaires. Je n’osais pas espérer te croiser un jour aussi directement, et c’est plaisant d’en avoir l’opportunité. Sans un peu de curiosité, un agent n’irait pas très loin dans sa carrière et ne serait pas très efficace.


Ruusaan attrapa une chaise proche et s’assit en face de la chiss, posant son verre sur une table proche. L’atmosphère de discussion était agréable, ainsi en extérieur et sur un monde neutre. Ce n’est pas parce qu’elle tâchait d’être prudente qu’elle était hostile à cette rencontre et ne comptait pas respecter les règles tacites. Auquel cas, elle ne serait pas venue ou en tout cas, pas en personne.

L’agente remarqua assez vite l’attitude assez lascive et assumée de son interlocutrice, qui faisait preuve d’une confiance remarquable au vu de l’originalité de son initiative. Elle s’était demandée tout d’abord, et se le demandait encore un peu, s’il n’y avait pas anguille sous roche derrière cette apparente simplicité d’approche. Pourtant, l’endroit semblait bel et bien désert de tout renfort et de ce qu’elle savait sur les renseignements impériaux, ils n’auraient pas voulu envoyer à l’abattoir l’un de leurs plus redoutables agents sans renforts quelque part, ou en tout cas sans aucun coup tordu.

La Chiss était une belle femme humanoïde, il fallait le concéder et Ruusaan se demandait comme d’hommes et de femmes elle avait pu faire tourner en bourrique pour les besoins d’une mission. L’humaine n’était pas dépourvue de toute beauté non plus, elle en avait conscience, mais son passé militaire détonnait parfois sur ses manières et son élégance de mœurs, même si elle le masquait en mission. Dans tous les cas, si elle admettait sa beauté, elle restait insensible à son charme. Par professionnalisme d’une part, et d’autre part car elle était très satisfaite de ce qu’elle avait déjà.


« Si tu veux me poser des questions, tu peux. Tu sais, si je ne peux pas répondre, je te dirai que c’est classifié et ce sera à toi de creuser la question en retournant au boulot. Un geste d’ouverture ne commence-t-il pas par une mesure de transparence, après tout. Arcanis serait tellement hors de son élément si elle était ici avec nous… J’aurais vraiment voulu cette rencontre à trois. Quoi? L’APEX et les Mandaloriens sont doués… Mais pas autant que les trois grandes factions galactiques. »

– Disons que c’est contradictoire avec certaines traditions assez anciennes des mandaloriens. Quant à l’APEX… ils ont le nombre, les fonds, la roublardise, les pattes à graisser et les relations, mais ils n’ont pas notre expertise tissée au fil de plusieurs siècles. Je ne sous-estime pas leur champ d’action ni leur potentiel, mais il y a encore un peu de temps devant nous. Je crois en revanche qu’il est sage de garder aussi un œil sur eux, pour ne pas se faire surprendre.


Ruusaan attrapa un amuse-gueule de la grande assiette qui leur avait été amenée. Le goût était un peu salé à sa convenance mais pas désagréable, sans épices mais un peu relevé. Puisque la Chiss voulait jouer en montrant les cartes qu’elles avaient dans leur main respective, elle contribuerait.


– Comment refuser une telle invitation ? Ce sont des règles qui me conviennent, j’en ferai de même. Qu’est-ce qui t’a motivée à mettre en place ce dîner ? J’imagine que tu devais la tisser depuis un moment, vu l’organisation. Je suis impressionnée d’ailleurs que tes supérieurs n’aient rien vu. Comment t’y es-tu pris pour ne pas te faire surprendre ?


Les yeux bleus de Ruusaan la dévisageaient avec curiosité, même si leur nature artificielle le reflétait peut-être moins bien qu’au naturel… enfin, de ce qu’il restait de naturel chez l’ancienne commando. Comme elle se plaisait parfois à plaisanter, elle passait parfois pour plus machine qu’humaine.


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Silenda
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Commandant de l'Imperial Intelligence
Commandant des Renseignements Chiss
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le Mar 28 Jan - 17:45
Bien sûr qu'elle se méfie, bien sûr qu'elle fait preuve de prudence et assurément qu'elle ne sera pas réceptive à mes artifices habituels. Mais vous savez ce qu'on dit: on peut sortir la femme de l'espionnage mais pas l'espionnage de la femme! Est-ce que vous savez depuis combien de temps je n'ai pas été moi-même? Je suis née Chiss avec un vrai nom et je n'ai jamais revisité cette partie de mon passé depuis que je suis au services des renseignements chiss. Je pense que c'est mon secret le mieux gardé. Oh comme j'aimerais pouvoir partager mon triomphe avec quelqu'un qui pourrait apprécier mon génie à sa juste valeur. Malheureusement, ce serait signer mon arrêt de mort. Alors... Je garde le secret pour moi, sachant que c'en est un que je divulguerai qu'avant la tombée de rideau. Sur mon lit de mort, je révélerai mon plus beau triomphe.

Mais dans l'instinct, je réagis à certaines de ses remarques, tantôt c'est une réponse polie et à propos, tantôt ma propre analyse des choses et des faits. Par exemple, par rapport à la question d'APEX. Bien sûr qu'ils ne sont pas à sous-estimer. Je le sais fort bien, au nombre d'opérations que j'ai pour tester leur temps de réponse, la fiabilité de leurs renseignements, ce genre de choses... APEX est pour moi plus mon divertissement qu'un véritable travail d'envergure. Là où ils nous battent à plate couture, c'est dans leur habileté de sembler sortir des craques du plancher et de disparaître aussi vite. Au nombre de convois que nous avons perdus à cause de leurs attaques... Le temps que l'alerte soit donnée, ils sont déjà repartis! Surprenant, au vu du matériel utilisé mais... Enfin. Peut-être qu'un jour je les inviterai pour un repas similaire. Nous verrons sur la durée.

Je n'ai pas réagit à ses compliments pour une raison fort simple. Ils me laissent, étonnamment, indifférents. Oh certes, tout artiste aime qu'on complimente son travail mais je fais mon travail pour le défi, pour le jeu, pour cette insoutenable tension quand les dernières secondes d'une opération s'égrenent... Et la folie d'organiser pareille rencontre, naturellement. Si j'écris ma biographie, ce moment fera partie de mes plus audacieuses opérations. Ceci dit, je n'ai pas le choix que de répondre à sa question, ne serait-ce que par une pointe d'ego. Un trait typiquement... Humain... De ma personnalité. Oui, à force d'évoluer à leur côté, il y a un certain nombre de traits, de tics ou d'habitudesque vous serez tenté d'essayer voire de vous approprier. Je ne peux pas dire que je n'ai pris que le meilleur, je ne pourrai jamais prétendre à cette perfection, malheureusement.


« L'idée m'est venue il y a un bon moment de cela, lors de l'opération Triforce. Renseignements républicains d'un côté. Chume'doro d'un autre. Et bien sûr, Imperial intelligence pour le troisième coin. Je n'ai pas honte de l'avouer. Nous avons perdu cette manche... République et Empire. Arcanis est vraiment une adversaire impitoyable. Mais la danse que nous avons menée. Oh... C'était... Glorieux. Si glorieux!

J'y repense et je ressens la même excitation, presque sexuelle, charnelle... D'affronter des esprits si redoutables, de décider d'un tournant, fut-il extrêmement mineur, de la guerre en cours... Je ne m'étais que rarement sentie si vivante. La République, ses principes mis de l'avant jusque chez leurs espions, tentant de minimiser les pertes civiles. L'Empire, tatillon et procédurier, tentant de garder le contrôle de systèmes en train de flancher.

Et Arcanis. Dont le zèle fanatique est plus dangereux qu'une flotte de star destroyer. Au final, malgré toute notre expertise, nos compétences et nos efforts, nous avons dû admettre la défaite et battre en retraite. Mais ce fut comme une révélation, une épiphanie. Même si c'était la dernière chose à faire avant ma mort, je devais rencontrer au moins une de ces adversaires au talent aussi extraordinaire. C'est devenu... Obsessionnel.

Je devais le faire, je n'avais pas le choix. Dans notre métier, la mort peut arriver à chaque seconde. Malgré tout le glamour et l'action, l'adrénaline et l'excitation, nous sommes morts, au fond. Aux yeux du monde, nous n'existons pas. Quand nous trépasserons, l'Histoire ne parlera pas de ceux qui l'ont influencé, dans l'ombre. Mais cette opération? Je ne m'étais pas sentie aussi vivante depuis longtemps. Trop longtemps. »


Elle doit me trouver complètement folle. Quelle personne saine d'esprit ressent de l'excitation sexuelle à mener une opération comme une joueuse d'échec, à s'extasier de la riposte et du génie de ses adversaires? D'autant que je sache, il n'y en a pas. Et elle peut me juger tant qu'elle veut. Elle a demandé le pourquoi, elle l'a eu sans mensonge, sans tromperie, la vérité pure, tout simplement. Si incroyable que cela pourrait sembler faux, improbable, impensable. Mais on ne peut pas simuler cette passion dans mon regard. Si on me demande si j'ai plus d'admiration pour mes rivales des services des ennemis de l'Empire Galactique ou notre impératrice, officiellement, je répondrai le second choix. Officieusement... Tirez les conclusions que vous voulez. Je ne confirmerai rien et n'infirmerai rien. Je ne fais pas partie des meilleurs pour rien, après tout.

Quant à comment j'ai dissimulé la chose à mes collègues et à mon supérieur... Ce n'est pas connu en dehors de l'Empire mais le Moff de l'Imperial Intelligence est très malade en ce moment et je le remplace, à peu de choses près. Assurez-vous que tout le monde est occupé, que tout le monde a suffisamment de travail pour ne pas avoir assez de temps pour se concentrer sur autre chose et leur ombre devient votre lumière pour mettre en place votre plan. Fumée et miroirs. Un rapport glané ici pour tenter d'établir de nouvelles cibles à annexer par nos forces armées. Une vérification des registres pour identifier les grandes tendances voyage et vacances de cibles d'importance pour nous. Des dizaines, des centaines de micro requêtes qui n'ont aucun lien entre elles... Et qui impliquent tellement de personnes différentes... Personne n'a une vue d'ensemble comme moi.


« Je suis extrêmement patiente, Ruusaan. Les Chiss n'ont-ils pas de la glace dans les veines, à ce que l'on prétend, après tout? Des centaines de micro requêtes que seule une vue d'ensemble aussi pointue que la mienne pouvait suivre et bien sûr, comme toute bonne espionne, fumée et miroirs pour détourner l'attention. Un bon espion doit être attentif à ce qui se passe à l'externe ET à l'interne. C'est un fait irréfutable.

Mais nous sommes malheureusement tellement tournés vers l'annihilation de l'autre que parfois, certains oublient de regarder à l'intérieure des frontières, là où le danger est infiniment plus dangereux. Qui va porter attention au fait que le Commandant Silenda va aller s'occuper personnellement d'une énième mission? Je ne suis pas faite pour rester derrière un bureau. Commandant ou non, ma place restera éternellement sur le terrain. »


"Ne me pose pas de question et je ne te dirai pas de mensonge."
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le Sam 8 Fév - 23:05

[Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé) Ruusaa11

Il était assez fascinant, bien que guère surprenant, que de se faire face de la sorte. Assises de façon lascive ou bien droite, elles se faisaient face de la manière la plus pacifiste qu’il puisse être. Des verres à la main plutôt que des pistolets-blaster ou un sniper, leur seule véritable arme était celle dont la nature les avait parées : la parole. Oh bien sûr, sans être au niveau d’une diplomate ou d’une cheffe d’état, Ruusaan entendait bien que les mots pouvaient être plus percutants que les gestes. La torture par exemple, même si la Directrice n’y recourait qu’en cas de nécessité, pouvait autant être physique que psychologique. Il n’y avait pas que les Darjetiise et les Jetiise qui pouvaient y faire appel avec grande efficacité. La Force n’était qu’un outil parmi d’autre pour arriver à ses fins.

Ils n’avaient pas besoin d’un tel artifice pour obtenir les réponses qu’ils désiraient entendre.

C’était bien la première fois qu’elles s’observaient d’aussi près, en personne. Cela ne lui déplaisait pas, c’était un peu comme une bouffée d’air frais dans son quotidien, avec le piquant d’une épice.

Cela ne voulait pas dire pour autant qu’elle devait sous-estimer l’adversaire, la meilleure ennemie qui se trouvait en face d’elle. Même ainsi revêtues en civile, leurs esprits respectifs tournaient à plein régime et elles s’affrontaient en toute cordialité. En dépit de la relaxation que proclamait la fameuse Silenda qui lui avait tant fait danser sur des charbons ardents au cours de certaines opérations, elles étaient toutes deux faites du même bois sur un aspect : le métier était toujours là.

Qui était Silenda, qui se dévoilait de la sorte et dont l’identité restait voilée de ténèbres ?

Elles vivaient toutes deux dans les ombres, et restaient ici pourtant en pleine lumière. Le nom de la républicaine était certes plus connu, et pourtant d’une banalité surprenante. Son prénom signifiait littéralement « quelqu’un de fiable » et était un patronyme particulièrement fréquent sur Mandalore. Quant à son nom… il était façonné de toutes pièces, aussi artificiel que ne l’étaient l’un de ses bras, ses deux jambes, ses yeux rivés sur Silenda et les implants qui avaient été placés dans sa tête. Anade signifiait en effet à la fois « tout le monde » et « personne » selon le sens qui était retenu. Elle était un clone et une espionne, elle avait donc été n’importe qui et aspirait à rester n’importe qui.


« L'idée m'est venue il y a un bon moment de cela, lors de l'opération Triforce. Renseignements républicains d'un côté. Chume'doro d'un autre. Et bien sûr, Imperial intelligence pour le troisième coin. Je n'ai pas honte de l'avouer. Nous avons perdu cette manche... République et Empire. Arcanis est vraiment une adversaire impitoyable. Mais la danse que nous avons menée. Oh... C'était... Glorieux. Si glorieux ! »


Ses compliments, aussi sincères fussent-ils, semblèrent laisser de marbre son interlocutrice. Fort bien, c’était un élément qu’elle garderait à l’esprit. Sincèrement intéressée, Ruu l’écouta avec attention en se remémorant l’opération qu’elle venait de mentionner. C’était l’une des quelques missions où les trois grandes puissances avaient été confrontées toutes ensembles, dans un joyeux orchestre totalement chaotique. Effectivement, ils avaient été pris de court pour celle-ci, c’était une manche qu’ils avaient dû concéder au marteau implacable des forces spéciales du Consortium. Cela avait été un seul contre tous et un tous contre tous, une joyeuse bataille royale assez mémorable.

Arcanis, leur homologue et rivale de la troisième grande faction, n’avait pas été dans la dentelle.

Ruusaan devait reconnaître qu’elle avait ressenti une certaine jubilation tout au long de l’âpre lutte. Une excitation, un plaisir inavouable que peu de personnes, même de leur milieu, seraient en mesure de comprendre. Ce n’était pas tant la solution d’un problème qui captivait le plus Ruusaan, tant qu’il ne s’agissait pas d’affaires graves. Ce qui lui plaisait le plus, c’était le processus de résolution, cette phase de décortication des nœuds et des ombres qui dénouaient les fils de l’énigme. C’était l’une des raisons pour lesquelles elle avait été vite désignée comme stratège du temps qu’elle était commando, pour ce goût de bâtir et de réfléchir à toutes les possibilités et les probabilités d’une action ou d’une contre-action pour répondre à un ensemble d’objectifs désirés.


« J'y repense et je ressens la même excitation, presque sexuelle, charnelle... D'affronter des esprits si redoutables, de décider d'un tournant, fût-il extrêmement mineur, de la guerre en cours... Je ne m'étais que rarement sentie si vivante. La République, ses principes mis de l'avant jusque chez leurs espions, tentant de minimiser les pertes civiles. L'Empire, tatillon et procédurier, tentant de garder le contrôle de systèmes en train de flancher. »


Où se trouvait la limite entre le génie et la folie ? La barrière était bien mince, par instants. La lueur qui brillait dans les yeux pourpres de l’humanoïde à la peau bleue était curieusement sincère. Évidemment, ils auraient pu faire encore plus de dégâts chez leurs deux grands opposants, mais Ruusaan avait une liste de priorité et avait pris ses dispositions en regard de cette dernière. Il avait bien fallu faire des concessions et des ajustements évidemment, mais Anade avait fait de son mieux pour que les maigres principes républicains qu’ils étaient tenus de suivre ne soient pas tous ignorés.

Quand ils n’avaient plus eu le choix, les ordres de la Directrice avaient été tout aussi clairs : la vie des leurs, des agents était prioritaire. S’ils ne réussissaient pas à s’enfuir, ils savaient ce qu’ils avaient à faire, la procédure habituelle : ne pas tomber entre les mains de l’ennemi, coûte que coûte.


« Et Arcanis. Dont le zèle fanatique est plus dangereux qu'une flotte de star destroyer. Au final, malgré toute notre expertise, nos compétences et nos efforts, nous avons dû admettre la défaite et battre en retraite. Mais ce fut comme une révélation, une épiphanie. Même si c'était la dernière chose à faire avant ma mort, je devais rencontrer au moins une de ces adversaires au talent aussi extraordinaire. C'est devenu... Obsessionnel. »


Arcanis était une adversaire redoutable, il ne fallait pas en douter. Elles avaient toutes trois leurs failles comme leurs faiblesses. Ruusaan avait ses principes, sur lesquels elle ne rognait qu’à contrecœur, et donnait plus de valeur à ses agents qu’aux volontés données par des politiciens. Elle n’avait pas la langue d’or d’un politicien, et n’avait pas le talent qu’avait M pour gagner leur respect. Arcanis était zélée et puisait dans la puissance de sa conviction envers les forces du Consortium et de leur Reine sanglante, mais manquait parfois de subtilité et, de ce que Ruusaan avait pu remarquer, sembler manquer d’un peu d’anticipation. Elle réagissait, certes très efficacement, plus souvent qu’elle ne paraissait prévoir.  Silenda était d’une toute autre tempe. Là où Arcanis et Ruusaan se rejoignaient dans le sens de ne pas hésiter à se salir les mains directement, Silenda agissait plus en retrait, très précise et efficace. Anade avait cependant l’expérience stratégique pour prendre du recul et essayer de réfléchir le plus largement possible, cherchant à anticiper les assauts de ses opposants avant de devoir s’en défendre.

Prévenir plutôt que guérir, Anticiper plutôt que réagir… des règles qu’elle n’avait jamais oubliées.


« Je devais le faire, je n'avais pas le choix. Dans notre métier, la mort peut arriver à chaque seconde. Malgré tout le glamour et l'action, l'adrénaline et l'excitation, nous sommes morts, au fond. Aux yeux du monde, nous n'existons pas. Quand nous trépasserons, l'Histoire ne parlera pas de ceux qui l'ont influencé, dans l'ombre. Mais cette opération ? Je ne m'étais pas sentie aussi vivante depuis longtemps. Trop longtemps. »



C’était une vérité indéniable. La plupart des agents « mouraient » en quelque sorte en rejoignant les Services. C’était une mort symbolique, puis physique pour les plus infortunés, de leur ancienne vie. Ils n’existaient plus, voire ils n’existaient pas du tout parfois selon le bassin de recrutement. Car tous ses agents ne venaient pas que des mondes connus et industrialisés de la République, sans quoi leur machinerie serait bien moins efficace. Ruusaan elle-même était morte, symboliquement et physiquement. Elle avait perdu la vie lors de Lord_Over, jusqu’à un curieux coup du sort.

Ils n’étaient que des ombres, qui se dissolvaient une fois révélées ou qu’elles n’étaient plus utiles.


« Je suis extrêmement patiente, Ruusaan. Les Chiss n'ont-ils pas de la glace dans les veines, à ce que l'on prétend, après tout? Des centaines de micro requêtes que seule une vue d'ensemble aussi pointue que la mienne pouvait suivre et bien sûr, comme toute bonne espionne, fumée et miroirs pour détourner l'attention. Un bon espion doit être attentif à ce qui se passe à l'externe ET à l'interne. C'est un fait irréfutable. »


Dans tous les cas, tant son comportement que son ton et ses réactions le démontraient. Elle ne mentait pas. La vérité brute était étrange et Ruusaan ne comprenait pas tout, mais elle était vraie. Très objective de nature, la part sentimentale des êtres restait encore en partie mystérieuse pour l’ancienne commando. On ne lui avait pas forcément appris à réfléchir avec ses émotions, si bien qu’en dépit des efforts de son entourage, il pouvait parfois demeurer un décalage sur cette question.

Une réponse prudente, directe mais élégamment amenée. La patience, la républicaine ne doutait pas que son homologue en soit dotée. Cela faisait partie du curriculum, en quelque sorte. Intéressante procédure, qu’elle aurait très bien utiliser également de son côté. Pour sa part, Ruusaan s’était contentée de donner aussi peu de détails qu’elle l’avait pu, se contentant du minimum nécessaire. Une telle attitude de sa part ne surprendrait pas trop ses collègues, en temps normal.

Son cerveau était à l’image de son bureau et de ses appartements, rangé avec grande minutie et organisé avec grand soin. Tout était rangé à sa place, en ordre, prêt à être utilisé en cas de besoin. Aucune pensée parasite ne devait perturber l’ordre de ses réflexions, dans le cadre du travail.


« Mais nous sommes malheureusement tellement tournés vers l'annihilation de l'autre que parfois, certains oublient de regarder à l'intérieure des frontières, là où le danger est infiniment plus dangereux. Qui va porter attention au fait que le Commandant Silenda va aller s'occuper personnellement d'une énième mission ? Je ne suis pas faite pour rester derrière un bureau. Commandant ou non, ma place restera éternellement sur le terrain. »


Ruusaan posa son verre vide sur la table proche et attrapa un amuse-gueule avant de parler.


- L’Opération Triforce, dis-tu. Je m’en souviens très bien. Ce fut l’un des quelques champs de bataille qui nous a toutes trois impliquées. Arcanis a fait preuve de son talent et de sa réactivité légendaire. Cela a donné à la confrontation un tournant inattendu, certes, mais assez intéressant et instructif. Je comprends mieux tes motivations pour cette entrevue.


Et elle partageait le sentiment, même si elle n’était pas forcément habile à l’exprimer. Cela sortait en dehors de ses sentiers battus, mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’elle s’y refusait. Se servant rapidement d’un verre d’eau fraîche, Ruusaan porta bientôt ses yeux bleus sur la Chiss.


- J’espère quand même que cela n’arrivera pas de sitôt. Nous savons toutes deux que nous ne finirons pas nos jours dans notre lit, mais j’espère que notre petite danse durera encore un peu. Je serais déçue si la dernière danse venait trop tôt, ma chère.


C’était bien une confidence qui ne ferait de mal à personne, il n’y avait personne pour l’entendre. Personne pour assurer vraiment ses arrières proches, mais personne pour la surveiller non plus. Cette liberté, aussi fausse et illusoire fût-elle à l’instar d’un mirage, n’en restait pas moins grisante.


- Profitons de cette parenthèse tant qu’elle peut durer. C’est un fait que les véritables officiers ne devraient pas rester cloisonnés dans leur bureau en tout temps, sans quoi ils risquent de devenir aveugles et sourds de ce qu’il se passe, concrètement, à l’extérieur. Et quand on perd ainsi de vue et d’oreille ce qu’il se trame... on ne fait généralement pas long feu.


Était-ce ce qui avait frappée en partie son prédécesseur ? Méconnu et peu apprécié des effectifs actifs des plus bas rangs de l’agence, il avait graissé des pattes et été précautionneux mais avait sous-estimé gravement les ambitions des uns. Ruusaan n’était pas assez idiote pour ne pas se douter que la requête d’Ellora n’était pas altruiste et répondait sans doute à un agenda bien ficelé. Néanmoins, cette action servait aussi ses propres objectifs et elles s’étaient donc soutenues.


- Á ton tour de me poser une question. Après tout, il ne serait pas très fair-play que je sois la seule à en poser et je suis sûre que tu es au moins aussi curieuse que moi. Je ne pense pas prendre beaucoup de risque en l’affirmant, n’est-ce pas ?


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le Dim 9 Fév - 2:58
Quand Silenda joue, ce n’est jamais dans la précipitation, ce n’est jamais simplement pour montrer qu’elle est douée. Le mystère de Ruusaan est devenu pendant un temps une énième obsession car une chose est certaine. Que ce soit la républicaine ou Arcanis, jamais elle n’arrivera à les faire changer de camp et avec Arcanis, elle est en train de tirer un trait de plus en plus graduel sur le fait de pouvoir un jour se parler de rivale à rivale. Mais Ruusaan… C’est autre chose. Elle en sait plus sur son cas qu’elle ne l’admettra, bien sûr, mais le fait est qu’elle a vite remarqué quelque chose. Tout espion, à la fin de sa carrière, peut s’attendre soit à une balle derrière la tête (ou du poison, pourquoi pas), autrement dit, même s’il se rend à l’âge de la retraite, s’il n’est pas éliminé, on ne sera pas tendre avec son esprit pour s’assurer qu’il ne risque de rien dévoiler.

La technologie impériale est techniquement mieux contrôlée à cause de la volonté de l’Impératrice mais l’Imperial Intelligence étant l’Imperial Intelligence… Oh c’est tout con, on a utilisé la formule développée pour se charger des agents ennemis sur notre agent à la retraite… Oups… Tout cela pour dire que la retraite, tant pour elle que pour Ruusaan est probablement chose plus terrifiante qu’un rancor en rut en manque de partenaire et qui décide que vous ferez l’affaire. Ou de demander à une rivale que vous respectez « est-ce que cette robe me donne l’air grosse » et qu’elle vous réponde « oui ». Évidemment c’est extrêmement caricatural mais le fait est, quand votre retraite ne peut pas finir de façon heureuse, quelle alternative a-t-on? Pour Silenda, aucune. Les renseignements chiss y veilleront. Soit ils l’élimineront, soit ils exposeront qu’elle est leur espionne. Pourquoi?

Pour prouver leur supériorité aux impériaux, tout simplement. Comme quoi depuis le début, les ficelles n’étaient pas tirées par eux. Ultimement, c’est Silenda qui en fera les frais. Mais Ruusaan… Il y a eu « quelque chose » avant qu’elle n’atteigne le poste qu’elle a aujourd’hui, donc techniquement, une possibilité de retourner à cette vie. Il lui manque des pièces du puzzle mais une chose semble évidente. Elle observe le non verbal de sa rivale, la façon dont elle parle… C’est extrêmement subtil car elle ne veut rien laisser paraitre mais quand on connait quelque chose, on sait le reconnaitre quand on le voit : une grande lassitude. Ruusaan en a marre de faire ce qu’elle fait. Le stress, l’écrasante responsabilité de décider du sort de centaines de personnes. Une opération mal menée et l’ennemi découvre votre convoi médical secret et l’extermine sans la moindre pitié.

Si elle ne peut rien faire pour elle, elle peut faire quelque chose pour Ruusaan. Comme dit précédemment, elle l’a étudié, observé, inspecté chaque dossier, chaque rumeur sur la républicaine. A utilisé sa prodigieuse vue d’ensemble pour faire des liens, a fait plusieurs incursions en territoire républicain. Leur service de renseignements peuvent se vanter tant qu’ils veulent, certaines de leurs branches locales sont de vraies passoires. Gérées et administrées par des gens aigris qu’on a foutu dans le fin fond de nulle part pour s’en débarrasser. Une erreur de débutant qui coûte invariablement très cher. Car ces gens sont aisément manipulables, influençables ou corruptibles. Évidemment, elle n’a pas eu toutes les réponses mais toujours plus de pièces au puzzle. Dans l’impossibilité d’en obtenir plus sans se mettre dans un grand péril, potentiellement mortel, pour ne pas dire assurément…

Une idée complètement démente lui était passée par la tête. Pourquoi ne pas le demander directement à la principale concernée qui en plus vient de lui donner l’ouverture parfaite pour ce faire? Car Ruusaan l’a invité à poser une question… Et cette question est toute préparée d’avance. Simple à poser, complexe à répondre, définitivement. Mais il n’en demeurera pas moins que ce sera fascinant à entendre. Ah, ce mot… Certains disent que c’est un tic verbal de Silenda mais… Cela fait simplement partie du personnage. Ruusaan peut « revenir en arrière ». Pas elle. Qui elle était est irrémédiablement mort. Être amie avec la directrice des renseignements républicains aurait été une hérésie. Mais… Si soudainement elle devient autre chose sans possibilité de redevenir la grande patronne… Mais tout n’est qu’hypothèse dans un scénario trop de fois étudiés…


« J’ai une question. Une terrible question, douloureuse et assurément déplaisante… Et paradoxalement, salvatrice, en au moins un sens. Et Ruusaan. Je veux une réponse parfaitement honnête. J’ai l’audace de dire que tu me dois bien cela. Si tu avais la possibilité de redevenir toi, mais à un point spécifique de ton passé, est-ce que tu tenterais le coup? Ah… Je vois presque les engrenages de ton cerveau se mettre en place…

Pendant que tu penses à ta réponse, laisse-moi t’expliquer mon raisonnement. Mon plan utopique de te rencontrer toi et Arcanis ne peut pas fonctionner, justement, à cause d’Arcanis. Et je me disais… Quelle tragédie de ne pouvoir lier une amitié non seulement sincère, mais également durable, avec deux rivales aussi extraordinaires. Et une pensée terrible, oppressante, suffocante, s’est imposée à mon esprit. Il est trop tard pour moi.

Accessoirement, il est également trop tard pour Arcanis. Elle est bien trop fanatique pour contempler cette idée et moi… Je suis Chiss. Même avant de rejoindre l’Empire, je n’avais pas le contrôle de mon futur. Donc même si je pouvais revenir en arrière… Cela ne changerait rien. Mais je t’ai étudié, Ruusaan. J’ai cherché désespérément à trouver ton passé, voir si… Si pour l’une d’entre nous, cela aurait pu être possible. Si… Si…

Et dans ton cas, il me manque des pièces du puzzle mais à un moment dans ta vie, cela aurait été possible car tu n’as pas toujours été la directrice des renseignements républicains. Il y a un avant que je peine à percer. Et tu ne peux pas me le cacher, ma rivale adorée. Dans ton non verbal. Dans ta voix. Tous les signes sont là. Le poids des responsabilités est en train de l’emporter, de t’écraser. Je connais ces symptômes. J’ai les mêmes.

Ne réponds pas si tu ne veux pas car c’est plus une sous-question mais combien de fois par mois tu te réveilles dans la nuit, en sueur, à cause d’un cauchemar d’un échec passé à te dire que si tu avais fait ceci ou cela… À regarder fixement le plafond de ta chambre en te disant que si seulement tu pouvais revenir en arrière… Je dois comprendre, Ruusaan. Je veux t’aider. Non. Je dois t’aider. Pour toi. Pour moi. Pour nous. N’est-ce pas évident?

Tu pourrais devenir notre salvation à tous les deux. Tu pourrais nous permettre de tricher le cycle. Tu… Regardes moi… N’est-ce pas pathétique? Je te pose une question et je me lance dans une longue tirade qui doit t’être aussi folle qu’incompréhensible. Si seulement tu pouvais comprendre… Mais… Peut-être que tu PEUX comprendre. Tu es ma plus grande rivale après tout. Tu n’es pas venue ici que pour la détente après tout.

N’ai-je pas raison, Ruusaan? »


"Ne me pose pas de question et je ne te dirai pas de mensonge."
Ruusaan Skirata
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Verd'ika
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le Dim 9 Fév - 22:38

[Merson] À visage découvert (PV Ruusaan Anade) (Terminé) Ruusaa11

Ruusaan pouvait sentir le regard acéré et cramoisi de sa comparse Chiss posé sur elle, comme si elle voulait lire dans son âme à travers les récepteurs optiques de ses implants oculaires. La chose lui semblait pourtant difficilement faisable. Elle n'était certes pas complètement cybernétisée, il restait encore quelques parcelles d'humanité dans son enveloppe physique, et peut-être dans son esprit aussi. C'était peut-être l'un des rares vestiges de son humanité fortement ébranlée, presque muselée en partie aux tréfonds de son être. On n'attendait pas d'elle qu'elle se montre humaine après tout. Elle devait donner la vraisemblance d'en être une au cours des réunions politiques et au contact de ses homologues, mais dans ses tâches elle devait faire preuve d’une impartialité parfois implacable et prendre des décisions très délicates. Elle n'avait de comptes à rendre à personne ou presque, sinon au dirigeant de la République lui-même et surtout à sa propre conscience.

Parfois, Anade aurait aimé pouvoir être encore plus détachée. Et pourtant, toujours elle s'y raccrochait avec la force du désespoir, presque inconsciemment. Était-ce un vestige de son ancienne personnalité, de cet être écharpé qui tenait encore debout, rafistolé de son mieux.

La reprise de parole par l'énigmatique Silenda mit un terme au fil de ses réflexions, attirant à nouveau sa pleine attention.


« J’ai une question. Une terrible question, douloureuse et assurément déplaisante… Et paradoxalement, salvatrice, en au moins un sens. Et Ruusaan. Je veux une réponse parfaitement honnête. J’ai l’audace de dire que tu me dois bien cela. Si tu avais la possibilité de redevenir toi, mais à un point spécifique de ton passé, est-ce que tu tenterais le coup? Ah… Je vois presque les engrenages de ton cerveau se mettre en place…


Que d'effet d'attente pour une simple question... à moins que la question ne soit pas aussi simple qu'il n'y paraisse ? Intriguée, Ruusaan lui indiqua d'un signe de tête de poursuivre. Sa question eut le mérite de l'interpeller pour le coup, elle ne l'avait pas vraiment attendue. Il était en effet assez rare qu'on lui pose ce genre d'interrogation autour de son passé et de son identité. De ce qu'elle avait été... non, de qui elle avait été avant de devenir qui elle était désormais. Cette personne qui survivait quelque part dans la cyborg, maintenue notamment par ses liens persistants avec ses anciens camarades d'armes et ce qu'elle avait le plus proche de frères. Celle qu'ils voulaient préserver, malgré elle.

Il était difficile de maintenir une façade totalement détachée tant la question l'avait prise de court. Cette question, elle se la posait depuis quelques temps déjà. Les disputes, fréquentes mais pas dommageables avec Jaster, autour de ce futur qu'ils essayaient de bâtir et que sa carrière actuelle compliquait sa résolution. Elle ne l'avait jamais dit à qui que ce soit, feignant son attitude habituelle et détachée, et toujours masqué son déchirement de plus en plus grand. Anade voulait servir la République et continuer de l'assainir, Ruusaan aspirait être enfin libre. Elle fit de grands efforts pour résister contre la tentation de penser à son état de santé actuel et aux conséquences potentielles qu'il posait.

C'était une équation, un problème, une situation à laquelle elle n'avait pas encore trouvé de solution viable, à sa grande frustration voilée.

Ruusaan cherchait une réponse et à comprendre ce que l'impériale entendait par là lorsque Silenda poursuivit sans attendre sa réponse.


« Pendant que tu penses à ta réponse, laisse-moi t’expliquer mon raisonnement. Mon plan utopique de te rencontrer toi et Arcanis ne peut pas fonctionner, justement, à cause d’Arcanis. Et je me disais… Quelle tragédie de ne pouvoir lier une amitié non seulement sincère, mais également durable, avec deux rivales aussi extraordinaires. Et une pensée terrible, oppressante, suffocante, s’est imposée à mon esprit. Il est trop tard pour moi. »


Elle en était donc autant consciente qu'elle même. C'était un peu comme ces nouvelles du détective corellien et de sa relation avec son grand antagoniste, le maître criminel qui régnait sur le Quartier Bleu et les groupes criminels de renom sur les territoires républicains. Á quel jeu jouait Silenda ? Pourtant, rien dans son attitude, dans ses propos, dans ses réactions ne trahissait le moindre mensonge, la moindre duperie. Cette confidence la mettait dans une position extrêmement délicate, comme si la chiss avançait en funambule sur un mince fil invisible.

Trop tard pour elle ? Á quoi tout cela rimait-il ? Ruusaan brûlait de l'enjoindre d'éclaircir sa pensée, mais garda le silence en voyant dans son attitude que son interlocutrice n'avait pas dit tout ce qu'elle voulait lui dire. Il était plus respectueux de ne pas l'interrompre, pour l'heure.


« Accessoirement, il est également trop tard pour Arcanis. Elle est bien trop fanatique pour contempler cette idée et moi… Je suis Chiss. Même avant de rejoindre l’Empire, je n’avais pas le contrôle de mon futur. Donc même si je pouvais revenir en arrière… Cela ne changerait rien. Mais je t’ai étudié, Ruusaan. J’ai cherché désespérément à trouver ton passé, voir si… Si pour l’une d’entre nous, cela aurait pu être possible. Si… Si… »


Curieuse remarque sur son appartenance Chiss, surtout sa remarque sur le fait de faits précédant le fait de rallier l'Empire. Jouait-elle le jeu délicat des agents doubles ? Il n'y avait aucune certitude, seulement une possibilité à interpréter avec la plus grande des prudences. La chiss avait toujours été prudente, il devait donc y avoir une solide raison à ce qu'elle prenne le risque apparent de s'exposer de la sorte. Pourtant, pour aussi compliquée qu'était sa réflexion, sa voix semblait étrangement émue. Elle tremblait un peu sa voix, pour une agente vétéran..

Silenda avait peur de l'après-carrière. C'était assez glaçant pour Ruusaan que d'avoir l'impression d'observer son reflet dans un miroir.

Anade n'était pas étonnée que la chiss se soit penchée sur son passé et sa personnalité; cela fait partie de leur travail préparatoire. Elle était plus troublée par la vérité, implacable et irréversible, que mentionnait Silenda et que Ruusaan avait soigneusement dissimulée à ses proches. Il lui arrivait parfois de parler avec Jaster de l'éventualité de prendre sa retraite des Services, pour revenir à la vie civile et pour fonder une famille, ou en tout cas développer la petite famille qu'ils s'étaient créés entre membres de l'escouade, au sein du clan Skirata sur Mandalore.

Elle n'avait pas été tout à fait honnête. Elle leur avait dit ce qu'elle espérait vraiment, mais pas ce qu'elle savait être la vérité, d'autant plus maintenant qu'elle se trouvait à la tête des Renseignements Républicains. Il n'y avait qu'une porte d'entrée, et aucune vraie porte de sortie.

En dépit de la bonne volonté d'Ellora, Ruusaan aurait dû s'en apercevoir avec le cas de "M" et de ceux et celles qui les avaient précédé. Cela était d'autant plus vrai qu'elle avait dû elle-même s'occuper et signer de cas d'agents qui étaient en fin de carrière. Elle savait et n'avait rien dit.

Par la Manda, qu'est-ce Silenda cherchait à atteindre en réveillant cette plaie qui était aussi triturée pour elle que pour sa comparse ?


« Ne réponds pas si tu ne veux pas car c’est plus une sous-question mais combien de fois par mois tu te réveilles dans la nuit, en sueur, à cause d’un cauchemar d’un échec passé à te dire que si tu avais fait ceci ou cela… À regarder fixement le plafond de ta chambre en te disant que si seulement tu pouvais revenir en arrière… Je dois comprendre, Ruusaan. Je veux t’aider. Non. Je dois t’aider. Pour toi. Pour moi. Pour nous. N’est-ce pas évident ? »


Sans doute trop de fois et bien plus qu'elle ne l'admettrait. Bien entendu, elle donnait l'illusion au travail, que cela la laissait de marbre parce qu'elle devait rester forte et solide. Évident ? Qu'est-ce qui était évident ? Silenda disait vouloir une amitié qui était par nature impossible en raison de leurs fonctions respectives, elle parlait de revenir en arrière, ce qui n'était pas possible pour la chiss et Arcanis, mais pour elle... oui.

Cela la laissait confuse. Pourquoi tenait-elle à l'aider ? Pourquoi ne voulait-elle pas lui nuire ? La vérité était mêlante, et non pas éclairante.

Non. La vérité était limpide. Ruu commençait à relier les liens confus ensemble, à suivre le fil rouge que Silenda essayait de lui faire voir.


« Tu pourrais devenir notre salvation à tous les deux. Tu pourrais nous permettre de tricher le cycle. Tu… Regardes moi… N’est-ce pas pathétique ? Je te pose une question et je me lance dans une longue tirade qui doit t’être aussi folle qu’incompréhensible. Si seulement tu pouvais comprendre… Mais… Peut-être que tu PEUX comprendre. Tu es ma plus grande rivale après tout. Tu n’es pas venue ici que pour la détente après tout. »


Ses derniers mots furent acérés comme du beskar, et pourtant d'une limpidité, d'une lucidité et d'une intelligence que l'on ne pouvait lui renier.


« N’ai-je pas raison, Ruusaan ? ».


Ruusaan prit le temps de réfléchir une troisième fois à ses propos, reprenant une gorgée d'eau fraîche de son verre. Elle ne lui devait pas la vérité, pas nécessairement, mais elle était enclin à la lui livrer. Après tout, elle n'avait pas fait tout ce chemin, pris tous ses risques sans raison.


- Tu as raison. Dire le contraire serait mentir. Tout comme toi tu n'es pas venue que pour la détente.


C'était une vérité indéniable, comme un couteau qui venait de fendre le miroir biaisé qui déformait jusqu'à leur propre reflet sur sa surface. Elle laissa quelques minutes s'écouler, organisant ses pensées du mieux qu'elle le pouvait avec cette agitation intérieure, avant de reprendre.


- L'idée m'a déjà traversé l'esprit, pour être honnête avec toi. Il m'est arrivé, et m'arrive parfois encore, de m'interroger sur certains choix que j'ai fait, de leur pertinence et au final, de leur conformité aux attentes qui les avaient motivés à la base et à leur capacité de réalisation, de concrétisation maintenant que j'ai un peu plus de recul. Je n'ai pas toujours été une espionne, en effet, même si c'est une vie qui me paraît lointaine... voire inaccessible. Un peu comme un écho qui résonnerait sur les flancs d'une montagne escarpée.


Un léger ricanement échappa à ses lèvres. Qui avait-elle voulu tromper ? Mirta avait eu raison, sur ce point. Peut-être que la personne à qui elle avait le plus menti au final était elle-même. Son cœur restait celui d'un soldat, derrière la barrière de glace qu'elle avait érigé par nécessité. Il lui arrivait parfois de se demander si son âme n''était pas figée dans la glace de la cryogénisation qui l'avait arrachée tant à la mort qu'à la vie.


- Je me suis demandée si les choses auraient pu se passer autrement, il y a vingt ans. Ce qui aurait pu se passer si les miens avaient pu être informés de ma survie avant que je ne rejoigne les renseignements, que je ne poursuive mon service. Je n'avais pas peur de la mort avant, quand je me suis jetée sur un Sith pour permettre un repli. Maintenant... en suis-je aussi sûre ?


Avant quoi ? Avant tout. Avant la création et l'élévation d'Anade dans les branches de l'Ombre. Avant qu'elle ne soit tout le monde et n'importe qui, quand elle était encore elle-même. C'était ce vestige d'elle-même qui avait peur pour Jaster, pour ses frères et pour le petit être en devenir. C'était cette femme qu'elle avait essayé de tuer de ses propres mains il y a près de dix ans, se souciant du sort de la République que du sien.


- Ma question va être simple, Silenda. Tu m'as dis le pourquoi. Quel est le comment et qu'attends-tu en retour ? Tu sais déjà que je ne parlerai jamais, tout comme tu resteras silencieuse pour ce qui concerne nos factions. Mais ce n'est pas ce que tu cherches, n'est-ce pas ? Á t'entendre, ce "retour en arrière" ne semble pas être aussi impossible qu'il ne le semblerait.


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"Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu"

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Silenda
Silenda
Commandant de l'Imperial Intelligence
Commandant des Renseignements Chiss
Commandant de l'Imperial Intelligence  Commandant des Renseignements Chiss

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le Lun 10 Fév - 3:03
« J’ai trouvé un moyen, Ruusaan. La perfection n’existe pas mais… C’est aussi proche qu’on peut en faire. C’est un plan si fou qu’il en est brillant. Tu n’as pas idée de ce que cela m’a coûté mais… Il fallait que je le fasse. Le choix ne se posait même pas. Je devais… Je devais… Laisse moi remettre mes idées en place et je t’explique. Qu’est-ce qui fait en sorte qu’un espion ne peut pas avoir de retraite? Fondamentalement?

C’est ce que nous savons. Ce qu’il y a dans notre tête est dangereux. On peut tenter de lessiver le cerveau d’un agent mais cela finit invariablement par donner un ex agent dans un état neurovégétatif. On peut aussi mettre un implant, un limiteur, mais c’est alors se promener avec une bombe dans la tête. Ce n’est pas une belle façon de finir ses jours. Quelle que soit la faction, il n’y a pas de solution miracle pour régler ce problème.

Sauf si bien sûr… On est assez fou ou désespéré pour contempler l’impossible. L’impensable. Imaginons que demain tu prends ta retraite. Que fera la République? Elle désactivera tes meilleurs implants, t’imposera un limiteur et tu finiras en résidence surveillée pour le restant de tes jours. Une belle prison dorée en remerciement de tes bons et loyaux services. Est-ce que c’est une fin heureuse? Définitivement pas. Non.

Mais que se passerait-il si un… Accident… Endommageait les implants ajoutés par les renseignements républicains tout en causant une amnésie aussi durable qu’irrémédiable? Tous les tests possibles et imaginables ne pourront donner qu’une seule conclusion : pratiquement par miracle, Ruusaan Anade va pouvoir reprendre la vie où elle l’a laissé, se réapproprier le fil des événements et connaitre un nouveau départ. Un retour aux sources.

Avec… Les Mandaloriens, peut-être? Ils ont la technologie pour remplacer les implants qui seront inévitablement endommagé bien au-delà de toute réparation possible. Et cela ne t’empêchera pas de continuer d’aider la République Galactique et de combattre l’Empire. Simplement, tu ne pourras plus faire autant de dommages qu’avant car tu ne seras plus la directrice des renseignement républicains. Les statistiques sont formelles. »


Une folle. Silenda doit avoir l’air complètement folle et son idée, justement, va plonger les deux mains dans la folie pour sortir pareille solution. Générer volontairement une réaction en chaine grâce à une défectuosité majeure des implants qui viendrait causer une amnésie ciblée pour effacer, plus ou moins, des années de vécu? Il y a des choses que la science ne peut encore guérir ou réparer et qui est au-delà des limites de la Force. Silenda a découvert une solution au problème, développée sur mesure pour sa plus grande rivale. Il y a une énorme douleur dans les yeux de la Chiss. Perdre Ruusaan telle qu’elle la connait… Serait un coup énorme pour elle. Et bien qu’il serait… Fou… De penser que Ruusaan accepter pareille idée, simplement en parler semble grandement émouvoir celle qui se tient en face de la blonde. Pourquoi? Elles sont rivales. Ennemies…

Silenda se jette dans les bras de Ruusaan pour l’étreindre, dans une démonstration affective qu’on ne soupçonnerait pas de l’esprit le plus redoutable de l’Imperial Intelligence. Il est évident qu’elle lutte pour retenir une partie de ses émotions mais… Et elle explique à Ruusaan une vérité qu’elle a compris. Elles sont rivales. Pas ennemies. Elle ne serait pas ici si elles étaient ennemies. En tant que sa rivale, cela amène à une certaine… Chevalerie entre les deux. Et les paroles de Silenda sont à glacer le sang. Je suis venu te dire au revoir, Ruusaan. Il est évident que Silenda n’a donné aucune indication qu’elle comptait prendre sa retraite et rien dans les informations en la possession des renseignements républicains indique que Silenda sera exécutée… Alors cela veut dire qu’elle était vraiment venue ici pour donner sa seconde chance à sa blonde rivale? Si tant est que c’est bien le cas…

Pourquoi cette réaction totalement imprévue et imprévisible? Ruusaan n’a pas dit oui, déjà, et si Silenda essayait de mettre son plan en action, elles en viendraient aux mains, la républicaine ne se laisserait pas faire. À moins que… La Chiss, par quelque artifice lui étant propre, a réussi à déterminer sans l’ombre d’un doute que la directrice des renseignements républicains dirait oui? Si c’est bien cela… Alors il est absolument terrifiant de voir ô combien Silenda a réussi à entrer dans la tête de Ruusaan sans y entrer au sens propre du terme. Elles s’affrontent depuis longtemps et c’est la première fois qu’elle apparait comme étant… Vulnérable. Pourquoi alors au lieu de chercher à profiter de cet avantage, curieusement, Ruusaan ne fait rien? Elle devrait, pourtant, selon la logique. Elle serait grandement récompensée par la République Galactique…


« Après aujourd’hui, Ruusaan… Lorsque nous nous reverrons… Tu ne te souviendras plus de moi. Si je suis chanceuse, et je ne crois pas à la chance, j’aurai laissé un impact si durable sur ta psyché que tu me reconnaitras… Sans savoir où, comment et pourquoi. Mais ce ne sera plus jamais pareil. Ah, si tu savais toutes les opérations que j’avais préparé pour poursuivre notre duel… Notre danse… Mais… Mais… Je… Tu…

Tu as tout donné, n’est-ce pas, Ruusaan? Je te fais le pari que tu t’es récemment réveillé un matin et tu as eu un haut le cœur en pensant à ton travail parce que tu n’en peux plus. Tu te forces à accomplir ton devoir car c’est ainsi qu’ils t’ont piégé. Avec des idéaux d’honneur et de service à rendre. J’ai quitté les miens pour rejoindre l’Empire car on m’a enfoncé dans la gorge les mêmes mensonges. Tant de similitudes entre nous…

Et pourtant si différentes… Peut-être que je me trompe de façon colossale, que toutes mes analyses et mes calculs sont erronés. Que je viens de t’exposer un plan, des idées et que j’ai fait preuve de vulnérabilité sur un scénario qui n’existe que dans ma tête. Peut-être. Rien n’est impossible. Mais… Ce n’est pas la sensation que j’en ai. Ce n’est pas ce que je crois percevoir. Et de façon plus égoïste… En te sauvant toi, je sauverai une part de moi.

Quand mon heure viendra, Ruusan, je veux pouvoir regarder mes supérieurs dans les yeux et leur dire exactement ce que j’ai fait, comment je t’ai donné une seconde chance, comment encore une fois mes principes ont pris dominance sur leur volonté fermée et si désespérément conservatrice. Mon histoire ne peut pas connaitre de fin heureuse. Je ne peux pas avoir d’enfants. On ne me laissera pas en adopter. Et si je meurs… Bien…

Il n’y aura pas de legs derrière moi. Mais si tu vis… Si c’est moi qui te donne une seconde chance… Alors je survivrai à travers toi. Ruusaan, si tu savais comme faire ce que je vais faire me rempli de joie et me déchiquète le cœur en même temps… Tu es tellement plus qu’une simple rivale. Tellement, tellement plus… Tu es… Une âme sœur, en un sens. Mais moins loin sur le sentier de la damnation que moi. Tu peux encore être sauvée… «


Et la seconde suivante, peu importe la réaction de Ruusaan, Silenda vient d’embrasser sa rivale sur les lèvres. Et si on peut transmettre l’essence même de ce qui torture la Chiss par une telle action… Alors tout devrait devenir soudainement limpide pour l’espionne républicaine. Sinon bien… Expliquer un nez ou une mâchoire cassée demandera simplement plus d’imagination qu’initialement anticipé…


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le Lun 10 Fév - 22:53

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Ruusaan prenait de grands risques en choisissant de jouer cette partie. Ses agents n’oseraient pas défier ses ordres avant que le laps de temps réglementaire ne soit écoulé, elles avaient donc encore pas mal de temps devant elles. En sa qualité de Directrice des Renseignements Républicains, elle aurait déjà dû reprendre le contrôle de cette conversation tout à fait officieuse, ou chercher à exploiter la faiblesse momentanée de l’une de ses plus grandes opposantes afin de la défaire.

Pourtant, elle n’avait fait ni l’un ni l’autre. Elle l’attendait, elle l’observait, elle l’écoutait.


« « J’ai trouvé un moyen, Ruusaan. La perfection n’existe pas mais… C’est aussi proche qu’on peut en faire. C’est un plan si fou qu’il en est brillant. Tu n’as pas idée de ce que cela m’a coûté mais… Il fallait que je le fasse. Le choix ne se posait même pas. Je devais… Je devais… Laisse-moi remettre mes idées en place et je t’explique. Qu’est-ce qui fait en sorte qu’un espion ne peut pas avoir de retraite ? Fondamentalement ? »


Silenda, la même ombre qui avait croisé récemment le chemin de l’un de ses meilleurs agents, se révélait complètement à nu face à elle, qui représentait pourtant sa meilleure proie et sa plus grande menace. Ses propos se faisaient cependant moins chaotiques à entendre, comme si l’humanoïde à la peau bleue et aux yeux carmin essayait de se reprendre et de canaliser son tourbillon de pensées.

Quelles étaient clairement les intentions de l’agent par rapport à elle, à elles et à elle-même ?

Ruusaan prendrait donc son mal en patience et décida d’attendre encore un peu. Elle haussa un sourcil à la dernière question de l’impériale, comme pour interroger la pertinence de ce questionnement soudain mais garda le silence. Cela devait être de la rhétorique, à savoir une question qui n’attendait pas de réponse car elle n’en nécessitait pas ou elle en recevrait bientôt une.

Elle n’eut guère à attendre avant d’avoir les précisions qu’elle escomptait acquérir.


« C’est ce que nous savons. Ce qu’il y a dans notre tête est dangereux. On peut tenter de lessiver le cerveau d’un agent mais cela finit invariablement par donner un ex agent dans un état neurovégétatif. On peut aussi mettre un implant, un limiteur, mais c’est alors se promener avec une bombe dans la tête. Ce n’est pas une belle façon de finir ses jours. Quelle que soit la faction, il n’y a pas de solution miracle pour régler ce problème. »


Elle ne lui apprenait rien de nouveau hélas sur ce point. Cela devait être l’un des quelques points de concordance dans les pratiques des Services de renseignement des trois grandes factions, et l’une des grandes problématiques communes de gestion des ressources humaines. Ruusaan avait déjà été confrontée à ce genre de situations, que ce soit en tant que Commandeur ou en tant que Directrice. Cela ne voulait pas dire cependant que cela avait été des choses faciles, bien que… nécessaires. Dès lors que l’on montait suffisamment en grade, on devait plus alerte, attentif sur ce genre de réalités.

C’était l’une des finalités sur lesquelles les agents, peu importe le grade, partageaient la fin venue.

Comment Silenda comptait s’y prendre, pour contourner ce résultat apparemment inéluctable ?


« Sauf si bien sûr… On est assez fou ou désespéré pour contempler l’impossible. L’impensable. Imaginons que demain tu prends ta retraite. Que fera la République? Elle désactivera tes meilleurs implants, t’imposera un limiteur et tu finiras en résidence surveillée pour le restant de tes jours. Une belle prison dorée en remerciement de tes bons et loyaux services. Est-ce que c’est une fin heureuse? Définitivement pas. Non. »


Contempler l’impossible, l’impensable… un sourire amusé se tissa sur les lèvres de Ruusaan. N’était-ce pas là ce qu’attendaient d’elles leurs homologues, leurs politiciens et leurs agents ? Ce sourire se dissipa bientôt face au sujet qu’elle abordait autour de leur inéluctable finitude. Ce n’était effectivement pas une perspective encourageante, et ce n’était, indiciblement, pas un avenir qu’elle souhaitait tant pour Jaster que pour ce qui avait commencé à altérer lentement sa liste de priorités.

Anade préféra affecter pour l’heure une expression cordiale et égale, ses yeux bleus artificiels posés sur Silenda avec assurance et grande attention. Elle avait envisagé elle-même différents scénarii pour essayer d’altérer un peu le cours des choses potentiels lorsqu’elle déciderait de revenir à la vie civile, sans trouver aucun autre résultat qui ne la satisfasse, et qui n’expose pas à l’excès ses frères. Jaster lui avait déjà évoqué, à la fois sur le ton de la plaisanterie entremêlée de grand sérieux ; qu’il pourrait envisager de faire en sorte qu’elle disparaisse des radars en la faisant passer pour mort, « corps » et prothèses à l’appui. Elle connaissait cependant assez les Services pour ne pas prendre ce risque, l’option avait des chances de réussir, mais aussi de grands risques de répercussions. La supercherie ne durerait guère longtemps, Anade était la mieux placée pour en être certaine.

Ses simulations intellectuelles, mentales, continuaient de faire tourner une partie de ses rouages intérieurs et invisibles face à cet inextricable problème, toujours plus pressant au fil du temps.

Quelque chose pourtant dans le ton de Silenda indiquait qu’elle n’en pensait pas de même.


« Mais que se passerait-il si un… Accident… Endommageait les implants ajoutés par les renseignements républicains tout en causant une amnésie aussi durable qu’irrémédiable? Tous les tests possibles et imaginables ne pourront donner qu’une seule conclusion : pratiquement par miracle, Ruusaan Anade va pouvoir reprendre la vie où elle l’a laissé, se réapproprier le fil des événements et connaitre un nouveau départ. Un retour aux sources. »


C’était une possibilité pour le moins… intéressante et pas trop tirée par les cheveux, de l’œil d’un agent. Son corps étant composé à près de 70% de ses membres par des implants artificiels – pour recoller les morceaux laissés par le souffle de l’explosion et par le Sith afin qu’elle puisse survivre – il était possible de l’endommager assez par la technologie EMP afin de l’immobiliser. C’était l’une de ses plus grandes failles au combat, avec laquelle elle devait composer au quotidien.

Plutôt que de partir dans un franc éclat de rire, Ruusaan garda le silence avec un air réfléchi. La tâche était cependant délicate, si elle ne voulait justement pas altérer son psyché au point de sombrer dans un état végétatif, tant physique que psychologiquement. Il ne lui restait plus que son âme après tout de proprement intacte, après la vie compliquée qu’elle avait pu rencontrer.

La perspective que Silenda puisse vouloir irrémédiablement endommager les Renseignements Républicains en la mettant hors-jeu lui traversa par réflexe l’esprit. Cependant, plusieurs arguments entraient en contradiction avec cette hypothèse. La vulnérabilité claire et indéniable dont faisait preuve la Chiss, tant dans ses propos que son attitude, opposée à son sang-froid plus ordinaire. Anade voulait bien croire en son instinct, s’il était complété par des observations plus qu’éprouvées.


« Avec… Les Mandaloriens, peut-être? Ils ont la technologie pour remplacer les implants qui seront inévitablement endommagé bien au-delà de toute réparation possible. Et cela ne t’empêchera pas de continuer d’aider la République Galactique et de combattre l’Empire. Simplement, tu ne pourras plus faire autant de dommages qu’avant car tu ne seras plus la directrice des renseignements républicains. Les statistiques sont formelles. »


Était-ce une simple coïncidence ? Anade ne croyait pas aux coïncidences. Silenda était juste très bien informée comme on s’y attendrait de la part d’un officier supérieur de la faction opposée. La République n’aurait aucun intérêt en effet à chercher à réparer ses implants, s’ils ne pouvaient plus bénéficier de son intellect en retour. Les Mandaloriens étaient plus pragmatiques… et elle n’y serait pas totalement une arueti. Le raisonnement se tenait… au moins, hypothétiquement, en théorie.

Ruusaan fut prise de court lorsque l’impériale se jeta vers elle. Son corps se tendit par réflexe dans l’optique de se défendre face à une attaque… qui ne vint pas. Sa rivale ne cherchait même pas à l’immobiliser pour prendre le dessus en exploitant sa surprise et sa garde inhabituellement baissée. Son bras artificiel et ses jambes cybernétiques étaient prêts à frapper de toute leur force augmentée au besoin pour se dégager… sauf que la prise de son opposante était entièrement relâchée, comme une curieuse étreinte. Tant son attitude que ses réactions reflétaient un bouillonnement émotionnel indéniable, quoiqu’étrange et peu attendu. Ses paroles étaient froides et passionnées à la fois.

Elles n’étaient pas ennemies, mais rivales, sans quoi cette rencontre n’aurait pas eu lieu. Ruusaan avait remarqué que si la chiss avait envisagé sa retraite, elle n’avait pas pensé à sa propre retraite.

Son attitude avait le parfum des adieux pour des retrouvailles qui étaient lointaines, incertaines.

Anade était disposée à en venir aux mains si la situation le réclamait et outrepassait la seule discussion de l’esprit qu’elles menaient jusque lors. Elle n’était cependant pas dans une posture à son avantage, pas plus que Silenda en fait. Elles étaient sur un pied d’égalité, au bord de leur falaise.

C’était comme si elles dansaient sur des fils invisibles, les pieds nus, dans l’obscurité la plus totale. C’était effrayant, grisant et excitant à la fois, les chaînes du devoir tintant dans le vent de la liberté.

Ruusaan aurait pu très bien exploiter cet instant de faiblesse de son adversaire. En d’autres circonstances, elle n’aurait même pas hésité l’ombre d’un instant à en faire ainsi. Repérant l’ouverture, elle se serait faufilée comme une ombre, telle une couleuvre, dans l’interstice pour broyer tant de l’extérieur que de l’intérieur son opposant… mais le contexte ici était tout autre.

Là, elle n’était pas venue que pour la République. Ici, elle était aussi venue pour elle-même. Cela avait représenté sa première décision plus personnelle, laissant au placard ses galons d’officier.

Cela faisait longtemps déjà que les honneurs avaient perdu de leur éclat et de leurs couleurs, quand elle avait pu constater les circonstances de leur obtention, des pansements sur des plaies béantes.

Elle était disposée à écouter et à entendre ce que sa rivale avait à lui dire, de si pressant et brûlant.


« Après aujourd’hui, Ruusaan… Lorsque nous nous reverrons… Tu ne te souviendras plus de moi. Si je suis chanceuse, et je ne crois pas à la chance, j’aurai laissé un impact si durable sur ta psyché que tu me reconnaitras… Sans savoir où, comment et pourquoi. Mais ce ne sera plus jamais pareil. Ah, si tu savais toutes les opérations que j’avais préparé pour poursuivre notre duel… Notre danse… Mais… Mais… Je… Tu… »


Silenda croyait donc vraiment dans le potentiel de succès de la folle entreprise qu’elle voulait leur faire entreprendre, tant pour sauver la peau de Ruusaan dont l’âme était peu à peu vampirisée par son devoir que pour ne pas rompre ce lien étrange qui semblait les rapprocher. Était-elle prête à courir de ne même plus se rappeler de ses frères de tout sauf de sang, de se remémorer les leçons de ce qu’elle avait eu de plus proche d’une mère, de se souvenir du visage de son bien-aimé ?

Pour briser les chaînes qui la meurtrissaient en silence, qu’était-elle prête à sacrifier en retour ?

Un rictus la transit en pensée, en songeant que toute sa vie durant, avait présidé le sacrifice.

Elle s’était sacrifiée dans l’optique de réussir une mission mais aussi et surtout de sauver ses frères, en se ruant vers une mort certaine contre un Sith. Elle avait sacrifié dix années de l’existence afin de survivre, piégée dans un cercueil de glace à mi-chemin entre la vie et la mort. Elle avait sacrifié dix autres années de sa vie au nom de la République, cherchant un sens à son existence dans un monde qui lui paraissait transfiguré, dans lequel elle avait eu et avait le sentiment d’avoir perdu sa place.

Elle ne voulait pas sacrifier le peu qu’il lui restait. C’était un autel sur lequel elle ne saurait prier.

Et si son analyse était correcte, si elle avait bien jugé Silenda après toutes les passes d’armes à distances auxquelles elles s’étaient livrées à esprits perdus… la chiss était vraiment secouée. Soit elle avait finalement perdu l’esprit, soit elle s’apprêtait à abandonner un pan de sa propre âme.



« Tu as tout donné, n’est-ce pas, Ruusaan? Je te fais le pari que tu t’es récemment réveillé un matin et tu as eu un haut le cœur en pensant à ton travail parce que tu n’en peux plus. Tu te forces à accomplir ton devoir car c’est ainsi qu’ils t’ont piégé. Avec des idéaux d’honneur et de service à rendre. J’ai quitté les miens pour rejoindre l’Empire car on m’a enfoncé dans la gorge les mêmes mensonges. Tant de similitudes entre nous… »



Jamais quelqu’un n’avait réussi à lui envoyer, telles des armes de pugilat acérées, un constat aussi précis et tranchant de ce qui la taraudait sans qu’elle ne veuille le reconnaître vraiment elle-même.

Une véritable lame de scalpel affûtée… Silenda était à la hauteur de ses attentes, sur ce point aussi.

Ruusaan avait fait de son mieux, en effet, à marcher sur ses propres principes, à passer ses journées à débattre avec sa conscience voire à la museler pour réussir, en étant convaincante et efficace, à mener à bien des missions dans lesquelles elle croyait de moins en moins, se reconnaissant de moins en moins dans cette République qui évoluait plus vite dans ses mentalités qu’elle-même.

Elle n’en pouvait plus, pourtant, bien qu’elle ne l’aurait jamais admis autour d’elle. Elle était trop fière pour celle, trop zélée. Elle avait réussi, à force d’efforts, à donner très bien le change, à susciter et à entretenir l’illusion d’une Directrice sûre de ses décisions, au-delà de tout reproche.

Cela lui faisait mal de l’admettre, mais cette fois, elle était le papillon qui avait été pris dans la toile gluante et implacable des fils de l’araignée qu’était la République et ses rouages politiques.

Si proches… et pourtant si différentes ! Que savait Silenda vraiment d’elle ? Cernait-elle vraiment la personnalité de la commando clone, dont le cœur palpitait encore quelque part dans les méandres de son être, de cet être écharpé et un temps écarté de son temps ? N’était-elle pas arrogante ?

Où se trouvait la limite entre le mensonge et la vérité ? Où était la frontière entre la manipulation et la confidence ? Où était la distinction entre la bienveillance et l’instrumentalisation ?


« Et pourtant si différentes… Peut-être que je me trompe de façon colossale, que toutes mes analyses et mes calculs sont erronés. Que je viens de t’exposer un plan, des idées et que j’ai fait preuve de vulnérabilité sur un scénario qui n’existe que dans ma tête. Peut-être. Rien n’est impossible. Mais… Ce n’est pas la sensation que j’en ai. Ce n’est pas ce que je crois percevoir. Et de façon plus égoïste… En te sauvant toi, je sauverai une part de moi. »


Et elle était là sans doute, la raison majeure qui motivait Silenda dans une entreprise aussi insensée. C’était presque un appel à l’aide, plus qu’une simple proposition d’aide. Elle voulait de l’entraide. Ruusaan ne bougea pas, ses sens tout à fait en alerte au souffle et aux gestes, même infimes, de sa rivale. Elle voulait comprendre l’incompréhensible, elle voulait trouver le sens du geste insensé.


« Quand mon heure viendra, Ruusan, je veux pouvoir regarder mes supérieurs dans les yeux et leur dire exactement ce que j’ai fait, comment je t’ai donné une seconde chance, comment encore une fois mes principes ont pris dominance sur leur volonté fermée et si désespérément conservatrice. Mon histoire ne peut pas connaitre de fin heureuse. Je ne peux pas avoir d’enfants. On ne me laissera pas en adopter. Et si je meurs… Bien… »



Et Ruusaan ne pouvait plus avoir l’égoïsme de ne penser qu’à son devoir, qu’à ce qu’elle voulait. Elle n’était plus seule désormais, et ce à bien des égards. Elle avait fait plus que son devoir après toutes ses années, il était peut-être temps de terminer son service sans se faire asservir de nouveau. Elle devait bien à Jaster des années de bonheur, lui qui ne l’avait pas oubliée toutes ces années. Elle devait bien à ses frères de ne plus se ronger le sang avec ses activités, de les rejoindre pour constituer vraiment cette espèce de grande famille qu’ils voulaient tisser, le service terminé.

Ses agents et ses officiers étaient excellents, mais n’excellaient pas comme son ancienne escouade. Ce n’était pas pareil. Elle ne pouvait pas tirer un trait sur les leçons et le vécu de toute une vie.


« Il n’y aura pas de legs derrière moi. Mais si tu vis… Si c’est moi qui te donne une seconde chance… Alors je survivrai à travers toi. Ruusaan, si tu savais comme faire ce que je vais faire me rempli de joie et me déchiquète le cœur en même temps… Tu es tellement plus qu’une simple rivale. Tellement, tellement plus… Tu es… Une âme sœur, en un sens. Mais moins loin sur le sentier de la damnation que moi. Tu peux encore être sauvée… »


Un héritage. D’un certain point de vue, le moment était bon pour se retirer avant de sombrer dans une névrose et de risquer une chute aussi douloureuse et amère que « M ». Elle avait déjà laissé un héritage pour la République. Ellora pourrait aider à la transition, les Renseignements étaient déjà bien plus fonctionnels et moins corrompus qu’au début de sa carrière jusqu’à la fin de son mandat de Commandeur. Elle avait des officiers de confiance qui pourraient prendre le relai et continuer le combat qu’elle avait commencé et la guerre à laquelle elle était en train de les préparer, avec soin.

C’est alors que Silenda se rapprocha et l’embrassa sur les lèvres, d’un baiser passionné et désespéré à la fois, brûlant et assoiffé. Le dernier fil de la toile de l’énigme venait de se relier aux autres.

C’était sans doute cela, le prix qu’elle lui demandait en échange de cette clé des champs. Elle n’aurait que quelques secondes pour se décider. Ce serait les dernières concessions qu’elle ferait. Bien entendu, Ruusaan pensa à Jaster et à l’amour sincère qu’elle ressentait envers lui, qu’elle avait pourtant tant de mal à exprimer maintenant, ainsi embourbée dans l’esprit d’une espionne.

Elle ne voulait plus être réduite à n’être qu’Anade. Elle voulait redevenir Ruusaan, simplement.

Elle voulait refaire honneur au prénom qu’on lui avait donné, être celle sur qui ils pourraient compter. Elle voulait, en silence, être une personne de confiance plutôt qu’un amas de mensonges.

Ruusaan avait toujours été une femme de concision, qu’il s’agisse d’avant ou de maintenant.


- Sauvons ce qui peut l’être, tant qu’on le peut encore.


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"Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu"

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Silenda
Silenda
Commandant de l'Imperial Intelligence
Commandant des Renseignements Chiss
Commandant de l'Imperial Intelligence  Commandant des Renseignements Chiss

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le Mar 11 Fév - 2:36
Silenda est un personnage extrêmement complexer à cerner et les révélations qu’elle a fait à Ruusaan, le peu qu’elle en ait fait, sont extrêmement… Perturbantes? Car on oublie souvent qu’il y a une personne derrière l’espionne. Qu’il y a quelque avec des sentiments, des convictions et beaucoup de rêves brisés. Pour que Silenda prenne autant de risques, et il est possible que Ruusaan ne réalise jamais réellement toute la valeur qu’elle a à ses yeux, c’est qu’il aura fallu bien plus que du simple pragmatisme pour tricher sa propre situation ou de la simple pitié pour une rivale. C’est en quelque sorte son cadeau d’adieu à Ruusaan, avant sa renaissance, si on peut appeler la chose ainsi. Très clairement, quoi qu’il se passe ensuite, pour l’une, la promesse d’un futur et qui sait, de bonheur, si la galaxie le permet. Pour l’autre… Une agonie encore plus insoutenable.

Sa plus grande rivale, une personne qu’elle respecte encore plus que l’impératrice (bien qu’elle commence à développer quelque chose de plus… Complexe avec cette grande romantique et ses idées parfois si décalées par rapport aux impératifs de la guerre et plus fondamentalement, de l’espionnage), comme il a été précédemment mentionné. Elle lui offre une deuxième vie, une renaissance mais en même temps, elle tue, en un sens, cette même rivale. Jamais plus Ruusaan ne sera la même, motivée, dans un futur proche, par des aspirations guerrières et non plus le subtil ballet de l’espionnage. Cette république maudite pour laquelle elle n’éprouve que davantage de mépris aura poussé à cette décision cruciale le plus fin cerveau que ses renseignements aient connu. Son triomphe sera aussi sa grande agonie. Faire son deuil de Ruusaan… De l’ancienne Ruusaan… Ne sera pas facile.

Rien ne l’est vraiment en ce bas monde et le plus dur fut de devoir considérer qu’elle ne tuait pas vraiment Ruusaan, même si Ruusaan ne sera plus tout à fait Ruusaan. Jamais Silenda ne tue de sa main. Jamais. Et même pour sauver sa rivale, elle n’aurait pas été capable de faire ce pas de plus. Heureusement qu’avec une rhétorique comme la sienne, on peut expliquer un grand nombre de choses. Un dernier verre, Ruusaan, dit l’espionne. Pour célébrer la fin de notre rivalité et, serais-je suffisamment folle pour l’espérer, le début… D’une amitié, qui sait. Je n’aurai plus exactement de raison de chercher constamment à te contrer puisque ton monde ne sera plus celui de l’espionnage, ce qui offre des… Possibilités. Ne brise pas mes espoirs, ajoute-t-elle. Fussent-ils illusoires, ils me permettront de faire le nécessaire. Un toast, donc, propose Silenda, avec un sourire.

Mais Ruusaan sait sans forcément le voir ô combien sa rivale souffre. Combien elle utilise ce masque qu’elle revêt non pas pour tromper la cyborg mais pour ne pas s’effondrer. Silenda ment-elle au monde ou se ment-elle à elle-même? Et non. Elle ne fera pas immédiatement ce que Ruusaan demande, ce qui est nécessaire. Elles ont encore quelques heures devant elle et Silenda compte garder un maximum de souvenir de sa plus grande rivale. Il y a même prise de quelques photos où les deux femmes sont vraiment heureuses. Car malgré ce qui va inévitablement se passer, dans leurs derniers moments de rivalité… Quelque chose de beau et d’indélébile est né. Si seulement la guerre ne les avait pas placées dans des camps opposés… Si elle avait travaillé avec Ruusaan, aurait-elle été capable de faire la même chose? Elle s’est souvent posé la question, ces derniers mois. Souvent…

Et puis arrive un moment où il faut y aller. Faire cet ultime pas. Je voudrais te dire que je suis désolée pour la souffrance que je vais te causer, nous causer, dit-elle. Mais ne dit-on pas que tout grand artiste accouche dans la douleur? Quelle délicieuse ironie de te… Mettre au monde… Alors que je ne peux avoir d’enfants, conclut-elle. Encore cet aspect des choses qui revient. Espère-t-elle voir au travers des yeux de Ruusaan, un jour, ce qu’elle désirerait, qu’elle n’aura jamais, mais qu’elle aura pu donner à celle qui a su remettre de la saveur et de la passion dans une vie trop marquée par la douleur et le doute, oppressant, étouffant, omniprésent… Quelle… Cruauté… Arcanis a son fanatisme et un lien particulier avec sa souveraine qui transcende la simple catégorisation. Ruusaan va retrouver les siens, les mandaloriens et pourra enfin vivre sa vie. Et elle… N’a ni n’aura jamais cette... Ancre.

Oh j’oubliais presque. Autant être honnête jusqu’à la dernière seconde, non, avant de devoir te mentir pour te protéger? Considère cela comme… Mon ultime cadeau d’adieu. Un mot que je vais implanter en toi. Si jamais un jour… Tu as besoin de moi. Sincèrement. Ou si la vie se montre moins cruelle et que tu te rappelles de moi… Alors tu déclencheras… Quelque chose. Tu sauras où aller. Tu trouveras le moyen de me contacter. Et je viendrai. Pas sous cette forme, pas sous mon apparence normale. Mais nous nous reverrons, Ruusaan. Et avec un peu de chance, les émotions heureuses de nos derniers moments ensembles sauront paver la voie pour cette nouvelle danse que nous mènerons, conclus la maitresse espionne. Comment peut-on à ce point penser à tout? Ouvrant un coffret qui a été sur la table depuis le début, Silenda sort un dispositif qui est un vrai travail d’orfèvre. Prends ma main, s’il te plait, Ruusaan. Je vais avoir besoin de ta force pour ne pas flancher.

Ensemble, les deux femmes établissent un moment où il sera « sécuritaire » de ramener les souvenirs de Ruusaan. Patiemment, minutieusement, la républicaine aide l’impériale à ce que ce soit le plus parfait possible. Enfin, Ruusaan s’allonge, Silenda lui tient toujours la main. Pointe… Et appuie sur le bouton qui va déclencher cette renaissance. Ruusaan aura à peine eu le temps de sentir une douleur insoutenable, comme si on forait directement dans sa tête, dans son esprit, dans ses souvenirs. La plupart de ses implants sont instantanément et irrémédiablement détruis. Elle vivra. Bien entendu. Car Silenda ne fais jamais rien à moitié. Comme elle a l’air paisible… Rapidement, elle récupère son déguisement holographique et la voilà sous les traits d’un officier de la République. Quinze minutes plus tard, c’est comme si les deux femmes n’avaient jamais été ici. Comme il se doit d’être.

La suite se met en place et Silenda a l’impression d’être un automate opérant selon un programme donné. Le vaisseau de Ruusaan, saboté et détruit. Son propre vaisseau, républicain également, subtilisé dans le plus grand secret, endommagé au point où un niveau de radiations en doses pour le moment non mortelles sont en train d’envahir l’habitacle. Ruusaan, dans sa cuve de bacta, ne se rendra compte de rien. L’appel de détresse, la réponse prévisible et rapide de la République, la réalisation de ce qui est arrivé à la directrice des renseignements, le branle-bas de combat… Et dans toute cette agitation, qui remarquera l’autre rescapée « disparaitre »? On retrouvera son corps bientôt. Empoisonnement par radiations dues à des fuites du réacteur, initialement sous-estimées. Le long débat qui suivit sur quoi faire de Ruusaan avant de jouer le jeu de Silenda à la virgule près. Et ultimement… Ruusaan rendue aux mandaloriens. À Jaster.

ÉPILOGUE

Ruusaan est enfin de retour parmi les vivants. « Reconstruite » par des implants mandaloriens, la République n’étant pas prête à investir dans une ressource qui a perdu son utilité. Exactement comme l’avait prévu Silenda. Cela a jeté un froid et la perte de Ruusaan bien que gardée secrète a d’abord été exploitée de façon dévastatrice par le Consortium Éternel mais avec une certaine prudence de la part de l’Imperial Intelligence, moins enclin, en apparence, à croire cette folle rumeur. Elle est parmi les siens, chez les mandaloriens et plusieurs clans, dont le clan Eldar, sont venus saluer la renaissance de cette fière guerrière. Pendant que les discussions vont bon train à l’extérieur, une guérisseuse mandalorienne ne quitte pas le chevet de Ruusaan. Elle a quelque chose de familier… Sans savoir pourquoi. Quel est ton nom, demande faiblement Ruussaan. Pourquoi cette curieuse sensation?

Kerbilina Nova, répond la guérisseuse en souriant. Cette façon de sourire aussi semble lui rappeler quelque chose. À quel clan appartiens-tu, demande Ruusaan. Mais la guérisseuse n’a pas le temps de répondre car Jaster Skirata entre dans la pièce pour voir l’état de la « patiente ». La guérisseuse le salue poliment, regarde la mandalorienne et lui dit : nous ne reverrons, fière miraculée. Pour honorer une promesse. Pour Jaster et Ruusaan, un peu énigmatique mais rien d’anormal dans une culture si riche que celle des mandaloriens où la tradition et l’honneur sont extrêmement importants. Et alors que tout le monde est occupé, la guérisseuse quitte le bâtiment et se fond dans les ombres. Kerbilina Nova. Une anagramme de deux mots.  Kebiin et Ranov'la. Le premier veut dire bleu. Le deuxième veut dire secret. Et son ancienne adversaire s’en serait immédiatement rendue compte.

Cela veut dire deux choses. La première, l’ancienne Ruusaan n’est plus. Aussi définitivement qu’initialement anticipé. La seconde, elle l’a reconnu. Pas en tant que Silenda, bien sûr. Elle n’a pas les traits d’une Chiss. Mais elle a bien fait exprès d’utiliser certaines mimiques que Ruusaan connait d’elle et elle a répondu favorablement. Ce qui veut dire qu’il y a une chance. Une vraie chance que ce soit un renouveau pour elles deux. Et autant l’agonie de cette séparation, d’avoir perdue sa plus grande rivale, la déchire, autant la possibilité de… Recommencer à nouveau… Pendant le trajet du retour, le barrage cède enfin. Dans la solitude, là ou personne ne la voit, Silenda pleure, autant de tristesse que de joie que de colère que d’espoir que d’amertume que de… Foi. Quand fut la dernière fois que quelque chose l’eut mise dans un tel état? Quand elle avait encore un nom.

Quand elle était encore une personne, avant de devenir un instrument d’état. Quand elle arrive au QG de l’Imperial Intelligence, elle est redevenue celle qui porte le masque. Elle retourne à son bureau comme si de rien n’était. Son officier en second lui dit même : vous semblez d’excellente humeur aujourd’hui, commandant. Elle lui sourit, lui dit qu’elle sera dans son bureau et qu’elle ne veut pas être dérangée. Une fois seule dans son bureau, elle lance un protocole et à des années lumières de cela, pendant que Ruusaan se repose, un datapad, son datapad, s’ouvre et commence à faire jouer de la musique. Et la voix de Silenda, sa vraie voie, se fait entendre. Cette chanson, elle a bercé Ruusaan pendant son renouveau. Tellement de circonstance d’ailleurs… Un ultime hommage à son ancienne adversaire. Un cadeau pour sa potentielle future amie. Mais avant toute chose. Enfin…

Un legs. Un héritage. Avec une mention cryptique. À Ruusaan. Maintenant et à jamais.




Spoiler:
Begin again in the night
Let's sway again tonight
Your arm on my shoulder
Your cheek against mine
Where can we go
When will we find that we know

(Instrumental break)

Where can we go
When will we find that we know
To let go
Begin, begin again tonight

Opération « Begin Again » Terminée. Statut de l’opération : Succès.





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