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Chez soi. [Solo]

le Ven 25 Jan - 19:52
Les voyages en hyperespace... C'est long! Passer son temps à regarder ce tube bleu et blanc continue... De quoi devenir fou! Ou complètement zinzin suite à l'hypnotisation de ce dernier. Bon aucun cas n'avait été recensé dans ce sens. Mais quand-même! C'était chiant. Oui d'accord on traversait la galaxie à une vitesse folle et c'était clairement plus la joie que les caissons d'hibernations. Vous imaginez? Revenir chez vous et tous les gens que vous connaissez sont soit mort ou ils ont alors deux fois votre âge. Ouai non, c'est clairement plus cool mais ça n'en reste pas moins ennuyant comme trajet lorsqu’on n’a rien à faire. Si on pouvait compter le nombre de vis, de plaque, de rivet interne au vaisseau mais... C'est d’un ennui... Leucinia semblait pourtant avoir trouvé une occupation à l'intérieur de son vaisseau. Vêtue uniquement de lingerie sportive, elle avait pris place dans la cabine. En pleine séance au poids du corps, assise par terre avec les jambes collées et tendues ; elle plaça ses mains de chaque côté de son bassin. A plat sur le sol froid à une dizaine de centimètres chacune de ses abducteurs, les doigts écartés ; les bras légèrement pliés. Contractant ses muscles et tendant ses bras, elle leva son fessier du sol, contractant sa ceinture abdominale. Ses jambes et ses pieds ne touchaient plus non plus le sol. La difficulté de l'exercice était là, maintenir ses jambes droites, parallèles au sol. Contrôlant son centre de gravité en bougeant légèrement le bassin vers l'arrière, Leuci plia ses jambes et les ramena le plus possible vers elle. Ses genoux venant à une vingtaine de centimètres de sa poitrine sur un plan horizontale. Laissant une seconde passer, elle déplia ses jambes pour les remettre parallèle au sol.

La jeune femme effectua cette opération une vingtaine de fois, tenant une position stable au départ à une position des plus tremblante. Ses bras avaient de plus en plus de mal à maintenir la position, tremblant comme jamais. Ses jambes peinaient à revenir à leurs positions droites. Les gouttes de transpirations déjà présentes d'avant c'étaient multipliés. Coulant de tous son être, notamment de son cuir chevelu, lui traversant le visage. Le sol présentait des petites flaques dans lequel elle se posa lorsqu'elle relâcha la pression de ses bras. Le cul par terre, elle s'étala par terre en étoile. Soufflant à plein poumon, sa main vint caresser son ventre tellement il semblait crisper. Elle resta ainsi quelques secondes à respirer comme si elle venait de faire un marathon. Réussissant à se rassoir, elle s'essuya le visage avec une serviette puis attrapa sa bouteille d'eau pour boire quelques gorgés. Se relevant avec difficulté, elle sentit la douleur des crispations de sa ceinture abdominale et de ses bras partir. Allez, c'était bientôt la fin de sa séance, encore quelques efforts et une bonne douche chaude l'attendait. Attrapant sa corde, elle se mit en position pour faire de la corde à sauter. Prête à commencer, c'est là qu'elle s'aperçut que sa playliste c'était stoppée. Un peu de musique pendant l'effort, c'était toujours appréciable. Devant l'enceinte, elle fit défiler la liste de lecture. Bon, les chants mandaloriens pourquoi pas mais là pas envie. Du rock? Mouai non... Ha voilà! Du New Retro Wave! Lecture! Reprenant sa corde, le corps droit, elle commença pied joint puis alternant un pied sur l'autre. Encore et encore, elle enchaina parfois en faisant passer la corde deux fois avant de retoucher le sol avec un appuis. Pendant ses sauts, elle chantait à tue-tête les refrains de différents morceaux qui passaient. 'Sunsets, no regrets. First chance, last dance, stuck in the middle. Even I've got it, not gonna lie.You taste so sweet it hurts a little' ; 'Oooh, Oooh, Oooh, Oooh. Oooh Jason. Tell me what you're chasin. Because the night will never give you what you want. Oooh Jason. And if you can't escape it. I hope you find whatever you've been looking for' ; 'Play that movie, I want you to smile, Shut out all the worries, dream away for a while, The look you had in your eyes back then, We'll pretend, It's '85 again'. Après une vingtaine de minute à sauter sur place, elle lâcha sa corde par terre, soufflant un bon coup.

Attrapant sa bouteille d'eau, elle l’a bu d'une traite avant d'inspirer comme une personne en manque d'air. Ce qui était son cas à vrai dire. Mais la mandalorienne avait tellement soif sur le moment. L'inspiration d'air la fit tousser. Elle se dit que c'était malin... Bougeant la tête de gauche à droite en écoutant la musique, elle poussa le pas pour aller dans le coin douche de la cabine. Oui c'était génial, elle avait une douche dans sa cabine! Pas comme ce mmorpg, c'était quoi son nom déjà? Ha oui swtor! Non mais quelqu'un a déjà vu des douches dans les vaisseaux personnels dans ce jeu?! Je ne vous dis pas l'odeur... Non je ne veux pas y penser! Se regardant dans le miroir couvert de sueur, elle alluma le robinet d’eau de l’évier afin de se mouiller le visage et le cou. Cette sensation de fraicheur dû au contact de sa peau brûlante par l'effort et l'eau fraîche lui fit le plus grand bien. Passant sa main dans ses cheveux, elle détacha sa queue de cheval pour les laisser retomber comme ils le voulaient. Elle enleva son bandage qui était plein de sueur. Continuant de regarder son reflet dans la paroi du miroir, elle observa ses orbites vides. C'était à la fois fou, impressionnant et étrange ce que la nature pouvait faire. Présentant des cavités oculaires vide, comme un prolongement de son front. Mais avec la présence de sourcils. Comme quoi, des millénaires sur Alpheridies passé à proximité de la naine rouge du système d'Abron... C'était pas des plus cool! Cette étoile qui émet principalement dans le spectre infrarouge avait développé son espèce à voir à travers la Force. Utilisant cette dernière de façon inconsciente. Suite à quoi, l'évolution aidant, leurs yeux ne servant plus à rien disparurent. Elle se demanda si son espèce était humaine à la base. Mais qui pourrait dire? Ces données ayant été perdu au fil des millénaires, bien avant l'arrivée des Miraluka sur leur monde actuel. L'avantage, c'st qu'elle ne risquait pas de se mettre du savon dans les yeux.

Bougeant ses bras pour passer ses doigts dans ses cheveux, elle les sentit lourds. Ressentez cette tension des muscles soumis à un stress intense! De quoi faire vomir certain! Toujours en se fixant, elle s'interroger sur sa futur rencontre avec sa mère. Celle-ci serait probablement musclé. Et difficile. Leuci ne savait pas vraiment comment aborder la chose. Dans sa tête se passait nombre de film possible et illusoire. Le voyage pour Mandalore était long. Lui laissant le temps d'y réfléchir. De trop y réfléchir. Laissant le temps à l'esprit de se torturer encore et encore. Il n'y avait rien de pire comme ennemi que son 'moi intérieur'. Se dire comment. Pourquoi. Et si. Peut-être. Tant de question qui ne trouvent pas de réponse. Ne laissant place uniquement qu'à des échappatoires pour repousser le véritable moment. Baissant la tête, elle soupira. Elle verrait bien ce qu'il adviendrait en face de sa mère. Mais une chose était sûre, cela faisait longtemps qu'elle était partie aujourd'hui. Cela faisait maintenant près d'une année qu'elle c'était déclaré Dar'manda. Le mal du pays commençait à se faire sentir. Chassant ses doutes intérieurs, elle décida de prendre une douche bien méritée après cette grosse heure d'activité physique. De deux doigts, elle descendit la tirette de la fermeture éclair de son soutient gorge de sport. Arrivant sur son dernier croché, le vêtement se détacha, laissant bondir sa poitrine. Descendant les bretelles, il tomba au sol, suivit peu après d'un shorty des plus humidifié. Faisant demi-tour, elle se plaça sous la pomme de douche. Il n'y avait pas de séparation. Uniquement un espace assez grand pour ne pas remplir le lavabo lors de la douche. Allumant l'eau chaude, elle laissa l'eau ruisseler sur ses cheveux pour ensuite rouler sur sa peau. Se massant le cou avec ses mains, elle leva la tête pour se mouiller le visage. Une bonne douche chaude pour apaiser la peau. Ouvrir les pores et les nettoyer. Des bulles d'eau coulaient le long du mur, dû à la condensation entre l'écoulement de l'eau chaude et la froideur de l'enceinte. Posant une main sur le carrelage noir qui recouvrait la paroi de douche, elle regarda le sol et resta planté ainsi une bonne dizaine de minutes. Ne bougeant que par moment la tête sur la droite ou la gauche. Que la sensation était bonne. Après s'être lavé, elle enchaina avec une douche froide. Permettant par la même de favorisé la circulation du corps, favorisant l'apport d'oxygène et de nutriment aux muscles. Une longue douche, un des rare moment où Leucinia ne pensait à rien. Absolument rien. Se laissant porter par l'écoulement de l'eau.

Mais comme dirait je ne sais plus qui, toutes les bonnes choses ont une fin. Coupant l'eau, elle sortit de la douche. Attrapant une serviette, elle s'entoura le corps avec sans prendre la peine de s'essuyer. Suivit d'une seconde pour ses cheveux. Le soucis d'avoir une telle longueur, c'est que l'on passe beaucoup de temps à les essuyer... Tiens, quelqu'un avait posé une serviette là ou Leuci avait fait sa séance. Leska? Après tout qui d'autre? Elles n'étaient que deux dans ce vaisseau. Et il y avait cette... Table? Qu'est-ce que c'était que cette histoire? Et elle qui attendait tout sagement à côté. Levant un sourcils, elle approcha toujours en se séchant les cheveux et lui demanda de quoi il s'agissait. Note pour plus tard, verrouiller la cabine. L'androide l'invita à s'allonger pour un massage. La mandalorienne était perplexe. Télécharger des dossiers qu'elle disait? Moui... C'est pas parce qu'on a vu faire qu'on sait faire hein. Pas forcément très sur, elle s'allongea tout de même. Leska lui retira complètement sa serviette, expliquant que pour un massage, il valait mieux être nue qu'habillée. Après tout pourquoi pas. Des mains chaudes et douces vinrent malaxer la peau et les muscles de la jeune femme. Pour son plus grand étonnement et son plus grand bonheur. Un soupir de plaisir lui échappa lorsqu'elle lui massa les jambes, encore en-raidit par l'entrainement. Rare sont ceux qui font des auto-massages avant et après leur séances. C'est dommage parce que ça participent à la récupération du muscle et favorise l'évitement de crispation musculaire. L'odeur de l'huile de massage était légère. Fruitée. Agréable. La Miraluka se laissa transporter par les mouvements circulaires qu'effectuait l'androide sur son corps. Si ça continuait, elle risquait de s'endormir. Probablement de baver sur la serviette qui recouvrait la table tellement elle était en train de se détendre. Voilà qu'elle repassait sur son fessier pour remonter sur son dos. Un véritable délice. Ses doigts passait et repassait. Longeant les courbes de son corps. Venant masser son entrejambe. Mais sans qu'elle ne s'en rende compte sur l'instant, les doigts de Leska étaient venus masser bien plus que son entrejambe. Touchant l'endroit le plus intime d'une femme.

Hop hop hop! Stop! Elle se releva illico presto. Non mais c'était quoi ce délire? Et pourquoi pas un doigt dans le cul pendant qu'on y était? Assise sur la table, elle fixait l'androide. Mais qu'est-ce qu'elle avait téléchargé comme programme? Allez donc savoir quels câbles c'étaient touchés. Alors ça c'était pas croyable. Leska semblait rougir de honte. Si Leuci avait pu avoir des révolvers dans ses orbites vides, ils auraient déjà fait feu. Elle attendait une réponse. Une réponse qui mit de longues secondes à venir. Donc, après un blanc des plus mémorables, la jeune femme obtint satisfaction. Elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre mais certainement pas à ça. Notre chère amie trouvait Leucinia tendu et stressé depuis qu'elle avait été récupéré chez Sarif Industrie. Non sans blague. La mandalorienne allait juste revoir la personne qu'elle respectait et aimait le plus au monde et affronter son regard parce qu'à l'époque elle avait été incapable de gérer convenablement. Qu'elle avait préféré fuir. Non, aucune raison d'être tendu et stressé. Elle continua lui déclarant que son comportement dénotait un manque de... Là, la Miraluka lui colla la main sur la bouche. Non non, elle ne voulait pas entendre un mot de plus, ni savoir quoi que ce soit d'autre. Se relevant, elle sourit et remercia Leska. Même si la manière était des plus bizarre, le fait qu'elle s'inquiète pour elle toucha la jeune femme. Lui attrapant les mains, elle regarda son corps. Les gars de Sarif avait fait de l'excellent boulot au niveaux des prothèses. Bon, elle avait payé pour aussi. Sans son armure corporel et les traits cybernétiques qui lui parcouraient le corps; avec sa couleur de peau et ta texture ; jamais on ne penserait qu'elle est une androide. Trouvée dans un vieux laboratoire et ramenée à la vie dans des circonstances étranges qu'elle n'oublierait pas de si tôt. Leur connexion ce jour là avait peut-être été plus forte que ne le pensait la jeune femme. Poser la question? Non, ça serait plus amusant de voir l'évolution de leur relation. Elle se souvenait du jour ou elle l'avait déposé pour qu'il la reconstruise.  Un des techniciens qui l'avait examiné avait émis l'idée de la démonter entièrement pour voir de quoi elle était faite. Leucinia lui avait soumis une autre idée, que s'il faisait ça, elle lui enfoncerait ses outils là ou elle pensait. Leska qui à ce moment là n'avait qu'une tête et un tronc lui avait demandé ce qu'elle voulait dire. L'explication claire avait fait virer la couleur de peau du pauvre guss à un pâle très clair. On ne fait pas n'importe quoi avec les affaires d'une mandalorienne. Oui ma caille! Fixant son regard, elle s'approcha de son oreille et lui glissa qu'elle était mignonne. Avant de laisser l'androide reprendre ce massage qui avait si bien commencé et qu'elle termina au grès de son envie...

Un bip rouge s'enclencha sur le tableau de bord. Appuyant et manipulant quelques commandes d'un geste de la main, Leucinia fit sortir le vaisseau de l'hyperespace. Instruisant le pilotage à Leska. Oui on lui avait fait télécharger une tonne de chose comme faire cuir des lasagnes mais le pilotage... Nada! Les étoiles s'étirèrent vers le centre de leur vision pour ne laisser place qu'à une planète verte bleu. Mandalore... Un monde riche en histoire, tout comme son peuple. Planète mystérieuse à bien des égards qui fut l'objet de nombreuses légendes urbaines. Par exemple que la planète n'était qu'une chimère imaginée pour appuyer l'existence des mandaloriens. Comme quoi, la galaxie semble bien plus connaitre Concord Dawn pour ses champs et ses fermes qu'une terre de guerrier! Quel manque d'éducation! Donnant quelques identifiants en entrant dans l'atmosphère de la planète ; elle abaissa le manche de pilotage. Le vaisseau fendit l'air pour descendre sur la croute terrestre. Volant par dessus les arbres, elles purent apercevoir Kyrimorut ; connu autrefois pour être un refuge pour les déserteurs pendant les guerres. Des clones, des scientifiques et même des Jedi étaient passé par là. Situé dans les denses forêts de veshok de l'hémisphère nord, Kyrimorut était bordé d'arbres et assis près d'un grand lac. La localité la plus proche de Kyrimorut est Enceri. A l'époque, le bâtiment principal de l'enceinte était un grand vheh'yaim. Circulaire. Partiellement submergé dans le sol et possédant un toit en herbe qui le camouflait depuis les airs. Ses fenêtres étaient étroites et ressemblaient à des fentes avec des vitres en transparence . Le sol avait été construit avec des panneaux en bois . Une trappe de secours était installée dans le sol, recouverte d’un tapis ressemblant à une corde. Une série de tunnels reliait le bâtiment principal à plusieurs redoutes à proximité. La grande pièce centrale, karyai, était reliée à un certain nombre de pièces adjacentes qui l'entouraient comme des rayons autour du moyeu d'une roue. Le tout disposant d'un arsenal, une cuisine bien approvisionnée, d'une grande salle à manger, d'un laboratoire de recherche et même d'un petit établissement médical. Kyrimorut avait autrefois été conçu pour être isolé, caché et autosuffisante. Bien sur, en un millénaire, le clan avait évolué tout autour, passant d'une mini forteresse à une petite ville. Chaque enfant du clan apprenait l'histoire de Kyrimorut. En son centre résidait un mémorial dédié aux frères et sœurs tombés au combat. Régulièrement, on pouvait voir des mandaloriens se stopper devant et réciter une liste de nom comme le voulait la tradition. Une façon de ne pas oublier les nôtres. Dessus, on pouvait y lire l'inscription 'Rejorhaa'ruetiise meg'oyacyi jorcu mhi r'asham'. Ce qui signifiait en basic, 'Dites aux aruètistes qu'ils ont vécu parce que nous sommes morts'. Leucinia sourit. Elle était chez elle.

Leuci aurait voulu poser l'appareil près d'une vieille ferme retapée ; situé en bordure de la cité, à la lisière du lac. Mais non, il fallait passer par l'astroport. Puis avec un vaisseau que personne ne connait, elle pourrait soit se faire descendre, soit se le faire exploser... Ayant eu cet appareil gratos, ça serait con! Coupant les réacteurs, elle soupira. Retourner chez soit après tout ce temps. Quittant le cockpit, elle laissa le vaisseau entre les mains de Leska pour fouler le sol mandalorien. Descendant la passerelle, elle posa un pied sur la terre mandalorienne. Nostalgique ne faisait pas partie de ses attributifs, mais être ici lui faisait quelque chose. Un droide de contrôle vint faire son entrée de données et ses demandes de paperasse habituelle puis la jeune femme fut libre d'aller où elle le voulait. Direction le lac! Histoire de piquer une tête! Et de se faire bouffer par une bestiole quelconque... Non, après une petite demi-heure à pied, elle arriva en bordure d'une vieille ferme. Comme d'habitude, le portail de l'entrée était ouvert. A se demander s'il était vraiment existant ou uniquement là pour décorer. Pénétrant dans le corps de ferme, elle avança avant de voir deux tombes dans un des coins. Elle s'approcha. Dans ses souvenirs il n'y en avait qu'une. Un profond malaise la traversa. Lui serrant le cœur, elle eut du mal à avaler sa propre salive. La nouvelle était-elle celle de sa mère? Devant et après un revers de main pour retirer la neige, elle put lire le nom de son grand père. Décédé en 1499. Enterré à côté de sa femme, il l'avait finalement rejoint au Manda. S'accroupissant, elle posa une main sur le mini menhir. Hô bien-sûr, ces tombes n'étaient que symboliques. Il n'y avait rien en dessous. Faisant uniquement office de pierres tombales. Se relevant, elle traversa la cour pour gagner le bâtiment principal. D'aspect, il était semblable à ses vieilles fermes que l'on pouvait trouver sur les mondes agricoles. Bénéficient de trois entrées et d'un étage ou était regroupé les chambres. Chacune donnait sur un espace terrasse qui faisait le tour de l'étage. Les gouts de ses grands parents avaient changé quelques éléments. Un apport de mur, différentes fenêtres, etc. Niveau surface? On devait être à 150 m² habitable. Ouai... Je vous dis pas l'espace dans la cuisine!!!

Même si Kyrimorut était dans sa période neigeuse, l'endroit était apaisant. Les arbres avaient perdu leurs feuilles. Les fleurs avaient disparu. Une ambiance peut être déconcertante pour certain. Festive pour la jeunesse. Détester des adultes. Mais unique. Mélangeant ces nuances de blanc et de noir à perte de vue. Seul le bruit de la poudreuse que l'on écrasait à chacun de ses pas se faisait entendre. Plaçant la main sur la poignée, elle hésita à la pousser. Inspirant fortement, elle appuya dessus. Poussant la porte d'entrée, elle observa qu'elle non plus n'était pas fermé à clef. Après il fallait avoir une case en moins pour voler un mandalorien... Mais on n'était jamais à l'abri de rien. Tapant ses chaussures dehors pour en extraire la neige attachée aux semelles, elle pénétra dans la pièce principale. L'odeur des lieux qui montait à ses synaptiques nasales lui rappela une multitude de souvenirs. Entre ça et la neige, un en particulier remonta plus que les autres. Sa mère l'avait emmené une fois en entrainement pendant trois jours dans une neige épaisse. La température était glaciale et le vent soufflait très fort. Elle avait peiné à marcher dès le début, le manteau de neige lui arrivant à la taille. Quand elles revinrent, c'était la même odeur qu'elle avait senti. Celle du chez soit. Où l'on se sent en sécurité. L'odeur qui nous dit inconsciemment que nos êtres chers sont ici. Regardant dans toutes les directions, l'endroit semblait vide. Se débarrassant de son puncho, elle avança. Aucun bruit. Pas de présence. Il ne semblait y avoir personne. Elle demanda mais aucune réponse ne vint. Leucinia était déçu. Mais elle aurait dû s'y attendre. Se baladant un peu dans la pièce, elle remarqua qu'il manquait une décoration au mur. Le clou était toujours là mais le cadre n'y était plus. Attrapant son puncho et le remettant, la Miraluka perdit son regard sur l'escalier qui montait à l'étage. Hésitant quelques secondes, elle monta à l'étage. Chacun de ses pas était trahi par le bruit des lattes en bois qui grinçait sous ses pieds. Au détour d'un angle, elle arriva devant une porte.

Se mordant la lèvre inférieure, elle se demanda s’il était judicieux d'entrée. Allez! un peu de courage! Poussant la porte, elle entra dans ce qui était auparavant sa chambre. La vue répondit à ses questions. Personne n'était rentré depuis qu'elle avait fermé la porte, il y avait pratiquement un an aujourd'hui. Son lit et les meubles étaient toujours brisés. Soit en deux, soit en plusieurs morceaux. La poussière et le ménage n'avait pas été fait non plus. Son empreinte de pas en témoignait. Sur le bord du lit, enfin ce qu'il en restait, il y avait quelque chose sous un draps. Accroupit, elle tira le tissu nappé de poussière après l'avoir attrapé. Un nuage enveloppa l'air ambiant. Toussant à plein poumon, elle prit l'objet et sortit de la chambre. Après avoir bien toussé à s'arracher les poumons, elle contempla l'objet. Un sourire se dessina sur son visage. Nostalgie quand tu nous tiens. Il s'agissait d'un cadre de 40x50cm dans lequel se trouvait une toile de 30x40cm. La Miraluka se rappelait très bien le jour où elle l'avait eu. A ses vingts ans, elle était partie pour faire un concours de dessin et était arrivée en demi-finale. Le finaliste qui était tombé sous le charme de la mandalorienne avait choisi de faire un portait de Leucinia, comme si elle était humaine. Jouant magnifiquement sur les nuances du noir et du blanc ainsi que sur la disposition de la lumière, il avait fait de sa toile une œuvre unique et marquante. Dotant Leuci d'oeil, faisant tomber ce qui démontrait son appartenance à sa race, il avait sur capter les traits et donner une profondeur au dessin. Il avait rajouté quelques éléments comme les boucles d'oreilles et un collier autour du cou. Un peu trop porté sur les araignées le gars. Mais la tenue était la même, la chevelure collait parfaitement et le détail dans ces yeux étaient des plus sublimes. Bien-sûr, le jury et bons nombres de participants comme de spectateurs reconnurent le dit modèle. La situation était à la fois étrange et dérangeante pour la jeune femme. Bon, le pauvre gars c'était pris un râteau par la suite. Oui je sais, c'est triste. Elle se revoyait encore approcher la toile qui avait été mise sous verre. Elle n'avait pu s'empêcher de vouloir toucher ces yeux sur la toile. Elle aurait pu croire se voir dans un miroir tellement ce portrait était réaliste. Même si les détails n'étaient pas aussi bien maitrisés que des affiches d'holo-film fait à l'ancienne. Celles d'une saga était très belle. Comment ça s'appelait déjà? Ha oui, Star Wars. Des guguss qui jouent avec des néons, étalé sur six volumes. Mais les perso sur les affiches étaient formidablement bien dessiner. Il y avait aussi cette trilogie, un chasseur de trésor fou du fouet avec une peur bleu des serpents. Il lui avait laissé en guise de remerciement, d'avoir été sa muse dans l'instant.



Mais s'il était dans cette pièce et sous un morceau de tissus, fallait-il croire que sa mère avait définitivement tiré un trait sur sa fille? C'était une possibilité. Fallait-il le reposer? Le raccrocher en bas? Difficile à dire. Finalement elle choisit de le placer dans la chambre de sa mère. Celle-ci était en bordel, contrairement au reste de la maison. Et... ce n'était pas surprenant. Elle avait toujours été d'un bordel dans sa propre chambre. Alors que le reste de la ferme était rangé, parfois au millimètre près. Entrant, elle le posa sur son lit. Au milieu d'un peu de lingerie et de... Non, il ne fallait pas y penser. Certaines choses se doivent de rester dans le secret. Un rire nerveux lui échappa. Il était temps de repartir. L'endroit était aussi désert qu'une tombe antique. De nouveau dehors, elle vit que la neige tombait. Tel l'enfant qu'elle avait été lors de sa première année sur Mandalore, elle courra se mettre dessous. Les bras tendu, tournant sur elle-même, elle regardait le ciel. Leucinia avait toujours adoré la neige. Trouvant qu'il y avait quelque chose de magique. A croire que son âme d'enfant était toujours là quelque part. Elle avait découvert la neige pour la première fois de sa vie à ses neuf ans. Se réveillant un matin et voyant le paysage complètement blanc. Collée aux vitres des fenêtres, elle ne c'était pas fait prier pour ouvrir une baie vitré et sortir. Certains aurait eu le réflexe de toucher l'élément inconnue avec leurs mains ou leurs pieds, histoire de tâter le terrain. Non non, Leuci était sortie bille en tête. Dehors. Sur le balcon à rire en laissant ses empreintes dans la neige. Tellement absorbée par la beauté de ce tissu blanc qui se dévoilait sous ses pieds, elle en oublia le bord du balcon et finit un étage plus bas. Allongée à plat dans la neige qui l'avait amortie. Toujours à rire. Elle avait eu de la chance de ne pas tomber sur un objet et de se faire mal. Sa mère la trouva quelques minutes plus tard en pleine réalisation artistique. Sous un regard curieux, Etain l'avait trouvé en train de faire un ange. Complètement allongée et en pyjama... Voulant l'attraper pour la faire rentrer, la Miraluka l'avait esquivé pour courir dans la neige. Elle ne se rendait pas compte sur le moment de la situation. La grippe qui la coucha le lendemain pour une grosse semaine le lui fit comprendre.

Après avoir fait une dizaine de tours sur elle-même, elle se décida à partir. Ce voyage était infructueux. C'était dommage et triste à la fois. Mais elle voulait passer à l'improviste. A ses yeux, il n'était pas question d'appeler ou d'envoyer un message. Certaine chose se doivent d'être fait en face à face. Il n'y avait pas que le courage d'aller en première ligne de front dans son existence. Affronter ses pires doutes et son passé en faisait partie. Il fallait repartir maintenant. Direction l'astroport ou on tentait de revoir une vieille connaissance? Après tout il lui devait un verre... L'air était froid mais il n'y avait pas de vent, ce qui faisait qu'elle trouvait la température ambiante bonne. Marchant le long de la route, un speeder passa sur le côté. De forme sportive d'un mélange de bleu et de noir. Sympa sur le coup d'oeil mais qu'avait-il sous le capot? Question intéressante. Leucinia se retourna quand elle l'entendit s'arrêter. Encore un gland qui n'avait jamais vu de Miraluka de sa vie. C'est vrai que ce n'était pas commun. Mais entre tous les races différentes qui vivent sur cette planète, était-ce si étonnant que ça? Les vitres étaient tintées, impossible de savoir qui était à l'intérieur. Probablement un curieux. Repartant dans sa direction de départ, la jeune femme entendit la porte du véhicule s'ouvrir. Sans chercher à savoir de qui il s'agissait, elle s'éloigna sous la neige tombante. Le coin était toujours aussi calme. C'était plaisant. Quelques minutes passèrent, à croiser quelques mandos et n'entendre que le bruit de ses pas dans la poudreuse. Ces quelques minutes se transformèrent en une petite trentaine de minutes pour enfin arriver à destination. Devant l'établissement, il y avait toujours ce vieil écriteau en bois bougeant au gréer du vent. C'était le plus vieux bar de Kyrimorut. Ville qui ressemblait aujourd'hui à la Keldabe d'il y a un millénaire. C'était aussi l'un des plus connu de la ville pour son aspect ancien. A l'intérieur du vieux bois comme dans l'ancien temps. Il ne ressemblait en rien à ces cantinas ou bars avec devanture en néons pour attirer la clientèle. Un style sobre pour les pures habitués. Son charme faisait partie de sa renommée. Tiens, la porte d'entrée avait changé.

Malgré le monde qui la regardèrent en entrant, elle réussit à trouver une place au comptoir. Elle reconnut nombre d'habitué qui semblèrent la reconnaitre aussi. Certains lui levant un verre. Du coin de l'oeil, Leuci sembla reconnaitre le chef du clan. Personne intéressante... Probablement! Mais elle pour le moment, ce n'était pas ce qui l'intéressait. Le cul posé sur le tabouret, elle posa ses mains sur ce bon vieux comptoir de bois des forêts du nord. Les couches de traitements et de protections étaient de pur chef d'œuvre pour réussir à le conserver aussi bien. L'histoire racontait qu'il n'avait été changé que quelques fois depuis la construction de l'établissement. Pas mal hein! Du mando à l'état brute! Fait pour perdurer à travers les âges. Un bleubite débarqua et lui demanda ce qu'elle voulait boire. La Miraluka commanda alors un grand verre de lait, et bien frais surtout! Il la regarda d'un air perplexe pendant qu'elle enlevait son puncho avant qu'elle ne lui demande s’il y avait un problème. Sous son insistance, il déclara que non et s'en alla servir le fameux verre. Des rires se firent entendre derrière elle et un mandalorien dont elle se moquait éperdument vint lui dire deux mots. Qu'ici il s'agissait d'un établissement d'homme et que les laandurs n'étaient pas admises. A l'entente de ce mot, son sang ne fit qu'un tour, qui il était ? Elle s'en moquait. Elle se retourna en souriant et lui jeta son verre à la figure. Agacé, il tenta de lui coller une droite. Etait-il bourré? Macho? Con? Aucune idée et elle s'en fichait pas mal. Mais les nerfs de la jeune femme était déjà saigné à vifs là. De son avant-bras, elle dévia son crocher avant de lui coller le coude de son second bras dans le crâne suivit de son poing via la fin du mouvement. Il recula mais n'eut pas le temps d'aller très loin. L'attrapant par la taille et le col, elle le souleva avant de le jeter sur le comptoir. Allongé à moitié dessus, elle lui asséna un puissant coup de coude sur le sternum. Son ami ou son frère, de sang comme d'arme, peut-être son chef, peu importait à vrai dire, tenta de l'aider. Il fut coupé dans son élan par une lame de Karambit qui vint se locher sous son menton.  La pointe commença à se planter dans sa peau.


-Voilà ce qui arrive quand on traite une mandalorienne de Laandur.
Ramasse l'autre et cassez-vous!


Quelques mandaloriens c'étaient regroupés autour sous la rixe brutale et imprévu. D'autres regardaient. Mais c'était monnaie courante dans cette société. Aucun ne dit quoi que ce soit, sachant qui elle était ou curieux de l'échange. Mais cette voix! Elle l'avait reconnu. A la fois froide et dur. Se retournant, elle se retrouva face à une armoire à glace. Le genre de type qu’on n’a pas envie d'aller emmerder. Juste visuellement. Souriant à pleine dent, elle lui sauta autour du coup avant qu'il n'ait pu l'esquiver. Il l'attrapa d'une main et la reposa sur le sol. C'était dingue, il portait toujours des grosses lunettes de soleils noir à l'intérieur. Ce crâne toujours aussi lisse et brillant q'une luciole des mers! Un jour, un type l'avait surnommée Mammouth à cause de sa taille. Il n'avait pas vraiment apprécié. Elle avait l'impression de ne pas l'avoir vu depuis dix ans, même si ça ne faisait qu'une année. Il déclara qu'il offrait une tournée générale ce soir. Les verres se levèrent et les cris aussi. De nouveau assis face au comptoir, il lui servit un bourbon. Attrapant le verre en forme tulipe, elle donna un léger mouvement de rotation à la boisson. Le laissant respirer quelques secondes, elle en but une gorgée avant d'être invité sur le côté à parler en privée. Se levant, elle alla contre un mur ou figurait nombre de photo. Les compter serait compliquer. Les dater? Problématique! Sur ce mur ne figurait que des morts ou des disparus qui avaient côtoyé l'établissement. Regardant les différentes images, elle tomba sur son ancienne escouade. Ensemble, ils étaient cinq. Atin, FI, Nine et Darman. Ses doigts effleurèrent l'image. Chacun connaissait les réflexes de l'autre, ils n'avaient pas besoin de parler entre eux sur le terrain. Ils lui manquaient.

-Tu sais, elle n'a parlé à personne de ta décision. Mais je serai toi, j'irai la voir.
Tu as fait ce qu'il fallait?
La Miraluka continua de boire son bourbon sans décrocher de l'image.

-C'est pour ça que je suis ici. J'y suis allé mais il n'y avait personne. Je ne sais pas si elle me pardonnera un jour...
Et oui, j'ai fait ce qu'il fallait. Mais j'ai rencontré du monde en une année.


-Le soucis n'est pas de savoir si elle te pardonnera mais est-ce que toi tu te pardonnera un jour? Le silence fut sa seule réponse.
Oui ça je sais, j'ai entendu de nombreuse chose à ton sujet. Quand mon neveu m'a parlé qu'une personne voulait un verre de lait bien frais, j'ai su immédiatement qu'il parlait de toi. Et j'ai pu voir que tu n'avais pas perdu la main. Mais évite de fracasser mon bars!
La dernière fois que tu as commencé, j'ai du changer toutes les vitres.


-Ton bars? Mais il m'appartient à moitié mon grand! Fallait pas parier sur ce tir!
Merci de n'avoir rien dit à personne. Tu es un vrai frère.
Elle lui fila son verre vide.
Allez, j'ai des boissons à servir!


Re: Chez soi. [Solo]

le Ven 8 Fév - 22:43
Passant la porte, elle entra chez ce bon vieux tatoueur. A croire qu'il n'avait pas encore passé l'arme à gauche. Ce type n'avait aucun tatouage sur lui. Par moment, il était pris pour un type lambda censé passer le balai. La réaction des gens quand ils s'apercevaient de leur erreur. Il s'amusait parfois à enregistrer ces réactions. Mais à n'en point douter, c'était le meilleur de la planète. Une maladie génétique l'avait dévié des champs d'honneurs et de nombre de chose; Il avait trouvé sa voix lorsqu'il dessinait. Un de ses amis lui avait demandé s'il ne serait pas intéressé pour le lui faire sur la peau. Demande étrange sur le moment qui devint son savoir-faire. Aussi étrange que cela ne puisse paraitre, il avait toujours de la place. Après, avec quinze employés, ça laisse un peu de liberté pour soi. A peine eut-elle le temps de faire dix pas qu'elle entendait sa voix qui hurlait sur un employé. Il ne supportait pas de voir un tatouage raté. Intraitable sur le sujet. La jeune tatoueuse partit en pleurant. Oui même s'il était épais comme un copeau d'allumette, il n'en restait pas moins un vieux con quand il s'y mettait. Une barbe de quelques millimètres, rarement coiffé et toujours avec sa canne façon ZZ Top! Il aurait pu se faire opérer mais il refusait catégoriquement. Oui, vieux con en plus d'être borné. Leucinia prit un siège et s'assit pour attendre son rendez-vous. Un jeune homme vint quelques instants après pour l'amener sur un fauteuil de tatouage. Pour une vérif de tatouage, il n'y avait pas besoin de prendre rendez-vous. En une dizaine de minute c'était fait. Là, elle enleva son haut pour dévoiler son dos et son pantalon afin de montrer son tatouage en intégralité. C'était toujours un moment gênant pour la Miraluka. Une fois par an, elle venait dans ce salon pour faire vérifier son tatouage. Voir comment il se comportait, s'il ne s'abimait pas et si sa peau le supportait toujours aussi bien. Un tatouage se devait d'être entretenu et c'est ce qu'elle faisait. Mais elle avait loupé le rendez-vous de l'an dernier.

Tandis qu'elle sentait les doigts lui palper la peau, elle entendit le patron se mettre à jouer un morceau de guitare. Branché sur son ampli, ses notes couvraient la musique du salon. Le morceau dura facilement cinq minutes avant qu'il ne plante les dernières notes et qu'il se mette à rager comme un adolescent sur son jeu vidéo. C'est dommage parce qu'il jouait diablement bien. Un de ses employé lui lança une vanne, qu'un jour il y arriverait. Il lui promit qu'il jouerait sans fausse note le jour de son enterrement. Les clients étaient habitués à ce genre de scène. Elles faisaient partie du charme et de la notoriété de l'établissement. L'examen était terminé. Si on pouvait appeler ça ainsi, c'est vrai on était pas à l'hosto sur un brancard ou chez le médecin pour une grippe! Son tatouage se portait à merveille. Une excellente nouvelle! Le tatoueur la laissa dans le box pour qu'elle puisse se rhabiller. Le salon était divisé en nombreux boxes, tous ouvert de façon à ce que l'on puisse voir l'intérieur sans forcément tout dévoiler. Un rideau pouvait tout de même être tirer pour cacher la vue. Un minimum de civilité quand même! Bah ouai, certains se font faire des tatouages à des endroits... Quoi? Il te faut un dessin? Ca y est! Tu visualises! Bingo! Chaque boxe était d'une couleur différente et il y avait de quoi faire! Si on prend le stéréotype des différences de couleurs entre la femme et l'homme. Cette image avait toujours fait rire la mandalorienne. Chez l'homme, sept couleurs et la femme, vingt-neuf. Mais chacun des minis salons était unique du coup et chaque tatoueur organiser l'intérieur comme bon lui semblait. Une particularité qu'on ne trouvait pas forcément dans chaque enseigne de tatoueur. Debout, elle attrapa ses vêtements pour se rhabiller. Un pantalon et un corset. L'avantage avec les tatoueurs, ils voyaient tellement de femme et d'homme, quel que soit l'espèce ; que de se dénuder devant eux ne posait pas vraiment de soucis. Enfin, en théorie. Ce qui la dérangeait le plus en réalité, c'était de montrer son dos. Que le monde voie son tour de poitrine lui était bien égale. Mais son dos était le lien qu'il lui restait de son enfance sur cette maudite station ; des souvenirs douloureux qui avaient du mal à partir malgré l'âge. Quelqu'un entra.


- Haaaaaaa. Ce tatouage, je ne m'en lasserai jamais.
Une de mes plus belles créations. Un de mes plus long aussi.
Il lui toucha le dos et ses obliques pour vérifier de son oeil le tatouage pendant qu'elle refaisait sa queue de cheval. Je vois que tu en prends soin, c'est bien. Tes cicatrices ne bougent pas, ce qui ne déforme pas les traits. Bien, bien. Si j'ai bonne mémoire, ce qui est toujours le cas, tu l'avais fait lorsque tu avais réussi ton épreuve. Il ne bouge pas, reste propre. Alors Leuci, depuis le temps, comment vas-tu?

- Ce ne sont que des ailes et des plumes. Il n'y a rien d'extravagant.
Je suis les conseils de l'expert, je n'ai pas envie de mourir d'un coup de canne! Oui je sais, tu me l’as déjà dit.
Exact, lorsque je suis devenu mandalorienne. Où veux-tu en venir? Je vais bien, je voyage pas mal en ce moment.


- Non mais c'est vrai! Il est rare que des gens demandent un tatouage aussi imposant. Trois jours à bosser sur l'esquisse, deux à en parler avec toi en comptant les modifs. Puis une séance par mois de 6 heures sur 5 mois. Au moins tu avais l'avantage d'être de marbre et de ne pas bouger. L'autre jour j'ai eu une jeune fille, à peine j'avais posé l'aiguille qu'elle a hurlé. C'est pas croyable! Ça prend une droite et ça encaisse sans broncher mais une aiguille et c'est la fin du monde.C'est dingue hein!
Pas grand-chose, juste qu'il est rare de voir une personne de quinze ans venir avec un projet aussi mûri que le tiens. Même si notre société nous rend mâture assez vite. Un tel tatouage, surtout pour un premier ne se fait pas sur un coup de tête.
Haaaa, là où y'a des contrats, y'a du fric à se faire! Dis-moi que tu dessines toujours?!


- Oui mais le résultat obtenue vaut largement quelques heures étalés sur une chaise! Tu n'es pas d'accord? Ce qui est bien avec toi c'est que je ne vois pas d'imperfection dans tes esquisses. Chez certain je n'ai qu'une envie, c'est de refaire leur dessin à leur place ou de dire ici et là, ça ne va pas. C'est frustrant... Et comment que je continue! Même si j'ai moins de temps, je continue mon projet.
Alors cette jambe? Tu la soigneras un jour?


- Le jour où on couchera ensemble! Envoie moi une invite le jour où tu ouvriras une galerie!Il commença à repartir.

- Houlà c'est pas demain.
Attend ne part pas. J'aimerai de nouveaux tatouages.
Il se retourna avec un air suspect.

- Serait-ce une invitation?

Leuci se claqua le front avec la paume de sa main. Décidément, il ne changera jamais. Mais l'idée de faire des tatouages sur le corps de Leucinia semblait le faire bondir comme s'il n'avait jamais eu de problème de jambe. S'asseyant à côté d'elle, posant sa canne sur une table qui trainait par là ; il l'écouta avec attention. La mandalorienne voulait avant tout lui demander un rendez-vous pour en discuter avec lui plus tard, apparemment, elle l'avait déjà. Elle ne savait pas s’il avait une séance de prévu ou quoi que ce soit. Quand elle commença à lui demander, il lui rétorqua que la personne attendrait. Après tout c'était lui le patron. La Miraluka lui expliqua ses deux projets. Le premier qu'elle voulait serait sur le milieu de son bras droit. Représentant une pendule façon ancienne avec chiffres romains entouré par deux roses et trois plumes. Passant aussi bien sur son biceps que son triceps. Le second partirait sur son tronc. Du bas de son ventre, donc au niveau du pelvis pour remonter sur ses abdos, plus du côté gauche que droit mais les touchants tous ; partant aussi sur ses côtes gauches et finissant sous son sein gauche. Elle voulait des arabesques et des tiges, certaines plus épaisses que d'autre avec toujours quelques plumes mais orné de six roses. Bien entendu, chaque dessin en nuance de noir et de blanc dans un style aussi réaliste que les ailes qu'elle avait dans le dos. Elle lui montra des esquisses qu'elle avait préparé justement pour mettre ses idées à plat. Par curiosité, il lui demanda la signification de chacun. Pour lui, les zones choisit donnaient déjà des informations. Le bras est une véritable zone d'expression et de revendication. C'est aussi une zone qui engage le rapport avec autrui et qui permet de montrer qui l'in est et ce que l'on aime.  Le second sur les côtes se veut lui intime et qui cache généralement un sens plus profond. Il n’est pas visible tout le temps, mais on sait que nous le portons avec soi et qu’il suit le mouvement de la respiration. Il vit avec nous en quelque sorte.

Chacun avait un sens profond chez la mandalorienne. Le premier qui serait visible de tous reflétait le fait qu'elle ne pouvait rien au temps qui passe. Que c'est grâce au temps que nous refermons nos blessures. Réussissant à passer au-dessus et à pouvoir continuer à avancer. Aujourd'hui, elle avait enfin tourné la page de la mort des siens. Une chose importante à ses yeux. Évènement qui lui permettait aujourd'hui de refouler le monde mandalorien sans honte. Le second reflétait un aspect de sa personnalité qu'une seule personne connaissait dans la galaxie, à part elle-même. La Miraluka adorait le romantisme. Et ce n’est pas vraiment dans la société mando'a qu'on en trouverait. Quoique... On ne savait jamais. Liara lui en avait pourtant montrer mais la maladie l'avait emporté... Elle ne voulait pas le crier sur tous les toits. Ce tatouage était une façon de le montrer lors de moment d'intimité. Maintenant il y avait une personne de plus qui le savait. Elle se sentait gêné et honteuse de le dire. Ses joues étaient devenues rouge écarlate et elle avait soudainement chaud. Le vieux tatoueur s'en moquait pas mal à vrai dire. Il aimait simplement savoir ce que désirait les personnes qu'il tatouait. En temps normal. Mais il connaissait bien la jeune femme et sa révélation sur le romantisme le fit rire. Elle avait encore beaucoup à apprendre. Le port de l'armure... ça portait à influencer tellement de chose. Surtout les aprioris! Récupérant sa canne, il lui dit de repasser dans deux heures et qu'il s'occuperait d'elle. Elle le regarda partir avant de se relever et de se toucher les joues. C'était déconcertant comment elle pouvait tout lui dire. Même si une boule dans la gorge l'avait gêné pour parler. Mais pour le faire parler lui, c'était une vraie tombe. Elle se rhabilla et erra dans les rues de Kyrimorut jusqu'au rendez-vous. Les choses se passaient bien pour le moment. Mais son malêtre au niveau de l'estomac était toujours là et devenait de plus en plus présent. Elle ne c'était toujours pas confrontée à sa mère. Cela faisait deux jours qu'elle était revenue et l'idée de retourner une nouvelle fois dans l'habitat familial la terrifiait.

Elle avait eu le courage d'y aller une première fois et elle aurait voulu tomber sur sa mère directement. Mais le destin en avait voulu autrement. Sans le vouloir, elle avait erré jusqu'à finir sur la place du marché. Elle vogua entre les échoppes et la foule. Tous en armure, tous militaires. Les personnes sans casque se comptaient sur les doigts de quatre mains. Un guerrier semblait rester impassible. Perdu ou rêveur? La première idée semblait être la bonne à la vue de son comportement. De plus près, elle lit les lettres S et M peintes sur son buy'ce. Cela signifiait Mir'Shupur - lésions cérébrales. Sur Mandalore, le symbole équivalait à une sorte d'avertissement général à ne pas ennuyer son porteur et le considérer comme un héros de guerre. Et ça évitait aussi un tas de questions idiotes. Il était handicapé. Elle se décida de lui tenir compagnie. Arrivant par derrière, elle lui posant sa main sur l'épaule pour attirer son attention. L'appelant ner vod, la Miraluka lui demanda si tout allait bien et s'il avait besoin d'aide. Il bloqua quelques secondes sur Leucinia. Pas d'armure, les yeux bandés... Mais il ne dit mot, répondant simplement qu'il attendait sa petite amie. A l'écoute de sa voix, il était plus jeune qu'elle ne le pensait. Il avait tendance à oublier des choses, ayant été victime d'une explosion. Mais ça il n'avait pas besoin de le dire, la marque sur son casque répondait à sa place. Elle lui proposa d'attendre la dite promise avec lui. Ils échangèrent un peu. Elle apprit que c'était un clone de la république démobilisé pour motif médicale. Il semblait chercher ses mots, elle tenta de le rassurer. Il était parmi des amis ici. Regardant, au-delà de lui, une personne semblait approcher en ligne droite dans la foule des armures qui se croisait avec à la main des flexisacs de légumes, pièces de moteurs et de temps à autre un bidon de cinq litres de Tihaar. L'alcool local dont ou pouvait aussi se servir pour nettoyer les moteurs. Oui balaise pour un alcool. Elle lui demanda si c'était sa demoiselle, qui venait vers eux à six heures. Il sembla reconnaitre la porteuse de l'armure écarlate sombre qui ressemblait à un fruit d'automne dans la grisaille du crachin. La mandalorienne lui répondit qu'elle le laissait là et qu'il était de nouveau entre de bonnes mains quand il confirma que c'était bien elle.

Se fondant dans la masse, elle disparut quand il tenta de chercher Leucinia. De loin, elle observa les deux amoureux dont les casques s'entrechoquèrent. La seule manière de pouvoir échanger un baiser avec une armure. De cette manière, certains aruetiise croyaient que les mandaloriens se saluaient en se cognant le front. Les aruetiise... Les deux semblaient heureux. L'amour... Un jour peut-être... Elle quitta le marché, c'était l'heure de ce faire tatouer! Bien contente d'avoir été prise aussi vite par le vieux, elle se posait tout de même quelques questions. Normalement, à cette heure-ci, le salon fermait... Étonnée mais intriguée, elle entra. La lumière était toujours allumée, c'était bon signe. Du moins le croyait-elle. Leuci n'avait pas fait attention si l'écriteau dehors était allumé lui aussi. Mais quelle question! Il n'y en avait pas, elle pouvait toujours regarder... Retirant son poncho, elle entendit des bruits de pas. Le voilà qui arriva qu'il lui fît déjà signe de le suivre. Elle lui demanda pourquoi il la prenait à la fermeture du salon. La réponse fut simple, il partait en vacances le lendemain midi et il refusait qu'une tierce personne ne touche la peau de la jeune femme. Il était son tatoueur, le seul et l'unique. C'est qu'il avait sa fierté le bougre. Arrivant dans on boxe personnel, elle posa ses affaires et regarda les murs. Quelques tableaux de plus, le mur qui était autrefois blanc était maintenant de couleur bordeaux. Sur un des murs, ses œuvres les plus réussis. Elle lui demanda lequel il voulait faire, il lui répondit les deux. Un peu déconcerté, elle lui rappela le temps de cicatrisation, de repos. Ce par quoi il répondu que c'était lui l'expert et elle une cliente. Très bien, la Miraluka accepta et se mit en tenu adéquat. Le vieux tatoueur ne put s'empêcher de faire quelques remarques, regrettant de ne pas avoir amener un enregistreur. Ce à quoi elle répondu qu'elle le tuerait s'il l'enregistrait en douce. Assis, il choisit de commencer par le tatouage de l'horloge style montre à gousset. Détendu, elle sentit à peine les aiguilles lui injectant l'encre dans la peau. Simplement un léger picotement. Le second en revanche... Leuci le sentit bien plus, à la limite d'une impression de brûlure intense. Notamment quand l'aiguille passa sur ses côtes. La peau était fine et les os très présents. Pour chaque tatouage, elle le sentit passer et repasser les aiguilles comme lorsqu'elle dessine avec sa mine à plomb.

L'ancien passa deux heures sur le premier contre quatre pour le second. Avec les quelques poses pour souffler un peu, il était maintenant minuit. Mais le résultat était là. En deux mots, splendide et magnifique. Il avait une fois encore parfaitement réussit les nuances de noir et de blanc. Les endroits les plus clairs étant simplement sa propre peau sans encre. Jouant merveilleusement bien les effets d'ombrages. Il lui faudrait maintenant faire attention afin de ne pas abîmer les tatouages dans les jours qui viendrait. Si elles ne les soignaient pas correctement, ils s’abimeraient et perdraient de leur éclat. Il lui posa des pansements après qu'elle se soit admirée encore et encore dans le miroir. Elle l'autorisa à prendre des holo-images. Celui qui recouvrait son tronc et une partie de ses côtes était exactement comme elle l'avait imaginé. La mandalorienne était folle de joie. Heureuse et satisfaite. Les pansements protègeront les plaies dû aux aiguilles et les saignements qui en découlaient. Elle devrait les conserver six heures, le temps de la nuit. Le remerciant nombre de fois pour son temps, son dévouement et son talent, elle rentra au bars. Elle y avait un petit appartement au-dessus. Il y était des plus simple, sans ornement particulier. Le lendemain matin, aux alentours de quinze heures... Quand on dort bien, on dort bien! Elle voulut s'étirer dans le lit mais les douleurs des tatouages la rappelèrent à l'ordre. Se levant, face à un miroir, elle retira délicatement chaque pansement. Celui sur son torse se fit avec difficulté. Les deux tatouages n'étaient pas beaux à voir, il lui fallait laver les résidus de l'encre, de son sang et de quelques liquides corporels. Attrapant un gant de toilette, propre et doux, elle l'humidifia et le passa sur les plaies. Après quelques passages, elle fit de même avec un savon au pH neutre. Une fois fait, les zones des tatouages bien humidifiés, elle alla prendre une douche. On pourrait penser qu'une douche directement derrière serait une bonne idée mais non. Il fallait imaginer l'ensemble comme un violent coup de soleil. L'idée était donc de mouiller indirectement les tatouages pour que l'eau glisse dessus. Une fois sortie de sa douche, Leucinia prit grand soin de prendre des compresses pour essuyer ses deux nouveaux dessins corporels. Elle resta nue comme un verre le temps qu'ils soient parfaitement secs.

Mais après une opération de tatouage et un premier lavement, il fallait les hydrater. La peau sèche et le tatouage sur cette dernière s'apparentant à une plaie, imaginez le résultat. Ça ne sera pas beau du tout. Attrapant un gel prévu à cet effet, merci l'ancien ; la Miraluka en appliqua sans excès et se massa délicatement les zones. Le dosage pouvait être compliqué. Si elle en mettait trop, elle risquerait d'étouffer sa peau et permettrait le développement de bactérie sur le tatouage. Si elle en mettait trop, un coup de compresse et elle enlevait le surplus. Venait pour les dix prochains jours les étapes fastidieuses... Elle devrait répéter ce qu'elle venait de faire trois fois par jour. Leuci se souvenait que pour son dos, elle avait passé un nombre incalculable de temps au salon pour les étapes de nettoyages. Avec le temps, la mandalorienne verrait l'apparition de croûtes et de peau mortes durant la cicatrisation. Ce qui était normal, comme lorsque l'on se fait une coupure au cutter. Là, le risque de les enlever avant qu'elles ne partent naturellement serait d'altérer le tatouage. De l'altérer par des trous ou des tâches indésirables. Ça serait dommage... Pour ses côtes, elle devra probablement prévoir des poches de glaces. Elle regarda le pot de gel. Il avait été conçu il y a bien longtemps par les tatoueurs eux-mêmes. Il hydrate, assaini et favorise l'arrêt des saignements. Elle avait aussi pris un baume régénérant. IL hydrate aussi et aide à la régénération. Pour finir, elle disposait d'une crème qu'elle utilisait pour le tatouage recouvrant son dos, même si'il recouvrait plus. Elle intervenait après la cicatrisation pour hydrater, oui toujours, sublimer et protéger le tatouage. Ouai, un tatouage, faut en prendre soin. Aussi soin qu'on prend soin de sa lingerie fine. L'avantages de ces produits crée par nos artistes à aiguilles, c'est qu'ils sont non gras, sans odeur et ne tâchent pas les vêtements, Carrément génial! Il y avait tout de même quelques recommandations à suivre autre que de le nettoyer et de l'hydrater. En aucun cas Leucinia ne devait faire tremper le tatouage dans l'eau. Donc pas de bain, pas de baignade, pas de piscine et ni de hammam pendant les quinze prochains jours. Jusqu'à ce qu'il n’y ait plus de croûtes ou de peaux mortes. Pour le sport, elle devrait attendre minimum une bonne semaine. Si elle en faisait une aujourd'hui même, la transpiration sur les plaies la ferait hurler de douleur.

Le temps était passé comme il le fait inexorablement. Le bar était vide depuis un petit moment. Il était facilement trois heures du matin. Leucinia était assise sur un tabouret, accoudé au comptoir. Les insomnies... Depuis deux jours, elle n'arrivait pas à dormir. Chaque fois qu'elle se couchait, un nœud la prenait au ventre. Elle avait beau changer de position, se tourner et se retourner. Il n'y avait rien à faire. Et quand elle réussissait à fermer l'œil après avoir regardé le plafond pendant des heures, c'était pour se réveiller un peu plus tard complètement en sueur. C'était ce qui venait de se passer une fois encore. Même une bonne douche chaude pour tenter de l'apaiser n'avait rien fait. Du coup, la jeune femme avait décider de descendre au bar se servir un verre. Les lumières de la salle étaient faiblement allumées. Plongeant l'endroit dans une ambiance tamisé. Personnelle. En passant, elle avait pris une bouteille de bourbon et un verre tulipe. Tous deux posés sur des dessous prévus à cet effet. Longeant le bar, elle se retrouva en face de la photo de son ancienne équipe. C'était amusant. Garder ses frères en souvenirs de cette façon. Les imprimer sur un support qui vieillissait au fil du temps et non d'appliquer un appareil holographique. Une façon de plus de nous dire qu'ils ne reviendraient pas. Une tradition qui se perpétuait parmi tant d'autre. Même si pas très mandalorienne. Ses doigts effleurèrent la photo pour finalement s'en saisir. S'éloignant du mur, elle alla s'assoir sur un tabouret. Se servant un volume pas plus haut qu'un pouce, elle referma la bouteille sous le son caractéristique du bouchon. Le verre collé contre le front. Le coude sur le comptoir. La photo dans sa seconde main. Son esprit vagabondait de souvenirs en souvenirs tandis que sa vue se perdait dans l'inconnu.

Atin. Fi. Nine. Darman. Fi était le blagueur de service de par son humour souvent noir et sa feinte d'insouciance. Il était spécialisé en soins médicaux. Atin était réservé. Il ne dévoilait que rarement ses sentiments. Ayant perdu des frères auparavant, il avait eu du mal à s'intégrer. Mais son côté réservé cachait aussi une inquiétude lorsqu'un de ses frères n'étaient pas là. La mandalorienne se souvenait d'avoir été isolé d'eux pendant deux jours. Il avait été le plus paniqué à l'idée de ne pas la revoir. Une fois son retour, il avait retrouvé son calme habituel. Un spécialiste des différentes technologies, gadgets et armes en tout genre. Il portait bien son nom celui-là. Aussi têtu qu'un Strill! Dar qui était spécialisé en explosifs et en ouverture rapide était le plus normal des quatre. Aucune serrure ne lui résistait, même s'il n'avait pas le doigté de Leucinia. Et le dernier... Nine. Un des mandaloriens les plus compétents qu'elle ait connu à ce jour. Il y avait toujours chez lui ce besoin d'être le meilleur et de tirer l'escouade vers le haut. Il avait de forte compétence de leader mais il avait laissé sa place à la Miraluka. Elle n'avait jamais compris pourquoi. Le commandement le dérangeait peut-être. Elle se souvenait qu'il levait toujours les yeux au ciel quand Fi et Atin commençait à emmètre des argumentations foireuses ou à partir dans leurs humours. Pas un pour rattraper l'autre. Et Darman qui faisait mine de toujours débarquer, comme s'il n'avait jamais compris. Ils lui manquaient, c'était sur. La jeune femme resta de longues, très longues minutes à contempler leur visage. Ils étaient souriants. Bien loin des derniers souvenirs qu’elle avait d'eux en train d'hurler. Ils avaient encore tant à accomplir... Elle n'avait pas fait attention, mais elle avait commencé à enchainer quelques verres. Darman... Ce nom provenait de Dar'manda qui signifiait "celui qui a perdu son héritage". Un sans âme. Exactement ce qu'elle était aujourd'hui. Le bourbon tirait plus qu'elle ne le pensait au départ. Elle commençait à se sentir légèrement partir. Comment retrouver son héritage? Elle n'en était pas sur. Oui elle avait les têtes qu'elle voulait. Mais avait-elle fait le bon choix en choisissant de s'imposer ce titre? La question avait toujours demeuré et elle demeurait encore là en cette longue soirée.

La porte d'entrée de l'établissement se déverrouilla et s'ouvrit. L'air froid de la nuit d'hiver s'installa pendant quelques secondes, le temps que la porte ne se referme. Leucinia frissonna, vêtue uniquement de son pantalon en cuir et de son corset. Probablement ce grand gaillard qui avait oublié quelque chose. Elle se resservit un verre sans prêter aux bruits de pas qui étaient totalement différent. Elle porta la paroi en silice jusqu'à ses lèvres. L'air c'était réchauffer ou bien c'était elle qui commençait à devenir toute chose. Elle ne savait pas trop et n'avait pas envie de savoir. Tiens, son datapad clignotait. L'ouvrant, elle vit qu'elle avait deux messages non lus d'Aldenya qui lui proposait de se voir. Après tout pourquoi pas. L'inconnu s'approcha d'elle. La Miraluka reconnu son parfum. Elle ne l'avait pas sentie depuis un an maintenant. Son estomac se noua et sa respiration devint plus soutenue. Que devait-elle faire? Se retourner? L'envoyer chier? Fuir? Elle se contenta de ne pas bouger, continuant de boire son verre. Le tabouret racla sur le sol, produisant le seul bruit qui rompit le silence dans l'établissement. La jeune femme l'entendit s'assoir en soufflant comme si la journée avait été exténuante. Posant le verre sur le set, elle le remplie de nouveau et le fit glisser d'une trentaine de centimètre sur sa gauche. Il arriva pile à la hauteur voulue. Leuci se tourna et lui fit face. Sa chevelure était toujours aussi blanche. Son teint de peau n'avait pas changé. D'un blanc pâle à la limite de vous faire peur. Un visage vieillit par les années de forme triangulaire habité par un nez droit et des yeux d'amande bleus claires. Habituellement, elle arborait un visage souriant et avenant. Non elle n'avait pas les traits d'un bourreau tel ceux d'un Pitbull enragé comme pouvait le laisser penser sa posture droite. Elle aurait pensé que son visage aurait été froid mais il était simplement crispé par la tension des circonstances présentes. Apparemment, aucune des deux ne savait comment briser la glace. Pourtant, la mandalorienne sentait la présence d'un charisme doux à ses côtés. Elle prit le pas la première.


- Su'cuy buir...


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