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Marcus Scipio
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Le Jedi et le Moff. [PV Lucius]

le Mar 27 Nov - 15:16
Impératrice Têta. Une planète avec une histoire millénaire qui fut le siège d'un ancien et puissant Empire, désormais perdu dans les sables des temps. La capitale Cinnagar était une grande ville de la République avec une activité économique et politique assez intense. On y trouvait d'ailleurs une des plus imposantes bibliothèque de la Galaxie, une mine d'informations pour les intellectuels de tous genres. Au-delà de la ville, un décor typique d'une planète tempérée : de grandes forêts de pins coiffaient les montagnes qui apparaissaient peu à peu devant mes yeux. Le point d’atterrissage n'était plus très loin et j'ordonnai donc au pilote de désactiver le système de dissimulation physique du vaisseau. Le brouilleur, lui, devait rester absolument en place. Il en allait de la discrétion de la mission. Cela va sans dire : je n'avais aucun droit d'être ici et la raison m'avait fait longtemps hésiter. Le Grand-Moff de l'Empire en plein territoire républicain ? Impensable. Et c'est justement parce que cela était impensable que j'avais fait ce choix. Personne ne m'attendrais ici à part la personne que j'avais convié. Il fallait être imprévisible pour neutraliser les tentatives de toute adversité. Et aujourd'hui, je défiais et les autorités impériales et celles de la République. J'avais d'ailleurs dû déployer des trésors d'ingéniosité pour dissimuler mes actions à la République et aux Services Secrets Impériaux. L'identité de mon futur interlocuteur m'y obligeait.
La raison de ma venue était simple : l'Empire souffrait. Certes, il y avait la gloire du combat, la propagande qui magnifiait chaque événement. D'ailleurs je n'étais pas un pacifiste et je savais qu'il existait des guerres justes comme celle que nous menions face au Consortium Eternel et aux légions Sith. Mais le conflit avec la République nous affaiblissait pour des gains nuls : nos armées et nos flottes piétinaient et subissaient des pertes innombrables. L'Impératrice qualifiait systématiquement la République de "Rebelles" ce qui laissait peu de champs à une diplomatie de paix. Et surtout, cela éloignait le discours impérial de la réalité des faits. Si nous ne négocions pas une trêve rapidement avec au moins un de nos ennemis, des millions d'autres soldats ne rentreraient jamais dans leurs familles et les privations de la guerre continueraient pour rien. Et cela je ne pouvais m'y résigner. Mais il n'était bien entendu pas question de négocier directement avec l'ennemi pour le moment, il fallait un intermédiaire plus neutre mais proche de la République. L'Ordre Jedi était tout désigné pour cela.

Les rencontres diplomatiques de ce type étaient ordinairement menées par un diplomate ou le Moff du Corps Diplomatique. Mais la délicatesse de la rencontre faisait qu'il était impossible qu'un autre que moi soit au courant. Une fuite et je m'exposais à la Cour Martiale. Mon pilote était hors de tout soupçon, je le connaissais depuis mes années comme Amiral de la Flotte. Sans compter que sa famille était en mon pouvoir si cela se révélait nécessaire. Ma garde personnelle était tout aussi fiable. Mais il ne pouvait y avoir d'autres personnes au courant de ma présence ici. J'avais pris des précautions énormes pour contacter le Grand-Maître Jedi Lucius : corruption d'agents de la République par des intermédiaires indépendants (il est facile d'acheter le silence d'un contrebandier inconnu que personne ne cherchera jamais). Ceux-ci avaient finalement transmis le message et les coordonnées du point de rendez-vous au Grand-Maître. Certes, je n'étais pas sûr que le Jedi viendrait. Mais j'en étais intimement convaincu : j'avais consulté son dossier dans les archives des Services de Renseignement. Un véritable héros de guerre plusieurs fois millénaire et un fervent défenseur de ce qu'ils appelaient le "Côté Lumineux". Il était possible que ce gen'dai soit animé par certaines convictions qui habitaient aussi mon âme. Nous verrons bien. S'il vient.
Un voyant s'alluma sur la carte topographique virtuelle du tableau de bord de la navette. Nous survolions la zone qui avait été prévue pour accueillir cette réunion informelle. C'était une large clairière bordée ça et là de rochers décharnés, certains hauts de plusieurs mètres. Une herbe verte faisait un certain contraste avec la noirceur de la pinède alentour. Au loin, malgré la noirceur de la nuit, on distinguait les masses montagneuses de la planète, immenses colosses assoupis sous les étoiles. Les lumières de la ville étaient loin, de sorte que le ciel resplendissait de milles feux. Cela me rappelait vaguement les paysages d'Aldérande. La nuit était là, et les rayons de la lune perçaient à travers les arbres en centaines de rayons d'un bleu pâle mais scintillant. L'endroit était simplement magnifique. Je ne l'avais vu qu'en holo, mais mes yeux me renvoyaient en cet instant quelque chose de plus fort, de plus mystique. Cela ne faisait pas tout certes, mais l'esthétique d'un paysage ne déplaisait jamais. La navette se posa doucement tandis que je me dirigeai vers la rampe de descente. Elle se baissa lentement et je posai le pied sur le sol de la planète. Je m'avançai vers le centre de la clairière suivi de deux shadowtroopers. Il n'y avait encore personne. J'espérais que Maître Lucius se montre. Sinon, tout cela aura été en vain.
Lucius
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Re: Le Jedi et le Moff. [PV Lucius]

le Mar 11 Déc - 13:01
“Si le soleil et la lune se mettaient à douter, ils s’éteindraient sur-le-champ.” Blake William

Il était des lieux plus symboliques que d’autres. Les courtes-vie avaient ce besoin insatiable de toujours chercher des phares pour les guider. Ceux-ci de par leur puissant éclairage aveugler littéralement les populations, dont la grande majorité était incapable de voir  au-delà de l’écrin dorée la réalité des choses. Impératrice Têta n’échappait guère à la règle. Bastion républicaine elle avait tenu la dragée haute aux forces  impériales lors de leur trahison. Pourtant au-delà de ce fait, beaucoup oublient la guerre qui opposa deux factions, une pro-impériale pacifiste et l’autre républicaine guerroyante. La seconde a tout simplement purgé la seconde entrainant la mort de milliers de personnes dans des conditions où la dignité n’était qu’une simple frivolité. Ce lieu que les universalistes choyaient avait du sang sur les mains, comme chaque monde galactique, et qu'importait les dorures qu’on lui donnerait, le rouge écarlate immaculerait toujours ce monde. La sélection de mémoire était chose si aisée pour les petits êtres.
 
Les raisons pour lesquelles Lucius s’était déplacé étaient restées nébuleuses. Une simple enquête de terrain, comme il avait pu faire des milliers de fois, avait été invoquée. Certains, au sein même des Jedi, essayait de surveiller ses faits et gestes. Plus que jamais aujourd’hui, le Gen’dai était devenu une gêne, un outil au service d’une cause qui gardait un esprit d'indépendance fort, bien trop. Cette carcasse antique savait que ceux que certains appelaient  “L’ère Luciusienne” autant péjorativement que méliorativement arrivait à son terme. Bien que ce terme lui déconvenait beaucoup, la réalité était là, son influence se réduisait lentement mais sûrement. Ces réformes devenaient celles d’un autre temps.  Qu’importe ces actions et tentatives, il ne pourrait que réduire ce phénomène de dégénérescence. De toute manière, ses capacités à combattre par les armes de la théologie et de l'argumentation seront bientôt nulles. Non sans une certaine déception, il acceptait cela. Après tout, il prônait le continuel mouvement des idées et l’idée de réforme permanente. Il n’était donc guère étonnant que ses réformes disparaissent à leur tour.

Désormais, son énergie était principalement dirigée vers un objectif simple et pourtant si complexe: en finir avec ce conflit. Ou tout du moins en terminer avec le Consortium Éternel. D’autant plus qu’il avait quelques comptes à régler avec une certaine  nkh. Pour accélérer le destin, le Grand Maitre Jedi était prêt à prendre de gros risques. C’est dans cet objectif qu’il avait répondu présent à l’appel d’un personnage impérial haut placé. Appel qui était passé par divers intermédiaires et qui était arrivé jusqu’à Lucius par l’un de ses contacts. Il s’était préparé à cette rencontre au cas où cela ne soit qu’un simple piège. Après tout, ce ne serait pas la première fois et certainement pas la dernière.

Marcus Scipio, l’amiral blanc, Grand Moff de l’Empire avait, disait-on, une réputation de réformateur. L’empire avait toujours eu un esprit schizophrène. Lorsqu’un Empereur souhaitait se rapprocher de la République, le conseil des moffs était contre et lorsqu’enfin un Grand Moff souhaitait se rapprocher, l’Empereur, dans le cas présent l’Impératrice, était contre. Quoiqu’il est certain qu’à l’heure actuelle la péquenaude qui sert de tête couronnée au régime impérial soit peut-être la chose la plus absurde qu’il soit arrivé depuis longtemps. Pourtant seule la Force sait combien de dirigeants Lucius a vu que ce soit de n’importe quel côté mais celle-ci atteignait un haut niveau. Comme quoi les républicains avaient eu de l’avance avec leur chancelier en 1417. C’était lors de ces moments qu’on comprenait tout l'intérêt d’avoir un dirigeant immortel aussi vil soit-il. Lucius craignait véritablement que la nouvelle Fel ne renforce l’animosité républicaine envers l’Empire ce qui pourrait avoir pour conséquence de changer d’ennemi principal. Le cours de la guerre en serait totalement modifié.

Profitant de l’obscurité de la nuit, le Jedi quitta sa résidence et embrassa les ombres de la nuit pour rejoindre le lieu de rendez-vous, sa route le conduisit hors de la ville. Son trajet dura quelques heures. Seule la Lune devrait être témoin des actions de ce soir. Ironiquement on prêtait à celle-ci la symbolique des doux songes et de la vérité mais également celui-ci du mensonge. Les étoiles qui semblaient danser autour d’elle quant à elles étaient symboles d’espoir mais également de désespoir. Dans quel sens tournerait la roue ? Et quels seront ces impacts sur le court et le long terme ?

Lucius sentit une présence présence briser l’harmonie des lieux. Après un très court repérage du terrain, le gen’dai décide d’aller à la rencontre de cet individu qui avait eu le courage de prendre un grand risque. Une folie peut-être, toutefois les courtes-vies capables de tout jouer au nom de leur idéologie ne pouvait que méritait une forme de respect. Le colosse se décida à avancer vers la clairière et à se présenter à l’homme.

- Grand Moff Scipio je présume. Il ne semble guère important de me présenter et de faire dans les banalités, bien que je sois honoré qu’un personnage de votre stature demande à me rencontrer. J’ai répondu à votre demande dans l’ambition de pouvoir dégager un terrain d’entente, je l’espère futur, entre les deux régimes que nous représentons officieusement. Je tenais avant cela à saluer votre témérité et votre folle hardiesse, trop rare sont ceux capables de prendre autant de risque. Vous savez autant de moi les difficultés que nous allons rencontrer. Aussi, suis-je tout ouïe d'entendre ce que vous avez à proposer.


Marcus Scipio
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Re: Le Jedi et le Moff. [PV Lucius]

le Mer 12 Déc - 18:52
L'Empire Galactique, celui de la dynastie Fel, était une nation difficile à diriger. Elles l'étaient toutes, certes, le pouvoir n'est pas aisément tenu. Mais l'Empire faisait office de symbole de la gestion par le compromis et parfois l'avalement de couleuvres à répétition. A moins de revenir à l'autocratie, ce qui n'arriverait pas de sitôt (du moins pas tant que Marcus Scipio serait Grand Moff), ce système complexe n'évoluerai que peu. A moins de fluidifier largement et que les instances au pouvoir ait les mêmes projets pour leur pays. Voilà qui était bien utopique sachant que l'Empire avait toujours été victime de puis la chute de l'Empereur Palpatine des intérêts divergents de ses membres. Certes les Fel avaient amenés un peu de stabilité à tout cela mais la structure même du pouvoir impérial mettait les individus en concurrence dans son essence. Et je n'avais pas de temps à perdre en chamailleries politiques alors que nous étions en pleine guerre et que le peuple de l'Empire souffrait. Cette souffrance était bien plus importante que la recherche de gloire de l'Impératrice ou encore de celle des avantages indus du Conseil des Moffs. Bien sûr je flattai ce dernier afin de garder ma place, mais sa réforme serait nécessaire si l'Empire voulait survivre. Tout comme la réforme de la Maison Impériale serait nécessaire. Mais voilà qui serait bien plus difficile. On trouvait donc des acteurs très divers dans le paysage politique de l'Empire : l'Impératrice d'abord, rêvant de batailles sanglantes et de pouvoir absolu, une petite fille cherchant sa place dans la Galaxie. Le Conseil des Moffs ensuite, penchant de plus en plus vers la décadence, ralentissant les décisions et s'éloignant du peuple. Il m'étais toutefois acquis. Les Chevaliers Impériaux, grands combattants loyaux à l'Impératrice jusqu'à la mort. Ils joueraient un rôle prépondérant si l'Impératrice voulait renverser la table. L'Armée et la Flotte avaient aussi leur place. Si j'avais une certaine popularité de la Flotte, l'admiration d'Aerys Fel était unanime. Il fallait au moins reconnaître son courage et ses talents martiaux. Enfin le peuple, la pièce maîtresse de cet Empire. Pas la plus puissante, mais la plus importante : ici les chances étaient de mon côté.
Personne ne voulait plus de la guerre hormis les industriels de Kuat et de Balmorra. Elle durait depuis trop longtemps et avaient emmené trop de pères, de mères, d'enfants de leur famille. Les gens doutaient. Autrefois ils avaient soutenu cette guerre juste contre le mal absolu, le Consortium Éternel, et contre ces rebelles barbares, la République. Mais désormais plus rien n'avait de sens. Je croyais toujours au combat contre les Sith tellement leur pouvoir avait été néfaste pour notre nation, mais combattre la République c'était perdre nos citoyens dans un combat idéologique des plus inutiles. Les gens auraient compris si nous étions en train de gagner cette guerre. Or nous ne la gagnions pas et les combats qui faisaient perdre ou regagner quelques kilomètres démoralisaient les troupes. Les simples soldats désiraient rentrer chez eux car c'étaient eux qui souffraient, pas les Moffs sur Bastion ni les généraux dans les bunkers. Eux-seuls. Il était exclu de négocier avec ce qui fut autrefois Hapès. La nature même du régime excluait une entente cordiale entre le Consortium et quiconque dans la Galaxie. Mais l'on pouvait se rapprocher de la République. Peut-être imaginer un cessez-le-feu, sinon une paix durable ? Cela épargnerait beaucoup de douleurs à l'Empire. Et qui de mieux pour servir d'intermédiaires que les plus loyaux défenseurs de la République, l'Ordre Jedi ?

Le ton du Jedi était fort soutenu et ses propos me firent avoir un léger sourire.

- Oui, en vous voyant maintenant, Maître Lucius, répondis-je d'un ton enjoué, je comprends que vous ne considériez pas cette entrevue comme un danger.

Je repris une voix plus calme et où pointait mon inquiétude pour la situation.

- Je serai très honnête avec vous, Jedi, et c'est pour cela que je vous demanderai d'avoir la même honnêteté. Le conflit qui oppose la République et l'Empire a fait perdre la vie à de nombreux hommes et femmes, humains comme aliens. Le fer et le feu prennent les vies tandis que les officiers ne font que pousser les pièces de l'échiquier. Vous comme moi pouvons en témoigner : vous avez été un grand général et j'ai été un amiral reconnu. Et nous sommes toujours là pour en parler. Combien d'hommes sont morts sous notre commandement ? Et pour quoi ? Certains de vos combats ont certainement été justes, mais l'ont-ils tous étés ? Les miens ne ne l'étaient pas tous. Et je considère cette guerre entre l'Empire et la République comme une guerre dispendieuse en ressources comme en vies, ce qui est infiniment plus grave. Cela dit, je suis persuadé que nous pourrions continuer le combat encore longtemps sans qu'un vainqueur n'émerge. La guerre de position qui s'est installée depuis longtemps nous minent tous. Alors qu'une seule guerre, celle contre le Consortium, nous suffirait à chacun.

Je repris un instant mon souffle et réorganisais ma pensée rapidement. C'était ce premier contact qui définirait la confiance que m'accorderait le Maître Jedi durant toute l'entrevue. Il ne fallait pas manquer l'occasion.

- Bien sûr, je ne crois pas à une alliance dans l'immédiat, ni la République ni l'Empire ne sont prêts. Mais un cessez-le-feu voir une armistice serait acceptable et même largement souhaitable dans la situation actuelle. La tâche sera dure quand nous avons dans nos deux camps des factions bellicistes, et celle de l'Empire n'est pas des moindres avec notre... jeune Impératrice à sa tête. Mais j'ai les moyens de pouvoir organiser un sommet officiel si vous avez le pouvoir de faire de même au sein de la République. L'avez-vous ?
Lucius
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Re: Le Jedi et le Moff. [PV Lucius]

le Dim 13 Jan - 14:39
“Entreprenez l'impossible, l'impossible fera le reste.” Cariès François

Malgré la confusion sur les formes que pouvait entraîner l’obscurité de la nuit, le Gen’dai pouvait distinguer qu’il surpasserait de plusieurs têtes son interlocuteur ainsi, préféra t’il s’asseoir une fois le Moff eut terminé ses premières phrases. Croiser le regard permettrait d’éviter toute fuite et de réellement pouvoir tirer quelque chose d’une confrontation car il en aurait forcément une. Il y a toujours des points de désaccords qui apparaissent dans des négociations et c’était quelque chose de tout à fait normal. Toutefois, ces petites bisbilles, lorsqu’elles se rencontreraient, ne pourront que former quelque chose de plus grand et les résultats de leur éclatement permettront de sortir avec un solide accord, dans l’échelle de l’officialité bien entendu. Que viennent faire les yeux dans cette histoire ? Ils permettent de passer outre la barrière du langage et des gestes et de pouvoir tenter de mieux cerner un individu.

Lucius connaissait des difficultés à pouvoir juger de la sincérité d’une voix cependant avec le temps il avait appris, et peut-être malgré lui, que le regard était une porte ouverte sur l’âme et la conscience des courtes-vies. Le regard qui a vu l’horreur de la guerre n’est indéniablement pas le même que celui qui est toujours resté dans un cocon de soie à l’abri de conflits. Si certes l’obscurité de la nuit serait un frein à l’exercice, certainement considérable, il n’en resterait pas moins un moyen de pouvoir mieux juger les dires de son interlocuteur ainsi que de pouvoir empêcher toute possibilité à la malhonnêteté de s’immiscer dans la conversation.

L’honorabilité semblait être une vertue que le Moff possédait et son insistance sur l’importance de la franchise était tout à son honneur. Ces propos semblaient pour le moment indiquer que le personnage avait une rectitude de caractère. Toutefois, ces propos sincères indiquaient qu’il était bel et bien un politicien. Invoquant tour à tour le pathos puis la notion de Justice était quelque chose d’assez courant dans le milieu. Cela rappelait au Gen’dai les discours les discours des politiciens favorables au rapprochement dans les années 1460 sous la Chancellerie de la nautolan Lux Hinnose. Plus de trois décennies s’étaient écoulées depuis les tragiques évènements, l’Histoire pourrait-elle être seulement réparée ?

Quoiqu’il en fût, la tirade, qualifiable de longue, du Moff épuisa son souffle et l’obligea à s’arrêter un bref instant avant d’interpeller le Jedi plus ouvertement. Le colosse laissa son interlocuteur avant de prendre la parole d’un ton calme.

- Voyez-vous, et je dis sans apporter le moindre jugement de valeur,  même si le chancelier actuel souhaiter ratifier un traité de non-agression, et qu’importe sa popularité, il serait tout simplement incapable de pouvoir convoquer un sommet officiel sans l’aval du Sénat. Et je ne parlerai même pas de l’importance de l’avis des populations républicaines et des armées. Donc à votre question je répondrai que je n’ai pas le pouvoir d’organiser un sommet officiel. Ce que vous appelez “pouvoir”, je ne le possède pas même au sein de l’Ordre Jedi. Je n’ai jamais rien pu entreprendre sans le consentement et l’appui d’autrui contrairement aux dires de certains de mes détracteurs. Toutefois, à défaut d’avoir la capacité de faire infléchir directement les choses, mon influence reste encore suffisamment grande pour pouvoir au moins provoquer la réflexion. Je ne puis vous garantir plus. Je ne crains que vous vous soyez adresser au bon individu pour exprimer votre demande. Je ne puis qu’assurer au mieux le rôle d’un Hermès. Je crains que vous ayez quelque peu surestimé ma capacité à influer sur le cours des choses.

Le gen’dai laissa un peu de temps pour que le Moff puisse digérer, ou au moins encaisser la vérité de ce qu’était véritablement le “pouvoir” du Jedi dans la République:

- Votre demande est des plus louables. Toutefois, je ne sois pas certain que cela soit suffisant pour convaincre quiconque. Il y a moins de quatre décennies que l’Empire et la République se sont déchirés alors que la paix, entre nos deux régimes, n’avait jamais été aussi proche. Même si des rapprochements seraient envisageables, encore faudrait-il pouvoir contenir les individus en faveur d’une guerre totale. La chancelière Hinnose a été incapable de gérer la grave crise de mort d’un membre de la dynastie Fel par une prétendue organisation terroriste soutenue par Corellia. Les impossibles contre-enquêtes venues des deux côtés ont relancé les animosités les plus vives entre les élites respectives de ces factions. Sans aucune contrepartie de la part des deux camps, la chose est vouée à l’échec.

Le Gen’dai observait le visage du Moff simplement éclairait par la lumière de la Lune:

- Permettez-moi, sans pensée arrière, de douter également de votre capacité à tempérer votre dirigeante. En 1462, le rapprochement avait été possible car les têtes des deux régimes étaient en faveur de la paix. Or, et peut-être que je m’avance un peu trop, mais il me semble qu’Aerys Fel est actuellement catégoriquement opposé à la République qu’elle ne semble guère vouloir reconnaître. Ceci est problématique, outre la posture insultante, les négociations de paix de 1463 envisageaient en effet à l’Empire d’enfin reconnaître diplomatiquement l’existence de la République en tant que régime souverain. A cela s’ajoute le fait que l’Empire n’est pas digne de confiance puisqu’il n’a eu de cesse, pour le meilleur et surtout  le pire, de briser les accords de l’Alliance Galactique jusqu’à provoquer sa chute. Et vous n’êtes pas sans savoir que cet argument est récurrent dans la rhétorique anti-impériale  républicaine. Bien entendu ce ne sont là que des arguments que vous entendrez  du côté républicain contre un conciliation entre nos régimes.

Ne sachant pas si vous souhaitez continuer ou non à discuter avec moi, je vous présente simplement les premiers arguments qui provoqueront l’ire républicaine si un sommet de ce genre devait s’organiser. Arguments qu’il faudra atténuer le plus possible. Sachez toutefois que malgré le caractère non officiel de notre rencontre, et afin d’éviter que chacun de nous reparte bredouille, je ferais mon possible pour ramener au Chancelier notre échange, qu’il se poursuive ou non, au gré de votre consentement. Le rencontrer ne sera guère une tâche difficile pour moi. Bien que je ne sois peut-être pas la personne que vous attendiez, il me semble possible de dégager un premier terrain permettant d’impacter les têtes qui nous dirigent.


La réponse de Lucius avait été assez brute, toutefois, il n’était pas là pour chipoter et prendre le thé. Le grand Moff Scipio devait comprendre que Lucius ne pourrait qu’au mieux transmettre les résultats de leur conversation au Chancelier. Quoiqu’il décide sur la suite de ces découvertes, le Jedi irait à la rencontre du maître de la Chancellerie afin de discuter de cette précieuse opportunité. La balle était désormais dans le camp de son interlocuteur, si le début s'annonçait difficile, et que le colosse avait peut-être égratigné les espoirs du moff, la suite, s’il devait y en avoir une, serait bien plus ardue.


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