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Al’verde
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Connais-tu cette blague? Une fois c'est une mandalorienne qui entre dans un bar... (RP libre)

le Mer 5 Sep - 4:58
Traditionnellement, les êtres pensants n’aiment pas la nuit. En des temps reculés, c’est le moment où toute une panoplie de prédateurs pointe le bout de son nez, la visibilité est considérablement réduite et le danger devient bien plus grand. Des décennies, des siècles, des millénaires plus tard, cette crainte est encore codée génétiquement. Plutôt que de se faire greffer des prothèses oculaires pour voir dans le noir, on préfère mettre quantité de lampadaires ou autres sources lumineuses du même acabit. Pour se donner une illusion de sécurité, on investit dans des solutions qui sont tout sauf pratiques, dans l’absolu des absolus. Partout où il y a de la lumière, il y a aussi de l’ombre. On peut en trouver, on peut en créer. Ce qui nous amène à cette mission nocturne sur une position fortifiée. Correction, ce qui nous a amené à cette mission nocturne. Car elle est terminée. Entrer, s’emparer des informations demandées puis sortir sans être vu. Ne pas laisser de traces.

Mais dans une telle situation, où est le combat, le glorieux ennemi à affronter, où est l’honneur de se comporter comme un vulgaire voleur? L’ennemi est double. Ceux qui protègent les lieux et soi-même. Dans une mission d’infiltration, je deviens mon pire ennemi. Mes faiblesses sont exacerbées. L’arrogance et une confiance en soi trop prononcée me guette. Nous avons tous des défauts, des vulnérabilités. Tout l’art consiste à s’assurer de ne pas les exposer. Ce n’est pas seulement déjouer les systèmes de défense ennemis ou les gardes, c’est déjouer les côtés les moins forts de sa personne. C’est une excellente façon de tester de quoi on est capable. Aucune simulation, aucun entraînement n’est aussi efficace que le terrain quand une erreur signifie la mort. L’imprévisibilité est la clé pour s’améliorer et ça ne se simule pas. On ne peut pas le recréer. Tout programme utilise des algorithmes malgré tout. On peut toujours finir par en découvrir les rouages. Toujours. Mais le terrain…

Ceci dit nous nous écartons du sujet où je veux en venir. Ce qui se passe après la mission. Une fois les informations transmises et le paiement reçu. Une personne dans ma condition peut se promener pas mal partout car je fais partie des meilleurs engrenages qu’on peut se procurer pour sa machine militaire. Quand les personnes importantes voient un membre de mon clan, me voient moi, ils savent que nous fonctionnons sur une base contractuelle et que nous pouvons accomplir l’impossible. Des siècles et des siècles de tradition guerrière solidement ancrée dans l’histoire galactique vont avoir cet effet. C’est donc une initiative purement stratégique qui me pousse à passer la porte de cette cantina. Parce que c’est un lieu public et très fréquenté et que c’est bien connu, fortement surveillé par les espions ou les autorités. Ce qui veut dire que si on veut se sécuriser un contrat bien juteux, il faut entrer, se diriger en ligne droite vers le comptoir du barman, commander un verre, s’installer et attendre. Tout simplement.

Parfois, une telle tactique s’avère payant. En d’autres circonstances, moins. Sur Corellia, tout est un coup de dé, un pari, un acte issu d’un jeu de hasard. Vous ne savez jamais si vous allez empocher le gros lot ou si vous venez de jouer une main perdante. Dans le cas actuel, on parle d’une main perdante, malheureusement pour moi. Quand vous faites dans ce que vous appelez vulgairement le mercenariat, vous vous faites des ennemis. Il y aura toujours des gens incapables de comprendre l’immense service que vous rendez à leur planète, à leur faction. Un « mercenaire » est envoyé pour éviter de sacrifier la vie de soldats. Éviter à des hommes et des femmes souvent patriotes de se faire abattre sur un champ de bataille. Les « mercenaires » empêchent des drames dans les familles : papa va rentrer à la maison ce soir et verra ses enfants grandir. Les autorités, elles, refusent de voir cette vérité inéluctable. Ce qui fait qu’elle garde de la rancune contre vous et que cela s’exacerbe au fil du temps. C’est ainsi.

Entre alors en scène une vieille… Connaissance… L’inspecteur du CORSEC Dan Vito. Je suppose que ce n’est pas une mauvaise personne en soi. L’homme semble dévoué à son travail et n’hésite pas à faire du zèle pour faire appliquer la loi. Le seul ennui c’est qu’il semble en guerre contre moi bien que je ne sois pas certaine de comprendre pourquoi. Il n’aime pas les mandaloriens, ça je l’ai bien compris. Mais de là verser dans la persécution, il y a de l’abus. Certes, je peux comprendre que quand on nous voit, nous ne sommes pas là où nous nous trouvons pour le plaisir. Toujours pour le travail. Enfin, dans mon cas, nous ne mentirons pas. Le seul hic c’est qu’il ne peut rien prouver. Il ne peut pas prouver que j’ai fait quoi que ce soit d’illégal. Tous mes papiers sont en règles. Il y a quelque chose à retenir des enseignements du guide du chasseur de primes, publié il y a une éternité quand la guilde des chasseurs de primes existait encore. Il faut se montrer excessivement rigoureux quand la loi est en jeu.

Accompagné de son escorte, des gros bras du CORSEC sans doute venus en « renfort » pour le facteur intimidation, il se dirige vers moi la mine furieuse. Que va-t-il encore inventer cette fois? Je me le demande. Je n’y peux rien si Corellia est une planète de un célèbre, de deux très passante et de trois propice aux affaires. Viveka Eldar vous êtes en état d’arrestation, clame-t-il de façon théâtrale. Je continue de siroter mon verre sans trop lui porter d’attention. Il m’arrête. Sous quel motif exactement? Il faut des preuves pour arrêter quelqu’un. Or des preuves il n’en a pas. Ce que je lui fais remarquer poliment. Le problème c’est que le zèle semble avoir tourné à l’obsession car il me dit qu’il n’en a pas besoin. Ah c’est nouveau ça. Voilà que ma curiosité est piquée. Et pourquoi donc, demandais-je tout aussi calmement. Voilà qui est encore plus intéressant. Semblerait-il qu’avec la guerre et ce qui s’y rapporte, un simple soupçon suffit pour une condamnation. Tentative habile de coup de bluff mais…

La République est donc devenue l’Empire, commentais-je. Depuis quand au juste, inspecteur? Touché, Viveka, touché car voilà qu’il ordonne à ses malabars de s’emparer de moi, se donnant en spectacle devant témoin. Vous oubliez que je suis une mandalorienne, rompue à l’art du combat depuis que je suis toute petite. Il faudra plus qu’un quatuor de brutes à la mine patibulaire pour me faire peur. Je leur fais savoir paisiblement que si on m’attaque, je suis légalement en droit de me défendre et que je ne suis pas ici pour blesser qui que ce soit. Le plus malin du lot hésite, demande à l’inspecteur si c’est une bonne idée. Excellent réflexe de conservation. J’essaierai de le cogner moins fort que ses collègues. Naturellement, Dan Vito dans son arrogance, insiste sur le fait que toute mandalorienne que je fus, je ne fais pas le poids contre des agents d’élite du CORSEC. Maintenant, je dois avouer qu’ils sont en effet en général fort doués et compétents. Corellia a toujours bien fait les choses. Cependant…

Mon clan est encore plus redoutable. Au moment où la première armoire à glace s’empare de sa matraque électrique, je suis déjà en mouvement. Un coup de poing dans le ventre avec un gantelet renforcé a le don de vous couper le souffle et je stoppe ainsi de façon nette la charge du deuxième avant de le balancer sur le troisième. Le quatrième, celui qui a eu la présence d’esprit de poser la question quant à savoir si c’était une bonne idée, tente nerveusement de s’emparer de son arme de service. Il se retrouve mis en joue par la mienne bien avant d’avoir pu la sortir de son holster. Mauvaise idée, que je lui dis. Ramasse tes collègues et bats en retraite avant que je ne considère vraiment me rendre coupable d’une offense criminelle. Légitime défense. Si facile à invoquer et encore plus facile à prouver avec autant de témoins. Dan Vito lui, est furieux et je sais qu’il va faire quelque chose de stupide. Il ne veut pas perdre la face devant autant de ses concitoyens. Compréhensible mais… Plein de vanité.

En conséquence de quoi, si aveuglé par sa colère, il ne regarde pas où il marche, trébuche et se tord la cheville dans un hurlement de douleur fort peu professionnel. Je soupire, me lève, m’occupe rapidement de sa cheville avant de demander à une des personnes présentes d’amener l’inspecteur à la clinique médicale la plus proche. Allez-vous autres, retournez à vos verres, la démonstration est terminée. Je retourne à mon verre. Correction, j’en commande un autre quand soudainement la porte s’ouvre derrière moi. Quoi, la leçon n’a pas été suffisamment claire ou est-ce quelque chose de complètement différent? Je serai fixée dans quelques secondes à peine. Je n’ai qu’à regarder dans la surface réfléchissante devant moi pour voir de qui ou de quoi il s’agit. Vous me pensiez insouciante au point de ne pas couvrir mes arrières? Alors là, c’est bien mal me connaitre… On ne devient pas une des meilleures guerrières de l’histoire de son clan en péchant par excès de confiance, voyons!


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